Les artistes Josée Arsenault, Patrick Leduc, Anne Renard, Mélanie Arcand et Mimi Verreault avaient fait don de ces oeuvres à la municipalité.

Vol de cinq bronzes à Inverness

Capitale québécoise du bronze, la municipalité d’Inverness, entre Thetford Mines et Plessisville, a été dépouillée de cinq de la vingtaine d’oeuvres d’art public données depuis cinq ans par les deux fonderies du village.

«C’est désolant comme crime, car ça entre dans notre fierté», a déclaré au Soleil le maire d’Inverness, Yves Boissonneault, à propos du vol survenu dans la nuit de mardi à mercredi. Les voleurs ont utilisé des ciseaux à métaux pour couper le métal ou ont arraché les statues de leurs socles en granit. 

Les cinq oeuvres volées faisaient partie d’une galerie à ciel ouvert comptant 14 oeuvres qui avait justement gagné un prix lors du GalArt du Centre-du-Québec au mois d’octobre. «Ça fait quatre ans qu’on a des oeuvres d’art public comme ça, mais c’est la première fois que quelque chose comme ça arrive. En plus des cinq qui ont été volées, deux autres ont été endommagées de façon importante», poursuit le maire, qui espère que la Sûreté du Québec réussira à retracer les oeuvres.

Crime peu payant

Emmanuel Descoutièras, président de la Fonderie d’art d’Inverness, se désole lui aussi du crime commis, d’autant plus qu’il ne rapportera probablement pas grand-chose à ses auteurs. «Le gars qui a fait ça va récolter à peu près 100 $ pour le métal chez un ferrailleur», explique-t-il, ajoutant que la valeur des bronzes ne réside pas dans le métal, mais bien dans le travail artistique réalisé.

«Ce n’est pas le matériel qui coûte cher. Dans une oeuvre en bronze, le matériel compte pour environ 15% de la valeur alors qu’un peu plus de 80% de la valeur de l’oeuvre réside dans le temps qui est mis pour la créer, la polir. Quand on achète un bronze, on achète beaucoup le temps qui a été consacré à le créer», indique M. Descoutièras. «Dans une sculpture comme celles-là, il y a seulement entre 20 $ et 30 $ de bronze.»

La plus imposante des sculptures volées mesurait environ 40 pouces de haut et pesait à peu près 35 livres. Emmanuel Descoutièras aimerait voir les malfaiteurs les ramener. «Je crois qu’on pourrait les réparer, les souder. Car si on a un moule pour certaines pièces, il y a aussi des oeuvres uniques comme celle de Josée Arsenault qui seront perdues à jamais si on ne les retrouve pas.»

Les artistes Josée Arsenault, Patrick Leduc, Anne Renard, Mélanie Arcand et Mimi Verreault avaient fait don de ces oeuvres à la municipalité et les deux fonderies du village les avaient coulées gratuitement alors que la Municipalité se chargeait de l’installation.

Les bronzes volés faisaient partie d’une galerie à ciel ouvert comptant 
14 œuvres.