Au lendemain de l'annonce de l'ajout progressif de 35 vols par semaine de Québec vers Montréal et Toronto, plusieurs dirigeants de WestJet participaient à une tournée dans la capitale, mardi, dont Richard Bartrem, vice-président aux communications, et Louis Saint-Cyr, vice-président Aéroports.

WestJet regarde vers l'Est-du-Québec

La croissance de WestJet à Québec pourrait éventuellement profiter aux régions. Le transporteur à rabais envisage la possibilité d'offrir des vols dans l'est de la province si la demande intérieure est suffisamment forte. Les voyageurs peuvent aussi se permettre de rêver de destinations internationales.
Au lendemain de l'annonce de l'ajout progressif de 35 vols par semaine de Québec vers Montréal et Toronto, plusieurs dirigeants de WestJet participaient à une tournée dans la capitale, mardi.
De passage au Soleil, Louis Saint-Cyr, vice-président Aéroports, a comparé l'offensive commerciale du transporteur albertain à une «grande séduction». «C'est une première étape. L'histoire de la compagnie démontre que cette stratégie [d'ajouter des vols intérieurs] va nous apporter potentiellement vers la prochaine étape qui sont les vols vers l'Amérique, les États-Unis», a-t-il expliqué.
De la même façon, les regards se portent sur l'Est-du-Québec, où le duo Air Canada/Jazz règne en maître, concurrencé seulement par quelques transporteurs régionaux. Si la réaction est bonne dans la capitale, WestJet pourrait s'inviter sur ce grand terrain de jeu avec l'objectif de ravir la clientèle en faisant baisser les prix.
La filiale régionale WestJet Encore a justement été créée pour exploiter «des petits avions sur des petits marchés», résume Richard Bartrem, vice-président aux communications de l'entreprise. Il cite des précédents en Alberta, sur l'île de Vancouver, dans les Maritimes.
«Il y a trois ans, on a commencé avec trois avions dans la flotte [d'Encore]. Et déjà, on est rendus à 34», un nombre qui sera porté à 45 d'ici la fin de l'année, signale M. Bartrem. Le Q400 de Bombardier, qui compte 78 places, est l'appareil privilégié.
Alors que plusieurs transporteurs ont difficilement tenté d'ajouter des départs réguliers de Québec au cours des dernières années, M. Saint-Cyr assure que WestJet n'est pas en mode essai-erreur. «On a un inventaire qui nous permet d'être patient et d'établir une relation avec la région de Québec», dit-il. L'entente conclue avec l'aéroport international Jean-Lesage est bonne pour cinq ans.
Plus de destinations internationales?
Pour le moment, WestJet alimentera ses destinations internationales en passant par Montréal et surtout Toronto, sa plaque tournante. Au même titre que le plan stratégique prévoit la conquête du marché québécois, les liaisons internationales sont appelées à se multiplier. L'un pourrait donc aller avec l'autre à l'avenir, mais il n'y a pas d'échéancier avancé.
Louis Saint-Cyr fait valoir que le développement des activités à Québec profitera aux citoyens de la capitale qui désirent voyager, mais aussi à l'économie régionale en y amenant des gens d'affaires et des touristes. «Ça va nourrir Québec dans l'autre sens aussi», fait-il valoir. Le transporteur prévoit créer une quinzaine d'emplois à l'aéroport de Québec et ses partenaires au sol devraient en faire tout autant.
Des frais aux passagers jugés trop élevés
Gênants. Frustrants. Très élevés. Louis Saint-Cyr, dirigeant de West­Jet, emploie plusieurs qualificatifs témoignant de son opinion sur les frais d'amélioration aéroportuaires (FAA) en constante augmentation à l'aéroport de Québec.
Ces frais sont imposés par l'administration aéroportuaire sur chaque billet au départ de Québec. Ils doivent servir au financement d'infrastructures, après l'approbation des transporteurs réunis au sein du Comité consultatif de l'aéroport. Car après tout, ce sont eux qui font la collecte lors de l'achat des billets.
Déjà parmi les plus élevés au Canada, les FAA subiront une nouvelle hausse de 2 $ pour atteindre 35 $ par départ à compter du 1er mars. Cela, malgré l'opposition des transporteurs qui ont collectivement refusé de financer le nouvel agrandissement du terminal, jugé trop gros et trop coûteux. L'investissement est de 225 millions $.
M. Saint-Cyr ne se gêne pas pour dire qu'il n'est «pas d'accord» avec les FAA, que c'est «trop élevé», que «ça rend notre boulot plus difficile». Il donne l'exemple du tarif de lancement Québec-Montréal à 98 $, auquel 35 $ seront ajoutés pour satisfaire l'appétit de l'aéroport international Jean-Lesage. «On perçoit un tiers de ce que nos invités [clients en langage WestJet] doivent payer pour leur billet. C'est frustrant», lance M. Saint-Cyr.
Bien sûr, ce ratio est rarement aussi élevé puisque les billets d'avion sont généralement plus coûteux. «Avec moins de taxes, il y a beaucoup plus de gens qui pourraient voyager», croit néanmoins le vice-président Aéroports de WestJet.
Celui-ci affirme défendre les intérêts de la clientèle auprès de la direction de l'aéroport de Québec, et d'autres aéroports au pays d'ailleurs, mais il se trouve «pris entre les deux». Et comme son entreprise veut entretenir de bonnes relations avec ses partenaires, il estime qu'il devra percevoir les 2 $ supplémentaires réclamés à partir du 1er mars. «On n'a pas le choix», soupire-t-il, reprenant l'expression de la «grande séduction».