L’Espace Futurs étudiants a été inauguré samedi en présence de la rectrice de l'Université Laval, Sophie D’Amours.

Vulnérabilité ressentie par des étudiants: la rectrice de l'UL se veut rassurante

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, se veut rassurante après la publication des résultats préliminaires d’une consultation menée auprès des étudiants inscrits aux cycles supérieurs, qui révélait que trois étudiants sur quatre avaient éprouvé un sentiment de vulnérabilité vis-à-vis leur professeur.

Le sondage, lancé par l’Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIES) au mois d’octobre, visait à dresser un portrait des pratiques et des relations d’encadrement aux deuxième et troisième cycle afin de faire des recommandations à la direction de l’Université. 

On y apprend notamment que 58,1% des répondants admettent avoir quelques fois vécu des situations inconfortables ou de la vulnérabilité par rapport à leur direction de recherche, alors que 16,1% prétendent en vivre régulièrement. Ces résultats sont jugés «inquiétants» par l’AÉLIES. 

Au Devoir, le président de l’Association, Pierre Parent-Sirois, n’osait pas parler de «situation de crise», mais jugeait quand même les données «préoccupantes». 

«Un doctorat, ce n’est pas une activité banale. C’est un processus qui apporte son lot de stress, tant chez l’étudiant que chez l’encadreur. Ce que je peux vous dire, c’est qu’à l’Université Laval, les professeurs sont dédiés et travaillent fort. Ce qu’on veut faire, et avec nos étudiants, c’est être au devant, de continuellement se doter d’outils tant pour les étudiants que pour les professeurs qui vont améliorer cette relation d’encadrement», a réagi la rectrice samedi, à l’occasion de la journée portes ouvertes organisée par l’établissement d’enseignement. 

La rectrice ne s’étonne pas du stress que peuvent rencontrer les étudiants qui poursuivent leurs études de maîtrise ou de doctorat. Elle rappelle qu’il y a quelques mois, avant de remporter la course au rectorat, elle dirigeait les travaux d’un petit nombre de chercheurs. 

«Ça ne m’étonne pas qu’un étudiant aux cycles supérieurs vive des difficultés parce que le projet est difficile, parce que la situation qu’on a au Canada pour le financement des études supérieures, ce n’est pas un contexte où tu as un salaire. Tu es à la recherche de bourses, de travail étudiant, dans un contexte de précarité. [...] Au cours du processus, il peut arriver beaucoup de stress de performance.»

Des ententes positives

Mme D’Amours a rappelé l’existence des ententes de collaboration étudiant-professeur, qui permettent selon elle au directeur de recherche d’expliquer dès le début quelles seront les étapes dans le cheminement de l’étudiant.

Le sondage révélait à cet effet l’impact positif de telles ententes, décrit l’AÉLIES, dans un communiqué. Près de 70% des répondants ont affirmé que l’entente avait un impact positif sur la réalisation de leur projet de recherche. 

«La bonne nouvelle que je veux partager avec vous c’est qu’à l’Université Laval, on fait ces sondages en continu comme les autres universités canadiennes. On travaille avec les doyens et doyennes des facultés d’études supérieures à travers le pays, on se compare, et nos sondages canadiens nous disent que l’Université Laval est au-dessus de la moyenne des universités canadiennes en satisfaction de ses étudiants par rapport à leur projet et leur encadrement aux cycles supérieurs», a dit Mme D’Amours. 

Ne jugeant pas la situation alarmante, la rectrice a tout de même reconnu prendre au sérieux les résultats de la consultation, qui figureront dans le mémoire que l’AÉLIES déposera à la direction. 

«Le sondage est important parce qu’on a posé des questions différentes, ça nous permet de peut-être mieux comprendre sur quoi on peut travailler et on va le faire parce qu’on veut être en avant. On est très près de nos étudiants, on travaille avec eux», a-t-elle commenté. 

Le mémoire final de l’AÉLIES sera déposé au mois de décembre. 

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NOUVEL ESPACE POUR ACCUEILLIR LES FUTURS ÉTUDIANTS

Les futurs étudiants de l’Université Laval seront désormais accueillis dans un tout nouvel espace inauguré samedi en présence de la rectrice, Sophie D’Amours.

Pensé en fonction des collégiens, des professionnels, des étudiants étrangers ou même des étudiants qui désirent changer de programme, l’Espace Futurs étudiants permet d’accueillir la clientèle dans un endroit qui offre des services diversifiés. On y trouve notamment un centre de documentation, des salles de rencontre individuelles, un coin pour enfants et même des comptoirs numériques pour remplir une demande d’admission. 

«Nous avons créé cet espace parce que nous avons à cœur de susciter chez tous les futurs étudiants et étudiantes l’envie de poursuivre un projet d’études au sein de notre grande université, le tout en gardant en tête leurs besoins et leurs attentes et en cherchant à leur faire vivre une expérience de qualité, enrichissante et à la hauteur de leurs ambitions», a souligné la rectrice Sophie D’Amours. 

Construit à environ 450 000 $, ce nouvel espace est situé dans le pavillon Maurice-Pollack, qui comprend également le kiosque d’information Le Point, dont le réaménagement avait été réalisé il y a un an. 

Pour expliquer la nécessité du projet, l’Université Laval soutient notamment l’accroissement accru des étudiants étrangers. L’UL indique que durant la dernière année scolaire, le Bureau du recrutement étudiant a enregistré, près de 45 000 échanges personnalisés, ce qui représente une hausse de 28% depuis les trois dernières années.