Le comédien Vincent Gratton mène la coalition.

Vincent Graton mène une coalition contre les paradis fiscaux

OTTAWA - Une coalition citoyenne menée par le comédien Vincent Graton et la fiscaliste Marwah Rizqy est de passage à Ottawa vendredi pour exiger que le gouvernement Trudeau s’attaque aux paradis fiscaux une bonne fois pour toutes.

La coalition #Justicefiscale à laquelle participe également l’essayiste Alain Deneault rencontrera des haut-fonctionnaires de l’Agence du revenu du Canada vendredi après-midi pour leur proposer des pistes de solution. La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, ne sera pas présente. Son cabinet a toutefois invité la fiscaliste Brigitte Alepin comme experte indépendante.

Ils ont déposé une gerbe de fleurs - des oiseaux du paradis - devant la Chambre des communes en guise de symbole.

La coalition espère que le gouvernement Trudeau profitera du budget prévu mardi pour lancer des mesures qui mettraient fin à l’évasion fiscale et pour que les géants du web comme Netflix paient des taxes et des impôts au Canada.

La coalition doit également rencontrer des députés du Bloc québécois, du Nouveau Parti démocratique et le sénateur Percy Downe qui a déposé un projet de loi pour forcer le gouvernement à calculer l’écart entre les revenus qui devraient être perçus par le fisc et ceux qui sont réellement récoltés.

La fiscaliste Marwah Rizqy, qui était candidate pour le Parti libéral lors de l’élection fédérale de 2015, s’est dite extrêmement déçue par l’absence de leadership du gouvernement Trudeau sur la question des paradis fiscaux.

Attentes élevées en cybersécurité

Des sources au sein du gouvernement et de l’industrie ont de grandes attentes en prévision du budget fédéral de la semaine prochaine, dans lequel elles espèrent trouver des investissements importants pour aider le Canada à renforcer sa cybersécurité dans une ère où des menaces mondiales visent les entreprises, le droit à la vie privée et la démocratie.

Un haut placé du gouvernement croit que le budget de mardi inclura du financement pour le renforcement des protections du pays et de ses capacités à répondre à une éventuelle attaque.

Cette source, qui a requis l’anonymat, a indiqué que les cyberefforts canadiens passeraient par plusieurs ministères, notamment ceux du Développement économique, de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et la Défense nationale, de même que l’agence canadienne de cyberespionnage.

Ces engagements budgétaires arriveraient au moment où les craintes de piratage s’accentuent sur plusieurs fronts, allant de la vie privée des citoyens aux systèmes financiers, en passant par le processus démocratique.

Le gouvernement souhaite par ailleurs protéger l’élection fédérale de 2019 des cybercriminels, alors que des inquiétudes subsistent toujours quant au rôle que la Russie pourrait avoir joué dans la dernière élection présidentielle américaine.

Les gouvernements, le secteur privé et les banques centrales à travers le monde ont élaboré de nouvelles stratégies pour contrer une hausse alarmante des cyberattaques. Par exemple, la Banque du Canada a investi des ressources pour développer des plans visant à prévenir les brèches, réduire tout dommage subi et réparer les pots cassés après une attaque, si nécessaire.

Le gouvernement fédéral a amorcé un examen de sa cybersécurité, mené par le ministère de la Sécurité publique. Ces travaux seront utilisés lors de la révision toujours en cours de la cyberstratégie gouvernementale.

Une association représentant les leaders de l’industrie des technologies demande au gouvernement de s’assurer de placer l’industrie locale au centre de toute stratégie fédérale.

«La sécurité et la souveraineté sont intimement liées et il est essentiel de mettre en place des effectifs nationaux en cybersécurité (...) C’est une chose que toutes les économies avancées font», souligne le directeur général du Conseil des innovateurs canadiens, Benjamin Bergen.

Il précise que les PDG de l’industrie des technologies membres du Conseil ont eu plusieurs rencontres régulières sur la cybersécurité avec des membres haut placés de plusieurs ministères et agences, de même qu’avec des élus, dont le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Le groupe aimerait que le budget contienne des possibilités d’approvisionnement pour l’industrie locale et une stratégie visant à développer et à retenir des talents en cybersécurité.

Le Canada compte certaines des meilleures cyberfirmes au monde, note M. Bergen.

La semaine dernière, le ministre du Développement économique Navdeep Bains a déclaré en entrevue qu’en général, le gouvernement prévoyait collaborer pleinement avec la cyberindustrie locale. Il n’a toutefois donné aucun détail sur le budget.