«Des voies réservées, il ne faut pas voir ça comme l'antéchrist. C'est une manière de se déplacer dans un milieu urbain», a déclaré le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.

Voies réservées sur Henri-IV: une mise en place progressive évoquée

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, avance la possibilité d'une mise en place progressive de voies réservées au transport en commun ou au covoiturage sur une autoroute Henri-IV élargie.
«Il y a toutes sortes de formules de voies réservées. Il y a des voies réservées pour autobus. Il y a des voies réservées pour covoiturage. Moi, je pense qu'il faut le voir de façon évolutive dans le sens que le territoire change, la densité change. [...] On peut envisager par exemple une voie réservée dans une période de temps donnée pour commencer. Pis après ça, quand il y aura plus de transport collectif qui va circuler dans un quartier plus qu'un autre, ben là on peut changer les voies réservées», a-t-il expliqué jeudi matin, en marge du lancement de la 26e campagne de sécurité en transport scolaire. 
«Des voies réservées, il ne faut pas voir ça comme l'antéchrist. C'est une manière de se déplacer dans un milieu urbain», a-t-il poursuivi sur la même veine. 
Le ministre s'est dit ouvert à des aménagements, lui qui était jusqu'à tout récemment engagé dans une partie de bras de fer sur le sujet avec le maire Régis Labeaume. Ce dernier a aussi jeté du lest en évoquant des voies réservées uniquement au covoiturage sur Henri-IV et même sur d'autres autoroutes de la Rive-Nord. 
«Mais je pense qu'il faut qu'il y ait un signal important qui soit envoyé à l'effet que les façons de se déplacer en ville, en milieu urbain, doivent de plus en plus faire place au transport collectif incluant du covoiturage, de là les voies réservées», a prévenu M. Gaudreault.  
Cela dit, le politicien ne se sent pas pressé par le temps, car le MTQ planche encore sur les plans et devis de l'élargissement d'Henri-IV, artère la plus achalandée de Québec. «Il n'y aura pas une pépine dans le chantier d'Henri-IV l'été prochain à la hauteur de l'entrée des ponts», a-t-il rappelé. 
La planification des travaux se poursuit en 2014 et 2015 et il faudra ensuite élargir plusieurs viaducs qui jalonnent l'autoroute avant de travailler sur les voies elles-mêmes. 
Désireux de clarifier sa position sur les voies réservées une fois de plus, le maire Régis Labeaume a quant à lui servi une leçon de sémantique aux journalistes, hier. Estimant que le grand public associe les voies réservées aux autobus, le maire a trouvé «une nouvelle expression» et veut désormais parler de «voies de covoiturage». 
Le maire a aussi redit qu'il comptait sur l'étude sur le covoiturage à venir pour déterminer si les voies réservées pour les autobus de l'autoroute Robert-Bourassa peuvent accueillir des covoitureurs en toute sécurité, puis examiner l'option d'un couloir pour le seul covoiturage sur Henri-IV et les autres autoroutes. 
M. Labeaume a aussi annoncé qu'il allait profiter de sa prochaine mission technologique en Californie, vraisemblablement en mars, pour «faire un petit croche par Los Angeles parce qu'eux, ils ont réussi» avec leurs voies réservées pour le covoiturage.
Avec Valérie Gaudreau