Il est interdit de planter de nouveaux frênes à Québec; il faut dire que l’envahissant agrile, d’abord détecté dans un secteur circonscrit de la Ville, s’est rapidement répandu sur le territoire municipal.

Votre arbre a des bibittes? Vous êtes une «nuisance»

Citoyens de Québec : si vous laissez l’agrile du frêne, la maladie hollandaise de l’orme ou toutes bibittes susceptibles de sauter la clôture du voisin envahir un de vos arbres sans broncher, sachez que vous êtes maintenant officiellement une «nuisance». Il en va de même si vous n’abattez pas un arbre branlant au-dessus de la voiture dudit voisin. Vous serez alors passibles d’une amende salée.

«Un arbre dangereux pour la sécurité du public, atteint de maladies contagieuses ou représentant une source de prolifération d’insectes susceptible de se propager aux arbres sains du voisinage constitue désormais une nuisance», avertit la Mairie dans le contre-rendu d’une récente décision entérinée par les élus.

Auparavant, seule «la présence sur un terrain ou à l’extérieur d’un bâtiment : […] de branches, de résidus végétaux, de parties d’arbre mort ou d’arbre mort» était condamnée.

L’administration municipale affine donc son arsenal répressif en modifiant son Règlement sur les nuisances pour élargir son champ d’application.

Dans les cas de l’agrile du frêne et de la maladie hollandaise de l’orme, des règlements spécifiques existaient déjà, fait néanmoins remarquer une conseillère en communication de la Ville, Audrey Perreault. On y apprend notamment qu’il est interdit de planter de nouveaux frênes; il faut dire que l’envahissant agrile, d’abord détecté dans un secteur circonscrit de la Ville, s’est rapidement répandu sur le territoire municipal.

Ces deux règlements n’étaient toutefois pas suffisants pour lutter contre les nuisibles, semble-t-il. La Ville a donc voulu donner plus de mordant à ses inspecteurs en solidifiant les assises légales sur lesquelles ils s’appuient pour forcer la main des proprios récalcitrants et sanctionner les plus têtus.

En plus, le règlement modifié permettra d’agir sans délai si d’autres ennemis tentent une incursion dans la capitale. «L’ajout d’un paragraphe au Règlement sur les nuisances aurait surtout une valeur ajoutée advenant le cas de l’apparition d’une nouvelle maladie ou d’une infestation d’insectes, comme la détection du Longicorne asiatique. La Ville pourrait ainsi réagir rapidement en demandant une intervention adéquate au propriétaire, limitant les impacts de la propagation afin de protéger les autres arbres du voisinage.»

Chasse aux minounes

Plusieurs autres articles du Règlement sur les nuisances ont été réécrits. Ainsi les toiles de plastiques et les amas non nivelés de sable ont officiellement joint les animaux morts, le fumier, la ferraille, les matières dangereuses et les composteurs nauséabonds sur la liste des obstacles au vivre-ensemble traqués par la Mairie. 

Les élus ont aussi affiné l’article traitant des voitures abandonnées pour élargir son application. Avant, seule la présence sur un terrain «d’un véhicule automobile fabriqué depuis plus de sept ans, non immatriculé pour l’année courante et hors d’état de fonctionnement» pouvait être sanctionnée. Le nouvel article est nettement plus restrictif : la présence «d’un véhicule automobile hors d’état de fonctionnement ou désaffecté et entreposé à l’extérieur depuis plus de trois mois, sauf aux endroits autorisés en vertu d’un règlement sur le zonage» est prohibée.

1000 $ à 4000 $

Les contrevenants qui se font dénoncer par leurs voisins ou pincer par un inspecteur municipal reçoivent généralement un avis les informant qu’ils doivent corriger la situation problématique, sans quoi ils devront acquitter une amende. Pour les particuliers, elle va de 1000 $ à 2000 $. Pour les personnes morales, elle oscille entre 2000 $ et 4000 $. La Ville peut décider d’imposer cette sanction quotidiennement, tant que l’infraction dure.

Pour obtenir des informations sur certaines maladies et insectes attaquant les arbres de Québec, vous pouvez consulter cette section du site Internet de la Ville.