Le projet de voies réservées sur la future autoroute Henri-IV élargie a suscité beaucoup d'opposition.

Voies réservées sans autobus: «un non-sens», selon Accès transports viables

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a évoqué vendredi l'idée de permettre le covoiturage dans une voie réservée sur l'autoroute Henri-IV - tout en y excluant les autobus. Ce modèle est «un non-sens» et n'a aucun équivalent dans le monde, dénonce le président d'Accès transports viables, Christian Savard.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, entend faire de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV sa priorité électorale. Les principaux partis politiques semblent tous d'accord.
Mais en donnant son appui au maire Labeaume, le chef du Parti libéral du Québec est allé plus loin. «On est d'accord pour qu'il y ait des voies réservées, mais pour le covoiturage, pas pour les autobus», a déclaré Philippe Couillard. Il s'agissait de la première fois que le chef des troupes libérales évoque une possible voie réservée permettant le covoiturage, mais chassant les autobus. Ce faisant, Philippe Couillard a endossé les propos récents de Régis Labeaume.
«Une drôle d'idée»
Ce modèle est toutefois un «non-sens», estime le président de l'organisme Accès transports viables, Christian Savard. «C'est une drôle d'idée!» Il ne voit pas comment un chef de parti politique peut considérer qu'un autobus - avec des dizaines de personnes à bord - n'est pas une forme de covoiturage. À sa connaissance, aucune ville dans le monde n'a instauré une voie réservée seulement aux covoitureurs, interdisant les autobus. «C'est complètement détourné. Ça n'existe pas. Je pense qu'on a besoin d'un peu de recul dans tout ce débat. Je ne m'attendais pas à entendre ce genre de choses dans la campagne électorale provinciale.»
Selon Accès transports viables, toutes les voies réservées en Amérique ont un principe similaire. «Elles sont avant tout pensées pour les autobus. Et c'est seulement par la suite qu'on évalue la possibilité d'intégrer le covoiturage. Mais on ne fait pas l'inverse!»
Dans quelques semaines, Régis Labeaume se rendra par ailleurs en Californie, où il prendra notamment connaissance de différents modèles où le covoiturage est admis dans des voies réservées.
«Même aux États-Unis, partout en Californie, même dans les villes les plus pro-auto, à Los Angeles, ça n'existe pas, une voie réservée sans autobus», rappelle toutefois Christian Savard.
Le Parti québécois est encore vague quant à l'implantation d'une voie réservée autorisant le covoiturage dans une éventuelle autoroute Henri-IV élargie, disant attendre les résultats d'une étude en cours. Alors qu'il était ministre des Transports, Sylvain Gaudreault avait cependant affirmé son désir de mettre en service une voie réservée, du moins pour les autobus.
La Coalition avenir Québec est plus tranchée. Elle s'oppose à toute forme de voie réservée sur l'autoroute Henri-IV. Pas de privilèges aux autobus ou aux covoitureurs; tout le monde dans le trafic régulier.
À l'heure actuelle, le Réseau de transport de la Capitale utilise peu l'autoroute Henri-IV. Cinq parcours y circulent néanmoins. Certains jours, environ une centaine d'autobus empruntent l'artère.