Vision sur l'habitation: Labeaume veut contrôler les effets de l’embourgeoisement

La mixité sociale et la densification sont deux éléments au cœur d’une vaste réflexion que veut amorcer à l’automne l’administration Labeaume. Pour le maire de Québec, il est aussi essentiel de contrôler les effets de l’embourgeoisement sur certains quartiers qui obligent des populations plus pauvres à se déplacer.

L’actuelle politique d’habitation remonte à 2005. Pour Régis Labeaume, il est temps de l’adapter aux nouvelles réalités sociales et urbaines de la Ville. L’annonce de ce grand chantier qui culminera avec un rendez-vous sur l’habitation en 2019 vient cristalliser ce qu’il répète depuis des mois sur plusieurs tribunes.

«Il faut diminuer l’effet de la gentrification [embourgeoisement] pour garder un minimum de mixité sociale. Il faut en discuter parce qu’il y a des gens qui ne savent pas qu’on veut faire ça», explique le maire.

Selon lui, le meilleur moyen est encore que la Ville s’approprie des terrains dans divers secteurs pour y développer du logement social. «Dans le quartier Pointe-aux-Lièvres, avant d’avoir la tour Origine et le complexe Habitus, la première décision a été de bâtir un bloc de logements sociaux», illustre-t-il.

Il donne aussi en exemple le moratoire, maintenant levé, que la Ville avait imposé sur la transformation de logements en condominiums. «L’accessibilité à un logement est importante. On garde une vigie là-dessus.»

Si les promoteurs immobiliers sont invités à réserver des unités d’habitation pour le logement social dans leur complexe, le maire ne souhaite pas les obliger à se commettre. «Les promoteurs sont de plus en plus ouverts à offrir des logements sociaux dans leur projet d’habitation», fait-il observer.

Le chantier qui s’amorce tiendra compte de réalités plus marquantes pour la Ville comme le vieillissement de la population et l’immigration.

Discussion franche

L’autre grand changement auquel tient le maire Labeaume est de densifier la ville. Et à ce chapitre, il faudra avoir une discussion franche, insiste-t-il. «Ce sont des questions qu’on doit se poser et on doit aller au bout. Il y a des organismes qui me disent : "Vos objectifs de densification le long du tracé [du tramway] ne sont pas assez élevés". Et d’autres me disent qu’il ne faut pas construire en hauteur. Pourtant, une empreinte au sol minimale fait partie du développement durable. Parfois, j’ai l’impression que certains sont pour la densification et contre l’étalement urbain excepté dans leur rue.»

Ce sujet, il l’a déjà abordé lorsqu’un groupe de citoyens a montré son opposition à un projet immobilier de 18 étages sur le site de l’église Saint-François d’Assises sur la 1re Avenue. 

Au cours de la consultation qui s’amorcera, la Ville se questionnera aussi à savoir si elle devrait réclamer plus de pouvoirs en matière de logement social sur son territoire.

Entre autres sujets qui alimenteront la réflexion, il y aura l’accessibilité à une propriété, le milieu de vie, la sécurité urbaine, le développement durable, l’offre de logements, la rétention des familles et le taux d’effort financier des ménages dans l’habitation.