Le «Grand Héron» est l’une des sculptures de l’oeuvre «Habitats fauniques» réalisée par Truong Chanh Trung le long du parc linéaire de la Rivière-Saint-Charles en 2008.

Vol de trois œuvres d'art au parc linéaire de la rivière Saint-Charles

La Ville de Québec s’est fait dérober trois des dix bronzes représentant des oiseaux installés en 2008 le long du parc linéaire de la rivière Saint-Charles pour célébrer la renaturalisation du cours d’eau urbain. La mairie devra décaisser près de 36 000 $ pour les remplacer.

Les œuvres de l’artiste de la capitale Truong Chanh Trung se sont envolées sans que les forces de l’ordre réussissent à mettre la main au collet des rapaces qui s’en sont emparés. Sont-ils des collectionneurs d’art… ou de simples vautours qui ont revendu leur butin au rabais à un ferrailleur? Le mystère plane depuis la disparition non médiatisée des trois volatiles en 2017 : le goéland à bec cerclé, l’hirondelle bicolore et le martin-pêcheur.

«C’est la première fois que certains d’entre eux sont volés et doivent être remplacés», souligne la conseillère en communication municipale Carine Loranger. «Malheureusement, nous ne savons pas ce que les voleurs en ont fait…», 

Dans le brouillard, la Ville a donc cogné à la porte du créateur pour une réédition. «Ce contrat est pour le remplacement de 3 oiseaux faisant partie de l’œuvre Habitats fauniques.» Les reproductions coûteront 35 642,25$.

Ce n’est pas la première fois que les oiseaux de Truong Chanh Trung stimulent les convoitises. Le collègue Marc Allard rapportait en 2011 que deux hommes avaient été pincés à 2h en pleine tentative de scier les pattes du cormoran à aigrette du parc Cartier-Brébeuf.

À l’époque, Sandra Dion, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec disait que les resquilleurs n’étaient pas amateurs d’art. Ils voulaient plutôt revendre leur prise à un recycleur de métaux. «Ce n’est pas tant la statue qui intéresse, mais plutôt la matière.»

Pas fréquent

Carine Loranger assure cependant que ce type de crime est peu usuel. «Le vol d’œuvre d’art n’est ni fréquent ni problématique. La seule autre œuvre que nous nous sommes fait voler est le Monument Clarence-Gagnon, situé à l’angle des rues du Marché-Champlain et Dalhousie. Le buste a été volé en 2012 et remplacé en 2013.» Devinez qui avait produit cette sculpture exposée sur le quai de la traverse vers Lévis? Truong Chanh Trung.

Sans que les pièces disparaissent, il arrive néanmoins qu’elles soient usées, voire souillées. «Nous avons un budget annuel de 190 000 $ pour l’entretien et l’installation d’œuvres d’art. Il s’agit d’un entretien pour «usure normale», tout comme nous entretenons les bâtiments et le mobilier urbain.»

Intrigués? Désireux de visiter l’exposition permanente Habitats fauniques, parcours en plein air qui vous permettra de découvrir les sept oiseaux de bronze toujours en place? Voici la carte

Le «Martin-pêcheur»

En déambulant, portez attention aux piliers qui supportaient autrefois les luminaires de la version bétonnée de la Saint-Charles. Les œuvres trônent à leur sommet.

Pour nourrir votre connaissance générale, soulignons que les dix bronzes représentent des spécimens qui peuplent les rivages de la rivière.

Durant le trajet, vous pourrez aussi faire une halte sur les bancs artistiques disposés çà et là.

Le multidisciplinaire Truong Chanh Trung a réalisé quelques autres œuvres d’art public dans la capitale. Du nombre : Compassion à l’entrée de l’Hôpital Général au bout du boulevard Langelier et Mission accomplie, sculpture d’un pompier tenant deux enfants dans ses bras, toujours sur Langelier.

La sculpture «le Goéland à bec cerclé»
«L’Hirondelle bicolore»