Des enquêteurs néerlandais et australiens ainsi que des membres de l'OCDE examinent les débris du vol MH17, le 25 juillet à Petropavlivka.

Vol MH17: les experts annulent leurs déplacements en raison des combats

Les combats gagnaient en intensité dimanche dans l'est de l'Ukraine, y compris à proximité du site de la destruction en vol de l'avion malaisien, forçant les policiers néerlandais et australiens à annuler leur déplacement dans cette zone contrôlée par les séparatistes prorusses.
A Gorlivka, l'un des bastions des rebelles, à 45 km au nord de Donetsk, treize civils dont deux enfants ont été tués dimanche, vraisemblablement par des tirs de lance-roquettes multiples Grad sur les quartiers d'habitation.
Des tirs d'artillerie étaient en outre entendus à un kilomètre du site du désastre, lui-même situé à une soixantaine de kilomètres à l'est de Donetsk, capitale régionale et place forte des insurgés.
Il y a avait de la fumée noire, selon un photographe de l'AFP qui a vu des gens s'enfuir. Un poste de contrôle rebelle à proximité a été abandonné.
Trente experts médicaux-légaux néerlandais ainsi que des policiers non armés en provenance des Pays-Bas et de l'Australie s'apprêtaient à se rendre sur le site de la catastrophe aérienne dimanche matin, mais y ont renoncé pour des raisons de sécurité.
Un porte-parole militaire ukrainien a assuré que l'armée ne menait pas de combats à proximité du site, contrairement, selon Kiev, aux séparatistes.
«Les terroristes sont-il en train de détruire des preuves du crime ?», a écrit sur son compte Twitter le ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkine.
Le Boeing de Malaysia Airlines assurant la liaison Amsterdam-Kuala-Lumpur avec 298 personnes à son bord à été abattu à l'altitude de 10.000 m par un missile et une série d'éléments ont conduit Kiev et les Occidentaux à montrer du doigt les rebelles prorusses et leurs protecteurs au Kremlin.
Dix jours après le drame, des fragments de corps et des débris sont toujours éparpillés sur le site sous contrôle de séparatistes où les inspecteurs n'ont eu qu'un accès limité.
Situation «inacceptable»
«Les combats se poursuivent. Nous ne pouvons pas prendre de risques» pour se rendre sur place, a déclaré Alexander Hug, responsable de la mission de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).
«La situation en matière de sécurité sur la route vers le site et sur le site même est inacceptable pour une mission d'observation non armée», a-t-il souligné, ajoutant qu'il pourrait tenter de s'y rendre avec ses collègues lundi.
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte jugeait toutefois qu'une mission militaire internationale n'était «pas réaliste» à l'heure actuelle, compte tenu de la forte présence armée des séparatistes dans cette région proche de la frontière russe.
Peu avant ce regain de tensions, le gouvernement malaisien avait de son côté annoncé un accord avec les rebeelles prorusses sur le déploiement d'une mission de police internationale pour sécuriser le site et y permettre une enquête indépendante.
Cette mission sera composée de 68 policiers malaisiens qui partiront mercredi de Kuala Lumpur pour le site ainsi que de membres des forces néerlandaises et australiennes, deux pays qui ont payé un lourd tribut ayant respectivement perdu dans le drame 193 et 28 de leurs ressortissants, a annoncé le gouvernement malaisien dans un communiqué.
De nombreux corps ont déjà été emmenés aux Pays-Bas où une première victime a été identifiée samedi, mais des dizaines manquent encore. Avec La Presse Canadienne
Un expert canadien vient en aide aux Pays-Bas
Un officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a été dépêché aux Pays-Bas dans le cadre de l'enquête sur l'écrasement d'un appareil de Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine, qui a fait 298 morts.
Le Canada se dit prêt à assister les autorités néerlandaises dans leur enquête, et l'émissaire de la GRC tentera de déterminer la nature de l'aide qui sera apportée.
Le ministre canadien de la Défense Rob Nicholson a eu un entretien samedi avec son homologue néerlandais. Les discussions ont notamment porté sur les prochaines étapes concernant l'enquête mais aussi sur l'identification des victimes. Un Canadien a péri dans la tragédie, mais la majorité des victimes étaient néerlandaises.
Selon les États-Unis, l'avion a été abattu par un missile. De son coté, le premier ministre Stephen Harper n'a pas hésité à accuser les militants prorusses de l'est de l'Ukraine d'être les auteurs de cette catastrophe.