Les propriétaires de bar et restaurant saluent les discussions avec la santé publique. Ils étaient bien informés et sont très contents de voir les règles s’imposer seulement aux régions concernées.
Les propriétaires de bar et restaurant saluent les discussions avec la santé publique. Ils étaient bien informés et sont très contents de voir les règles s’imposer seulement aux régions concernées.

Zone orange à Québec: soulagement malgré tout chez les propriétaires de bars et restaurants

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
L’agglomération de Québec, dans la Capitale-Nationale, est passée au orange. Cette couleur venait avec de nouvelles restrictions alarmantes pour les restaurants et les bars. Finalement, ils évitent la fermeture, mais encaissent tout de même un autre coup difficile.  

Les propriétaires de bars et restaurants retenaient leur souffle depuis les derniers jours. Une zone orange pouvait entraîner la fermeture de leur établissement, comme le stipulait le protocole du gouvernement. Québec et la santé publique ont plutôt choisi de limiter les heures d’ouverture (minuit, tout doit être fermé) et d’empêcher la vente d’alcool après 23h.  

«On respire un peu mieux, mais c’est encore une baisse de chiffre d’affaires. On ne sait pas comment la clientèle va réagir. Est-ce que les clients vont venir même s’ils doivent partir tôt?» indique Renaud Poulin, président de la corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec. 

Les propriétaires saluent les discussions avec la santé publique. Ils étaient bien informés et sont très contents de voir les règles s’imposer seulement aux régions concernées. 

Les propriétaires connaissaient bien les conséquences qui venaient avec le fameux orange, mais demeurent surpris qu’elles surviennent si vite. 

«On avait été avisés de ce qui arrivait si les cas augmentaient, mais c’est rapide! On pensait que l’analyse serait plus longue. Au moins, ils ont fait un compromis, ils parlaient d’arrêter la vente d’alcool à 22h au début, on a eu 23h», ajoute Renaud Poulin. 

Le ministre de la Santé Christian Dubé a fait savoir en conférence de presse que les comportements des clients devenaient plus difficiles à contrôler en fin de soirée dans certains cas. Il apportait cette conclusion après plusieurs discussions avec les propriétaires. La décision finale a été basée sur ces échanges.  

«Les nouvelles éclosions ne sont pas reliées aux bars… On n’a pas le choix de se plier, c’est eux qui décident, on va le faire. Mais on dirait qu’ils sont sur le dos des bars et on ne sait pas trop pourquoi. C’est ça qu’on aime moins de leur attitude, ils sont toujours sur notre cas. On n’est pas au centre de l’éclosion, mais on a le plus de conséquences», affirme Renaud Poulin 

Martin Parrot, président de la Société de développement commercial Saint-Sauveur et copropriétaire du Griendel, se dit quant à lui satisfait du ton employé par le ministre de la Santé lors du point de presse, lorsqu’il parlait des bars et restaurants. 

«C’était moins pire, je trouvais que ça avait moins l’air d’un ton de police de la moralité. On avait souvent l’impression que les bars et les tavernes deviennent des potentiels fautifs sous prétexte qu’il y a de l’alcool, alors que c’est faux. Ils ne connaissent pas l’ambiance dans la plupart des établissements», exprime-t-il. 


« Les nouvelles éclosions ne sont pas reliées aux bars… On n’a pas le choix de se plier, c’est eux qui décident, on va le faire. Mais on dirait qu’ils sont sur le dos des bars et on ne sait pas trop pourquoi. C’est ça qu’on aime moins de leur attitude, ils sont toujours sur notre cas. On n’est pas au centre de l’éclosion, mais on a le plus de conséquences »
Renaud Poulin, président de la corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec

Martin Parrot se dit très satisfait des mesures progressives mises en place. Selon lui, il est clair que l’heure de fermeture affectera davantage le milieu des «vrais» bars que le milieu de la restauration, les commerces de style pubs.  

«C’est bien qu’ils ne punissent pas tout le monde pour une couple de mauvais gestionnaires. Je suis très satisfait. Passer d’ouvert à fermé n’aurait pas été correct, on n’a pas l’impression que c’est basé sur la réalité», termine-t-il.  

Rappelons que le quartier Saint-Sauveur à Québec a été durement montré du doigt dernièrement, étant donné qu’il accueille le Bar le Kirouac, où une soirée karaoké avait entrainé la propagation du virus chez plus de 70 personnes.