L’Agglomération de Québec devra d'abord «déterminer les débits de crues» des rivières. Les premiers efforts seront mis sur les rivières Jaune, Nelson, Duberger et Lorette (photo), qui sont des affluents de la rivière Saint-Charles.

Vers de nouvelles zones inondables à Québec

La Ville de Québec révisera l’ensemble des débits de ses rivières et ouvre la porte à la création de nouvelles zones inondables sur son territoire. Un «plan d’action» imbriqué dans la version finale du Schéma d’aménagement et de développement (SAD), présentée mercredi.

Les travaux de révision débuteront «à court terme» et s’échelonneront sur les 10 prochaines années, a-t-on appris mercredi lors d’un huis clos technique sur le SAD à l’hôtel de ville. D’ici «cinq a dix ans», on espère «qu’on aura fait le tour des rivières» du territoire, a expliqué François Trudel, directeur à la Division de la planification stratégique du territoire à la Ville de Québec.

En fin de compte, «il va y avoir une mise à niveau de la réglementation de zonage, donc de nouvelles zones inondables, soit existantes, ou de nouvelles zones», a-t-il poursuivi.

Prévention

Le plan a notamment pour objectifs «d’améliorer la connaissance du risque d’inondation, de favoriser la prévention et d’assurer un meilleur suivi en cas de menace», peut-on lire dans le document du SAD. 

Pour y arriver, l’Agglomération de Québec, en collaboration avec la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), le gouvernement du Québec (trois ministères) ainsi que de l’expertise «externe», devra «déterminer les débits de crues» des rivières. 

Selon François Trudel, la priorité sera de s’attaquer au bassin versant de la rivière Saint-Charles. Les premiers efforts seront ainsi mis sur les rivières Jaune, Nelson, Duberger et Lorette, qui en sont des affluents.

Cinq ans

La Ville se donne cinq ans pour déterminer les débits, après quoi elle s’en donne cinq autres pour réviser les cotes de crue (récurrence 2 ans, 20 ans, 100 ans) et la cartographie des zones inondables.

Il n’est toutefois pas impossible que des décisions soient prises plus tôt, a laissé entendre M. Trudel. «Au fur et à mesure qu’il va y avoir de l’acquisition de connaissances, il va y avoir une mise à niveau en continu de la réglementation de zonage.»

Ce plan d’action s’ajoute à d’autres mesures récentes, prises afin de prémunir la ville de Québec et l’agglomération contre les inondations. En réaction au débordement soudain de la Saint-Charles dans le quartier Duberger–Les Saules, le 13 janvier, le maire Régis Labeaume s’était engagé, une semaine plus tard, à améliorer la surveillance des cours d’eau durant la saison froide. 

«On le fait normalement l’hiver, mais là on va le faire de façon plus régulière. On va aller surveiller toutes les rivières et tous les amas de glace au fur et à mesure pour faire de la prévention», avait-il dit.