Le Carrefour du Cap retire sa mesure interdisant l'accès aux mineurs non accompagnés d'un parent.

Volte-face du Carrefour du Cap

TROIS-RIVIÈRES — Après avoir soulevé bien des réactions en imposant une mesure interdisant l’accès aux jeunes de moins de 18 ans qui n’étaient pas accompagnés de leurs parents, la direction du Carrefour du Cap a fait marche arrière, jeudi matin, et retiré cette mesure qu’elle qualifiait de temporaire. Du même coup, la direction assure que des rencontres auront lieu avec la Sécurité publique de Trois-Rivières et la Commission scolaire du Chemin-du-Roy afin de trouver des solutions aux problèmes de méfaits qui surviennent.

Dans un communiqué diffusé tôt jeudi matin, le Groupe Shapiro, propriétaire du Carrefour du Cap, a également présenté ses excuses aux citoyens du secteur qui auraient pu se sentir lésés par cette mesure. «Malgré l’urgence d’agir, le Carrefour du Cap tient à s’excuser d’avoir eu recours à cette mesure temporaire sans considérer l’impact auprès des jeunes et de leurs parents. L’intention était d’assurer sans tarder la sécurité des clients et des détaillants devant un accroissement important de comportements préoccupants», indique la direction.

Toutefois, on comprend à la lecture du communiqué que l’escalade des méfaits qui avaient été observés depuis plusieurs mois déjà était tangible et n’avait pas été freinée par d’autres mesures déjà mises en place par le Carrefour du Cap. «Les multiples interventions d’équipes qualifiées n’ont pas réussi à freiner les méfaits d’un groupe de mineurs au Carrefour du Cap: nombreux vols à l’étalage, augmentation de vandalisme, intimidation envers le personnel et la clientèle, imposition en masse et de force dans les espaces communs et au moment de la fermeture, usage de briquets boosters en boutique, usage de vélos et planches à roulettes dans le centre - d’où les actions temporaires entreprises», peut-on également lire dans le communiqué.

Jeudi midi, de nombreux jeunes étaient de retour au Carrefour du Cap, et les pancartes leur interdisant l’accès avaient disparu. Des gardiens de sécurité arpentaient le mail, mais n’assuraient plus une présence aux portes tel que constaté durant les jours précédents. Un patrouilleur de la Sécurité publique était pour sa part présent dans le stationnement durant l’heure du dîner afin d’assurer une présence, mais aucune intervention n’a été nécessaire.

Les jeunes de moins de 18 ans étaient de nouveau admis, jeudi, au Carrefour du Cap.

Rencontre

Par ailleurs, une rencontre de stratégie avec la police de Trois-Rivières et la Commission scolaire du Chemin-du-Roy aura lieu lundi prochain, le 7 mai. «Ce travail conjoint permettra au Carrefour du Cap d’offrir le plus rapidement possible un environnement sécuritaire à la clientèle, aux jeunes et aux familles du secteur, ainsi qu’à la communauté d’affaires du centre. Les solutions seront communiquées à la suite des rencontres», ajoute la direction.

À la Sécurité publique de Trois-Rivières, on entend assister à cette rencontre à titre de partenaire. «On pense tout de même qu’une grande partie de la solution passe par la sécurité intérieure du centre commercial, ce qui n’est pas notre mandat. Nous sommes intervenus à une douzaine de reprises à la demande dans les derniers mois, mais nous ne pouvons assurer une présence permanente sur les lieux. Parfois, nous assurons la présence d’une patrouille lorsqu’on nous signale l’intérêt d’une attention spéciale», confirme le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Sécurité publique.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, on entend être en mode collaboration comme on l’a toujours été depuis le début. «De notre côté, nous faisons déjà de la prévention et de la sensibilisation auprès de nos élèves des deux écoles secondaires situées à proximité, sur le savoir-vivre spécialement sachant que les écoles se retrouvent en secteur résidentiel et commercial. Nous avons aussi développé des activités parascolaires supplémentaires sur l’heure du dîner afin de créer une forme de rétention de nos élèves. Ce sont des mesures qui existaient déjà et qui vont continuer. Si, au terme de l’exercice, on constate que nous pouvons apporter d’autres solutions, nous serons à l’écoute et on agira en soutien aux autres partenaires dans ce dossier avec qui nous collaborons déjà», mentionne Anne-Marie Bellerose, responsable des communications pour la Commission scolaire.