Depuis 2010, le gouvernement provincial a donné la permission à Québec de toucher 10,5 millions $ par an en imposant 1,5 ¢ sur le litre d'essence pour financer le transport en commun.

Voies réservées : pas la place du covoiturage, selon des partisans du transport collectif

Le covoiturage n'a pas sa place dans le couloir réservé aux autobus sur l'autoroute Robert-Bourassa et n'est pas le remède miracle à la congestion qui afflige Québec, selon Accès transports viables (ATV) et le Conseil régional de l'environnement (CRE) de la Capitale nationale.
Les deux organismes, qui font la promotion du transport en commun et des transports actifs (vélo, marche), ont senti le besoin de «faire le point» sur le dossier controversé des voies réservées qui enflamme la capitale.
«Depuis quelque temps, les voies réservées sont devenues un concept fourre-tout qui ne veut plus dire grand-chose. Nous tenons aujourd'hui à rappeler que des voies réservées, c'est d'abord et avant tout à l'usage du transport collectif et que, par définition, c'est le transport en commun qui y est favorisé. Le covoiturage est peut-être une partie de la solution à la congestion et mérite qu'on l'étudie, mais ce n'est certainement pas la panacée comme on semble vouloir le présenter», a résumé Alexandre Turgeon, directeur général du CRE-Capitale nationale, dans un communiqué de presse.
Même sur l'autoroute Robert-Bourassa, le CRE et ATV ne voient pas comment intégrer le covoiturage dans le corridor dévolu aux autobus. Selon leurs observations, l'autoroute est trop courte et comprend trop d'entrées et de sorties. Les utilisateurs l'empruntent donc pour de petites distances et les changements de voies fréquents annulent les gains de temps potentiels.
Étienne Grandmont, directeur général d'ATV, pointe aussi les nouveaux parcours express et l'ajout du Métrobus 804, qui augmenteront naturellement l'achalandage sur les voies réservées. «Le covoiturage, ça doit se faire de façon sécuritaire et sans nuire aux autobus», dit-il.
M. Grandmont réitère par ailleurs qu'il faut «au minimum» trois occupants par véhicule pour que le covoiturage ait un effet sur la congestion. Sinon, il n'y a pas de changement dans les habitudes de transport, explique-t-il. Les équipages de deux vont tout simplement transférer vers les voies réservées et les paralyser.
Le dg d'Accès transports viables suggère de revenir au plan de mobilité durable, dont l'objectif est de doubler le pourcentage d'usagers du transport en commun en se dotant d'un mode de transport performant, comme le tramway. Les autres moyens, comme le covoiturage, sont considérés comme périphériques.