Le maire Marc Parent le confirme: la crise sanitaire a un impact important sur les finances de la Ville de Rimouski.
Le maire Marc Parent le confirme: la crise sanitaire a un impact important sur les finances de la Ville de Rimouski.

Ville de Rimouski: la crise sanitaire a un impact important sur les finances

Lors de ses dernières discussions, le conseil municipal de Rimouski en est venu à l'inévitable conclusion que les conséquences de la pandémie auront immanquablement un impact sur les finances de la Ville. Le maire Marc Parent le confirme: «la crise actuelle s'est transformée en augmentation importante des coûts et en diminution substantielle des revenus».

À son avis, «il y a un manque à gagner, mais la situation n'est quand même pas catastrophique». Il assure toutefois que son conseil suit la situation de très près. Pour l'instant, le maire ne veut pas s'avancer sur l'état de la trésorerie. «Il y a toujours une certaine volatilité dans notre capacité à prédire l'impact réel des revenus versus les dépenses, justifie-t-il. Une chose est certaine: il y a des impacts financiers. Mais, il reste à déterminer leur ampleur. C'est certain qu'on va tenir les citoyens au courant lorsqu'on aura une assez bonne compréhension, qu'on sera assez certains des chiffres.»

Marc Parent assure que lui et son conseil sont conscients de la capacité de payer des contribuables rimouskois. «On travaille sur une relance. J'ai bon espoir que quand viendra le temps de préparer le budget 2020, il n'y aura pas de mauvaises surprises pour les citoyens. Mais, on ne peut pas envisager une diminution de taxes.»

S'il se dit sensible aux difficultés budgétaires qu'éprouvent certains contribuables qui désirent reporter leur prochain paiement de taxes, l'élu demande à ceux qui en ont la capacité d'acquitter les sommes dues à la date convenue, soit le 1er juin. «Ce sont des sommes qui sont nécessaires pour pouvoir maintenir les opérations. Bien entendu, si les versements de taxes n'entrent pas, la Ville devra avoir recours à d'autres moyens qui augmenteront nos coûts.» M. Parent indique toutefois qu'aucuns frais d'intérêt ne seront facturés aux retardataires.

Les grands oubliés

Le maire de la ville la plus populeuse de l'Est-du-Québec se réjouit que les terrains de camping et que plusieurs services de location, dont les chalets, pourront redémarrer leurs activités. Mais, il considère qu'il y a une catégorie «de grands oubliés»: les gîtes. «De façon générale, ils sont la propriété d'un couple qui reçoit, à l'intérieur de sa résidence, des visiteurs. Il est tenu, par la loi, de servir le petit-déjeuner. Selon moi, c'est là où le bât blesse parce que c'est cette portion-là qui fait en sorte que, pour le moment, ces gens-là ne peuvent pas rouvrir.»

Marc Parent estime que Québec devrait envisager de soustraire aux gîtes l'obligation de servir le petit-déjeuner. «La période où les «couette et café» font leurs revenus, c'est vraiment pendant la saison estivale. Ça presse! Ce sont des gens qui ont des hypothèques à rembourser! Souvent, ce sont des gens qui n'ont pas nécessairement accès aux différents programmes fédéraux ou provinciaux de support financier. Donc, je demande au gouvernement du Québec de réfléchir à faire cet allégement-là, qui permettrait à ces gens-là de continuer à opérer.»

Tourisme de proximité

Outre les gîtes, le maire de Rimouski ne s'inquiète pas du sort de l'industrie touristique pour cet été. «La clientèle va changer, croit-il. Ça va être les Québécois qui vont visiter leur Québec, peut-être de façon régionale. Les gens ont besoin de vivre le sentiment d'avoir des vacances, cet été. Mais, je pense que ce sera tout simplement et probablement des touristes de proximité.»

M. Parent ressent cependant une certaine crainte pour les restaurateurs, dont les activités de la majorité d'entre eux sont paralysées. «À la Ville de Rimouski, on est extrêmement préoccupés par la situation des restaurateurs. D'ailleurs, on invite tous les restaurateurs de Rimouski qui auraient des projets leur permettant d'agrandir un peu leurs murs, de sortir, d'avoir des terrasses extérieures, quitte à ce que ces terrasses-là empiètent sur l'espace de stationnement municipal, de communiquer avec le service de l'urbanisme. On est très, très ouverts. On est en mode solution! […] On sait que c'est beaucoup moins risqué, lorsqu'on est à l'extérieur, qu'il y ait une contamination que quand on est à l'intérieur.»

Il n'est toutefois pas dans les cartons de la mairie de rendre la rue Saint-Germain entièrement piétonnière pendant tout l'été au centre-ville. Mais, le maire ne ferme pas complètement la porte. «Tout est possible, laisse-t-il tomber. Les membres du conseil municipal ont une forte détermination à venir en aide aux commerçants de Rimouski.»

Maison des aînés à Rimouski

Québec confirme la construction d'une maison des aînés et alternative à Rimouski. C'est la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Marie-Ève Proulx, qui en ont fait l'annonce vendredi. L'établissement accueillera 72 résidents, dont 48 seront des aînés et 24 autres seront des adultes ayant des besoins spécifiques. Ce milieu de vie «à dimension humaine» sera composé de six unités climatisées de douze places chacune, comportant des chambres individuelles avec salle de toilette et douche adaptée à chaque résident.

La Maison des aînés sera construite sur un terrain acheté auprès de la Ville de Rimouski pour une somme de près de 700 000$ par le gouvernement. Québec n'a pas indiqué de date du début du chantier. «Je n'ai pas les échéanciers précis, mais il clair que le gouvernement du Québec considère comme une priorité absolue d'offrir aux aînés la meilleure qualité de vie possible, indique le maire Parent. J'aurais tendance à croire que ça pourrait aller rapidement. Mais, il y a quand même des processus qui doivent être mis de l'avant pour pouvoir permettre ce genre de construction-là. […] Les nouvelles règles de consultation publique viennent alourdir et ralentir le processus substantiellement.»