Les institutions d'enseignement supérieur devront, comme le demande le gouvernement, développer des campagnes d'information annuelles sur le harcèlement et les agressions sexuelles.

Violence sexuelle sur les campus: le soutien aux victimes devra aller plus loin

Bousculées par les vagues de dénonciations des violences sexuelles sur les campus de l'an dernier, les institutions d'enseignement supérieur de la capitale avaient déjà entrepris des réformes. Elles devront toutefois aller plus loin et uniformiser leurs pratiques afin de soutenir adéquatement les victimes, tel que prescrit par le gouvernement.
«On est déjà en marche», assure la directrice des communications et des affaires corporatives du collège Garneau, Sylvie Fortin. «On avait une réflexion qui était déjà entamée.»
On se souviendra que l'automne 2016 avait été particulièrement chaud. Des reportages peu élogieux rappelaient que les initiations des nouveaux étudiants dérapent parfois. Puis des agressions sexuelles commises dans les résidences de l'Université Laval avaient délié les langues, nombre de femmes dénonçant de présumés agresseurs. «Il y a des événements qui agissent comme catalyseurs», remarque Mme Fortin. 
À Garneau, il était déjà possible de modifier l'horaire d'une éventuelle victime pour lui permettre de compléter son cursus sans croiser l'agresseur allégué. Et les activités d'initiation doivent être préalablement approuvées par le personnel de l'établissement.
Campagnes de sensibilisation
Mais la politique sur les agressions et le harcèlement qui clarifie le rôle de chacun et la marche à suivre en cas de dénonciation est en révision depuis un an. Et il faudra développer, comme le demande la ministre responsable de l'enseignement supérieur, des campagnes d'information annuelles sur le harcèlement et les agressions sexuelles.
Au collège de Sainte-Foy aussi, les événements de l'an dernier avaient fouetté les troupes, indique le coordonnateur des services de consultation, Dany Dubois. Depuis lors, les différents intervenants du cégep bossent pour créer un «guichet unique» où il sera possible de dénoncer et recevoir le soutien nécessaire; une campagne «Sans oui, c'est non» a été organisée; les membres de son équipe ont suivi une formation de rafraîchissement livrée par Viol-Secours...
L'institution attend toutefois que la ministre Hélène David précise ses désirs pour poursuivre les réformes. «On n'a pas le détail encore.»
Le président de la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Samuel Rouette-Fiset, abonde dans le même sens. Le plan général du gouvernement est «vraiment intéressant». Il souligne cependant qu'il faudra lire le projet de loi promis pour connaître précisément les visées étatiques qui devront être réalisées sur un échéancier de 5 ans.
La direction de l'université québécoise limite quant à elle ses commentaires, évaluant néanmoins «que les mesures annoncées permettront d'accompagner davantage les victimes et aussi de prévenir la violence sexuelle».
Problème difficile à évaluer
Pas facile d'évaluer l'ampleur réelle du problème des violences sexuelles dans les établissements d'enseignement. «C'est difficile parce que c'est pas toujours des plaintes qui sont formelles. On va essayer de documenter mieux tout ce qui se passe», note la directrice des communications et des affaires corporatives du collège Garneau, Sylvie Fortin. «Un cégep où il y a 6000 jeunes, c'est beaucoup de monde. Alors il y a toute sorte de choses qui se passent à un moment de la vie où il y aussi beaucoup d'effervescence.» 
Son collègue du collège Sainte-Foy, Dany Dubois, acquiesce. «La problématique, on sait qu'elle est présente. C'est difficile d'en mesurer la hauteur par manque, peut-être, de dénonciations. On espère que de plus en plus, que ce soit des étudiants ou des membres du personnel, qu'ils aient l'audace ou le courage de dénoncer s'il y a des choses inacceptables qui se produisent.»