Une série de colis ont été dérobés sur des perrons de Québec et de Boischatel.
Une série de colis ont été dérobés sur des perrons de Québec et de Boischatel.

Vols de colis en série: surpris en flagrant délit

Des souliers Nike, une trousse de repas GoodFood, des produits cosmétiques Sephora: les suspects avaient dérobé une série de colis sur des perrons de Québec et de Boischatel.

Mais, lundi en fin d’après-midi, un citoyen de Boischatel les a surpris en flagrant délit. Il est monté dans son auto et a traqué sur les routes la voiture Mitsubishi Lancer blanche à bord de laquelle les trois suspects prenaient place. 

Le citoyen «suivait les personnes qui avaient possiblement commis un vol de colis chez lui, décrit Pierre Poirier, porte-parole de du Service de police de la Ville de Québec. Quand les policiers sont arrivés où il était, il y avait eu une sortie de route». 

Un des suspects avait perdu le contrôle de la voiture dans le secteur de la rue des Pionnières-de-Beauport, interrompant sa course dans les roseaux. 

À l’arrivée des policiers, les trois suspects ont pris la fuite à pied, mais ont été interceptés. Deux jeunes hommes, âgés de 20 ans et 18 ans, et une adolescente, ont été arrêtés. Les deux hommes ont comparu pour vol et recel lundi, au palais de justice de Québec. La jeune femme comparaîtra plus tard. 

Après l’arrestation, les policiers ont sorti les boîtes de la voiture. Le Soleil en a compté environ une quinzaine. Certains colis avaient été livrés par Postes Canada.

Rares signatures

Dans la foulée de la pandémie de COVID-19, Postes Canada a mis en place une nouvelle politique de livraison de colis pour éliminer les contacts étroits avec les clients à la porte et réduire l’achalandage aux bureaux de poste. 

La politique «Sonner, déposer, quitter» demande aux facteurs de cogner ou de sonner aux portes, choisir l’endroit le plus sécuritaire pour déposer l’article, puis se diriger à l’adresse suivante. 

Par courriel, une porte-parole de Postes Canada, Hayley Magermans, a fait savoir au Soleil que, «dans la mesure du possible», le service postal ne demande pas de signature, sauf dans les cas de colis pour lesquels une preuve d’identité, une preuve d’âge, un contre remboursement ou des droits de douane sont exigés. Et «c’est au bureau de poste que ces tâches sont accomplies», indique Mme Magermans. 

La porte-parole indique que Postes Canada ne fait pas le suivi des colis volés. Mais «nous pouvons confirmer qu’il n’y a pas eu de changement notable dans le nombre de demandes de clients que nous avons reçues à propos de colis possiblement volés», indique Mme Magermans.

Le citoyen (photo) «suivait les personnes qui avaient possiblement commis un vol de colis chez lui, décrit Pierre Poirier, porte-parole de du Service de police de la Ville de Québec.

Recours

En cas de vols de colis, les consommateurs ont des recours, indique Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC). Ils peuvent exiger un remboursement de la part du commerçant ou faire une demande de rétrofacturation à l’émetteur de la carte de crédit utilisée. 

«Si le commerçant ne prend pas les moyens pour s’assurer que le consommateur reçoive le colis, il le fait à ses propres risques, note M. Tanguay.  […] Le consommateur, tant qu’il ne l’a pas dans les mains, il ne l’a pas reçu. Alors, pour lui, c’est comme si ça n’avait jamais été livré». 

Si le contrat prévoit la livraison du bien, le commerçant a l’obligation de prendre les moyens pour que le consommateur reçoive sa commande. Or, constate l’OPC, certains commerçants semblent accepter le risque que l’entreprise à qui ils confient la livraison laisse le colis devant la porte ou dans l’entrée de l’immeuble, à un endroit où il pourrait être volé.

Selon l’OPC, une photo du colis livré ne veut pas dire que le consommateur n’a aucun recours en cas de vol — à moins qu’avant l’achat, il ait expressément convenu avec le commerçant qu’il pouvait, par exemple, laisser le colis sur le balcon. 

Dans tous les cas, M. Tanguay invite les consommateurs à bien se renseigner. «C’est sûr qu’il y a probablement plusieurs commerçants qui misent sur le fait que les gens ne sont pas au fait de leurs droits», dit-il.