La Coopérative funéraire des Deux Rives testera son nouvel équipement de diffusion dimanche à 11h, ce sera un concert en direct. Le rendez-vous servira de lancement pour son offre de webdiffusion.
La Coopérative funéraire des Deux Rives testera son nouvel équipement de diffusion dimanche à 11h, ce sera un concert en direct. Le rendez-vous servira de lancement pour son offre de webdiffusion.

Vers des funérailles virtuelles

Depuis le début de la pandémie, toutes les entreprises se sont réinventées. Les façons de faire ont été revues afin de poursuivre au maximum les activités tout en évitant les contacts. Les salons funéraires n’y ont pas échappé.

La Coopérative funéraire des Deux Rives testera son nouvel équipement de diffusion dimanche à 11h, ce sera un concert en direct. Le rendez-vous servira de lancement pour son offre de webdiffusion.

«On s’est équipé du matériel nécessaire dans nos salles pour retransmettre des cérémonies en direct. Elles se passent en privé avec les proches, mais on n’abandonne pas la famille éloignée et l’entourage de la personne décédée», explique le directeur général de la coopérative David Emond.

Si le tout est fonctionnel, M. Emond et son équipe se lanceront dans l’organisation de cérémonies de funérailles virtuelles. Quelques membres de la famille pourront y assister, alors que le reste de l’entourage regardera à l’écran.

«Pour tester notre équipement et notre façon de faire, s’il y a des ratés, on ne voulait pas que ça tombe sur une famille. Elles n’ont pas besoin de ça. Alors on organise un mini concert sous un format ludique, afin d’offrir en même temps un moment aux familles endeuillées.»

«C’est une occasion qui est propice au recueillement pour les gens qui ont perdu un proche, prendre un temps de réflexion. On va tester les capacités du système et faire connaître la qualité de la transmission pour ceux qui hésitaient à utiliser ce moyen-là pour commémorer la vie d’un être cher», ajoute David Emond

L’objectif est d’abord et avant tout d’offrir une alternative pour que les familles puissent commémorer le décès d’un proche. La coopérative n’est pas d’avis que ses cérémonies virtuelles remplaceront les journées de funérailles que l’on connaît.

«C’est en attendant la possibilité de rassemblements plus grands. D’ici là, on trouvait important de les mettre en action afin de cheminer au travers du deuil. On trouve des moyens pour se solidariser, pour garder le tissu social en attendant de pouvoir se rassembler.»

Un deuil à faire

La coopérative a donc innové, elle trouvait plus important d’accompagner les familles dans le deuil d’une différente manière plutôt que de tout reporter à plus tard.

«On nous répète de mettre le Québec en pause, mais le deuil on ne peut pas le mettre en pause. Les familles ont un cheminement à faire. Le deuil dure plus longtemps. Des funérailles, c’est prendre conscience que la personne est décédée, lui rendre hommage, ça nous sert à laisser aller, à lâcher prise», exprime David Emond.

Des rassemblements de 100 personnes dans un salon funéraire, M. Emond croit qu’il ne verra pas ça avant longtemps.

«Ça va peut-être prendre un an avant que ce soit possible. C’est une opportunité de se connecter avec les besoins réels des endeuillés, sortir un peu des recettes traditionnelles. Se concentrer sur ce à quoi servent réellement les funérailles. Il ne faut pas le perde de vue. Ces nouvelles idées… ce n’est pas juste de proposer des gadgets à la mode, il faut que ça soit utile au travail du deuil. On veut faire les choses pour la bonne raison, pour soutenir nos membres.»

L’équipe de la coopérative pense que ce qu’ils proposent peut répondre aux besoins de certaines familles, afin de leur permettre d’avancer, de commencer à tourner la page. Chaque histoire est différente, chaque personne réagit d’une manière différente à la perte d’un être cher.

«C’est très difficile, mais les gens ont une résilience insoupçonnée devant la situation. Déjà, un deuil est extrêmement difficile à vivre, cet empêchement de pouvoir sentir la chaleur humaine, ça ajoute un poids qui est très gros. On continue de proposer des solutions en fonction de l’évolution du déconfinement. On va reprendre le service au début juin avec des contraintes assez sévères. Il appartient à chaque famille de décider si ça leur convient.»

En plus de tout ce nouvel équipement de diffusion, la coopérative a mis sur pied un système de clavardage sur le site Web. Il permet de répondre à toutes les questions entourant la pandémie et les services funéraires. On retrouve aussi sur le site Web une panoplie de ressources en soutien au deuil, dont un guide de rituels.

Les partenaires, traiteurs et fleuristes, participent aussi au réconfort des familles endeuillées. «On a eu l’idée de s’inspirer d’une pratique des années 50-60. Quand quelqu’un décédait dans le village, les voisins se relayaient pendant la semaine pour aller porter des plats préparés pour sa famille. Via notre boutique en ligne, on a mis sur pied la capacité de faire livrer des plats ou des fleurs…»

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