Le transport en commun est considéré comme un service essentiel, rappelle Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables.

Vote de grève au RTC: Accès transports viables invite les parties à penser aux usagers

Alors que les 950 chauffeurs du Réseau de transport de la capitale (RTC) se prononceront dimanche sur un vote de grève, l'organisme Accès transports viables invite le syndicat et la Ville à garder à l'esprit les usagers du transport en commun.
«Il ne faudrait pas que les gens qui font le choix de la mobilité durable écopent trop dans ce dossier», a déclaré au Soleil Étienne Grandmont, directeur général de l'organisme. «Nous comprenons qu'un conflit de travail peut survenir et que nous avons été chanceux de ne pas avoir subi de grève depuis 2004. Par contre, on a vu, avec les journées de grève à la traverse Québec-Lévis, l'impact qu'une interruption de service peut avoir sur la clientèle», poursuit-il.
La différence, c'est que le traversier n'était pas considéré comme un service essentiel, alors que le transport en commun l'est. «Généralement, le service est assuré aux heures de pointe et sur les parcours Express. Cependant, c'est loin d'être l'idéal. Et quand on sait que les deux tiers des usagers du RTC possèdent une automobile, on imagine tout de suite qu'un arrêt de travail pourrait augmenter les problèmes de congestion sur la route. Si ça se rend là, on espère donc que le conflit soit le plus court possible», reprend M. Grandmont.
Opération carton rouge
En 2004, lors du dernier conflit de travail au RTC, qui avait duré 11 jours, Accès transports viables avait lancé l'opération Carton rouge pour faciliter le transport des usagers en dehors des heures de pointe. Des cartons rouges étaient distribués, que les usagers brandissaient en faisant de l'auto-stop et les automobilistes étaient encouragés à leur offrir un transport.
M. Grandmont a avoué que son organisme ne s'était pas encore penché sur la possibilité de faire revivre cette initiative. «On regarde ça aller [les négociations et le vote de grève], et on verra comment on s'oriente par la suite», conclut-il.
Loi 24: Déjà une douzaine de demandes de médiation
L'adoption de la loi 24 sur le régime de négociation dans le secteur municipal en novembre a déjà amené au moins une douzaine de demandes de médiation. Les chauffeurs du Réseau de transport de la capitale (RTC) pourraient également devenir dimanche le premier syndicat à déclencher une grève depuis la mise en place des nouvelles règles.
La loi 24 permet de demander l'intervention d'un médiateur après 150 jours et l'intervention d'un mandataire spécial du gouvernement après le dépôt du rapport du médiateur. Pour les conventions collectives déjà échues, le délai commençait à courir le 2 novembre. 
Une source bien informée du milieu syndical a indiqué au Soleil qu'au moins une douzaine de demandes de médiation avaient déjà été déposées au ministère du Travail.
En novembre, la Fédération des employés des services publics (FEESP) de la CSN avait prédit de nombreux débrayages dans les municipalités et les services de transport en commun avec l'adoption de la nouvelle loi.
«C'est la loi qui va amener des débrayages parce qu'elle met une pression énorme sur les syndicats, parce qu'en bout de course, ils n'auront plus de rapport de force. Le seul moment où on va avoir un rapport de force, c'est en début de négociations. Autrefois, il n'y avait jamais de conflit de travail en début de négociations. Maintenant, il va y en avoir», avait alors affirmé le coordonnateur de la FEESP, Richard Fortin.
Mardi, la FEESP n'a toutefois pas voulu se prononcer sur l'état des négociations au RTC avant le vote auquel seront soumis dimanche les 950 syndiqués.