Pierre Bouchard et Janick Lemieux sur la route en Éthiopie

Vivre sur son vélo autour du monde [PHOTOS]

Pierre Bouchard et Janick Lemieux ne sont pas un couple ordinaire. L’homme de 53 ans natif de Québec et sa conjointe de 47 ans, de Saint-Hyacinthe, ont à deux près de 300 000 km dans les jambes et dans les pédales, ayant fait plus de trois fois le tour du monde ensemble à vélo. Ils présentent actuellement le résultat de leurs pérégrinations sous forme de conférences offertes dans une trentaine de régions du Québec.

«Je vis en nomade sur mon vélo depuis 30 ans et, pour ce périple de 21 000 km sur 21 mois qui nous a menés de la Norvège à la Tanzanie, nous avons décidé de nous rendre à la rencontre des peuples nomades. C’est pourquoi nous avons baptisé notre conférence Nomades2!» a déclaré Pierre au Soleil au moment de donner la première de ses conférences à Baie-Saint-Paul. Le couple sera à Québec dimanche pour présenter deux conférences à l’espace LaScène de Lebourgneuf à 13h30 et 19h. 

Bachelier en philosophie et détenteur d’un certificat en création littéraire, Pierre a pris goût aux odyssées sur deux roues durant les vacances d’été après son baccalauréat. «Ensuite j’ai pris deux années sabbatiques pour rouler en Europe et en Afrique. Finalement, je ne suis jamais revenu. Je me suis tapé un tour du monde de cinq ans et demi!» indique celui qui voyageait d’abord avec un ami, Steve Bellemare, et prenait parfois des pauses entre deux «odyssées» à Whistler, en Colombie-Britannique. C’est là qu’il a connu Janick, une autre globe-trotter qui aimait parcourir le monde avec un sac au dos. 

En Tanzanie

Rencontre

«On s’est connus et notre relation est devenue plus intime. Quand Steve a cessé de voyager avec moi, Janick partait travailler en Australie pour un an alors que moi, je partais en vélo! C’était avant Internet, alors on s’écrivait des lettres par poste restante. Un jour, on avait planifié de se voir en Nouvelle-Zélande et j’ai mis un genou par terre et je lui ai proposé «d’emménager» sur la route avec moi et elle a dit oui!» se souvient-il. 

Le couple, qui loue maintenant un «camp de base» dans Charlevoix entre ses périples à travers le monde, avait d’ailleurs pris une pause de la route pendant cinq ans de 2009 à 2014 après avoir fait pendant six ans la route des volcans actifs de la ceinture de feu du Pacifique. «Ça a vraiment confirmé notre choix de vie. Nos retours s’étirent un peu plus, car on s’implique aussi dans le développement du vélo en région, mais on a toujours hâte de repartir», explique Pierre. 

En Éthiopie

C’est de juin 2014 à avril 2016 qu’a eu lieu le grand voyage qu’ils racontent dans leurs conférences et lors duquel ils ont pris 35 000 photos et des heures de vidéo. «C’était un voyage très diversifié avec beaucoup de mouvance, car les peuples nomades bougent beaucoup et nous autres aussi, on bouge. La chaleur, l’eau ont été des défis logistiques dans le nord de l’Afrique, notamment au Soudan en juillet pendant le ramadan. Heureusement qu’il y avait le Nil pas très loin!» raconte-t-il. Pierre et Janick ont aussi goûté aux températures hivernales dans les monts Taurus, en Turquie.

Nomadisme

«Nous avons constaté que le nomadisme est un mode de vie en voie d’extinction. Leurs enfants, souvent plus scolarisés, souhaitent une vie différente, moins dure physiquement», explique Pierre en parlant des Roms, des éleveurs de bovins d’Europe du Nord, mais aussi des pygmées d’Afrique ou des Hadza, un peuple de chasseurs-cueilleurs de Tanzanie qui ne sont plus que 300.

En Turquie

«C’est quand même un attristant quand on regarde la situation des pygmées, expulsés de leurs forêts ancestrales d’où ils tiraient leur subsistance pour faire des parcs nationaux. On les retrouve maintenant campés dans des ghettos», poursuit-il.

Une fois leur série de conférences complétée, Pierre et Janick ont d’ailleurs l’intention de retourner en Afrique afin de poursuivre leur exploration des peuples nomades. «Le projet est de retourner en Tanzanie pour descendre jusqu’en Afrique du Sud en faisant un détour par Madagascar pour ensuite remonter par la côte ouest jusqu’au Maroc et peut-être traverser vers la péninsule ibérique.»