Confinement et solitude

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
Deux personnes en couple mais ne vivant pas ensemble peuvent-elles se voir ? Des adultes apparentés et sans symptômes peuvent-ils se voir s’ils respectent la règle des deux mètres ? L’isolement pèse manifestement de plus en plus lourd sur bien des gens vivant seuls, puisqu’il s’agit-là probablement des questions qui nous ont été le plus posées au cours des 10 derniers jours. Voici quelques éclaircissements sur ce point — et quelques autres...

Q : Mon conjoint et moi ne vivons pas ensemble. Nous avons voyagé en Floride récemment, nous n’avons eu aucun symptômes et, à notre retour, avons suivi à la lettre toutes les consignes. Après l’isolement, est-ce que nous pouvons nous revoir et passer du temps ensemble pendant le week-end ? Quelles sont les mesures à prendre ?», demande Johanne Leclerc, de Pont-Rouge.

R : La règle dans ces cas-là, et elle s’applique également aux parents et amis qui voudraient se voir, c’est de ne pas se rendre visite. «Idéalement, deux personnes qui n’habitent pas sous le même toit devraient respecter les mêmes consignes de distanciation physique que le reste de la population, même si elles forment un couple», m’a écrit l’Institut national de la santé publique (INSPQ) lors d’un échange de courriels.

La voie à privilégier est de se «voir» virtuellement, même s’il est bien évident qu’il s’agit d’un faible succédanée à la présence d’une personne en chair et en os.

«Cela est d’autant plus important si les conjoints habitent dans des régions différentes, ou le niveau de contamination à la COVID-19 est différent, ou si l’un d’entre eux ou les deux travaillent dans les services essentiels et sont amenés à avoir des contacts réguliers avec d’autres personnes», précise l’INSPQ.

Q : «Une famille qui serait en quarantaine avec une personne revenue d’Italie, disons, 10 jours auparavant, devrait-elle reprendre la quarantaine à zéro si quelqu’un tombait malade ?», demande Bernard Duchaine, de Lac-Beauport.

R : Oui, si un des membres de la famille commence à présenter des symptômes, alors il faut recommencer l’isolement à zéro. L’idée des 14 jours est double. D’une part, pour les gens qui reviennent de voyage mais qui sont sans symptômes, c’est de s’assurer que personne n’a le virus avant de quitter de la maison. La période d’incubation (entre le moment où l’on attrape le virus et celui où les symptômes apparaissent) tourne généralement autour de 5 jours pour la COVID-19 mais elle peut s’allonger. Au bout de 14 jours, on peut raisonnablement présumer qu’il n’y a pas eu d’infection.

Mais si quelqu’un se met à tousser, avoir de la fièvre, etc, il faut recommencer le compte des jours à zéro. L’idée est alors de laisser le système immunitaire se débarrasser du microbe complètement jusqu’à ce que l’individu cesse d’être contagieux, ce qui prend autour de 14 jours (peut-être plus si les symptômes persistent). Dans l’intervalle, ajoute la Santé publique, «la personne qui présente les symptômes devrait limiter le plus possible ses contacts avec les autres membres de la famille, en s’isolant dans une pièce distincte et en évitant de partager les même objets». On peut trouver plus de détails sur la marche à suivre en pareils cas sur le site du ministère de la Santé.

___

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec, qui vous invite à le suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.