Marcel Émond et Cécile St-Pierre de Cîme Culture proposent aux visiteurs l’autocueillette de petits fruits biologiques, à Cap-Chat, en Gaspésie.
Marcel Émond et Cécile St-Pierre de Cîme Culture proposent aux visiteurs l’autocueillette de petits fruits biologiques, à Cap-Chat, en Gaspésie.

Visiter la Gaspésie au rythme du bio

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Alors que de nombreux Québécois comptent prendre la Route 132 vers la Gaspésie pour leurs vacances cet été, l’organisme QuébecBio propose une toute autre façon de découvrir cette région que le parcours touristique habituel : une ferme biologique à la fois.

Le guide présente 25 destinations biologiques gaspésiennes à visiter, de la Haute-Gaspésie jusqu’à la Baie des Chaleurs, ainsi que les différentes identifications présentes dans la péninsule, notamment le réseau Gaspésie Gourmande. «Les terres gaspésiennes sont propices au développement du bio», note dans le guide l’agronome à la Fédération de l’UPA Gaspésie/Îles, Germain Babin.

C’est le cas de Cîme Culture, à Cap-Chat, le projet de retraite de Marcel Émond et de Cécile St-Pierre. «Disons que finalement, c’est pas si reposant que ça, la retraite», s’amuse M. Émond. Les terres, qui appartiennent à la famille de Mme St-Pierre depuis des générations, sont maintenant réservées à la production et à l’autocueillette de petits fruits moins communs, comme l’amélanche, la camerise, le cassis et le pimbina. Pour le couple, s’assurer que leur production soit biologique n’a jamais été une question. «En se lançant dans ce projet-là, on voulait s’assurer que ça respecte nos valeurs de bien manger et de respecter l’environnement», explique M. Émond.

Même chose pour la propriétaire de Bioculture Lepage, Élise Lepage. Établie en 1983 par le père de cette dernière à Sainte-Anne-des-Monts, la ferme familiale a toujours été biologique, selon celle qui a été élevée sur ces terres en bordure du fleuve. Le sol de cette ancienne ferme porcine, fertilisé par des années de fumier, n’a jamais eu besoin d’engrais chimiques. «Je n’ai jamais connu de produits chimiques de ma vie, explique-t-elle. Mes parents ont toujours été un peu granos, même quand ce n’était pas la mode. On était avant-gardistes!» lance Mme Lepage

Une saison record?

Le parcours de 25 producteurs et distributeurs biologiques proposé par QuébecBio ne se limite pas à un seul type de culture. On y trouve de tout, de l’autocueillette de petits fruits jusqu’à la culture d’algues, en passant par les produits de l’apiculture biologique. «Ça va permettre aux visiteurs intéressés de faire un circuit alternatif pour découvrir la Gaspésie. C’est beau le bord de l’eau, mais il y a tellement plus à voir si on s’y aventure!» lance Marcel Émond, revenu en Gaspésie après des années à Lévis. 

Selon lui, la route biologique présentée par l’organisme amènera de la clientèle. Mais surtout de la clientèle intéressée par l’univers de la culture biologique, renchérit Élise Lepage. «Ça va nous permettre de plus focaliser nos efforts sur les gens qui comprennent et qui sont sensibilisés à notre façon de faire. Les gens qui vont venir avec ce parcours-là, ils vont comprendre que si je laisse les ‘‘mauvaises’’ herbes dans le champ, c’est parce qu’elles ont une utilité, même si ce n’est pas nécessairement esthétique», lance-t-elle.

Alors que les touristes commencent à affluer vers la Gaspésie, les producteurs biologiques de la péninsule sont optimistes pour la saison à venir. «Je pense qu’on va avoir une saison record, autant pour la production que pour les visites!» lance M. Émond.