Le vice-président du comité exécutif Rémy Normand, le maire Régis Labeaume et le directeur général de la Ville Luc Monty ont fait le point mardi sur la planification de la main-d’œuvre : quelque 1050 postes pourraient être à pourvoir à la Ville au cours des cinq prochaines années.

Ville de Québec: le quart des employés réguliers admissibles à la retraite d’ici cinq ans

Près du quart des employés réguliers de la Ville de Québec seront admissibles à la retraite au cours des cinq prochaines années; quelque 1050 postes pourraient donc être disponibles. Un «défi» de recrutement et de conservation des compétences au sein de l’appareil municipal.

«On devra pourvoir à ces postes-là et s’assurer que notre main-d’œuvre demeure pleinement qualifiée», a indiqué aux élus le directeur général de la Ville, Luc Monty, mardi. Il faudra également continuer de répondre aux besoins, livrer les services requis pour les citoyens.

Voilà un contrat d’envergure. La mairie a dans ses rangs quelque 7300 personnes, dont 4427 occupent un poste permanent. Autour de 24 % de ces derniers seront admissibles à la retraite.

«Trouver ces 1000 employés-là, c’est une tâche extraordinaire», observe d’ailleurs le maire Régis Labeaume. «Dans l’état actuel de la main-d’œuvre à Québec, ça va être très compliqué.»

La Ville devra déployer plus d’efforts pour affrioler les candidats. «Là, on va être obligé de vendre la Ville de Québec. Avant tout le monde se tirait.» Le maire évoque notamment la mise en place de mesures particulières d’aménagement du temps de travail afin de demeurer concurrentiel. «Il va falloir qu’on fasse tout pour les attirer parce que le monde a le choix. […] C’est un grand défi, un très grand défi.»

Maintenir les opérations

«Ces employés, chacun dans leur domaine, contribuent au maintien et au bon fonctionnement des opérations tout au long de l’année», lit-on dans la Vision 2020-2025 : planification stratégique de la main-d’œuvre, document déposé mardi. Il serait donc essentiel de pourvoir tous les postes vacants.

«Le défi de main-d’œuvre auquel fait face la Ville de Québec, comme organisation, est présent ailleurs au Québec et dans le monde», ajoute-t-on. «Puisque le bassin des candidats disponibles croît moins rapidement et que la concurrence pour la recherche de talents est beaucoup plus forte, l’organisation dépend plus que jamais de la mise en place d’une stratégie intégrée de développement pour attirer, fidéliser et garder engagés ses employés.»

«Les ressources disponibles pour combler les besoins de main-d’œuvre proviendront en grande partie des jeunes actuellement aux études [54 % ].» La municipalité compte également sur les immigrants et sur ses employés actuels qui seront invités à retarder leur retraite. 

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Aussi, puisque des embauches devraient être réalisées auprès des «cohortes de jeunes», il y aura un défi supplémentaire afin de conserver l’expertise, note Luc Monty. «Il faut que les gens soient expérimentés.»

La pénurie appréhendée de fonctionnaires est particulièrement forte dans certains domaines d’emploi : cadres; soutien administratif; technologies de l’information, traitement de l’eau; administration, comptabilité, finances; équipements motorisés.


« Trouver ces 1000 employés-là, c’est une tâche extraordinaire. Dans l’état actuel de la main-d’œuvre à Québec, ça va être très compliqué »
Le maire Régis Labeaume

Afin de séduire les recrues, la Ville déploiera une «stratégie progressive» au cours des cinq prochaines années. Dès 2020, la Ville octroie une enveloppe supplémentaire de 500 000 $ à son service des ressources humaines afin de relever le défi.

La moyenne d’âge des employés municipaux, excluant les policiers, est de plus de 45 ans.

Selon le plus récent décompte, la Ville de Québec embauche 4427 employés permanents, 872 employés temporaires et 2025 employés occasionnels. Ils occupent l’équivalent de 5116 postes à temps plein. Ils cumulent en moyenne 14,2 années de service.