Vérification faite: une échappée, un but automatique?

L’affirmation «T’es vraiment mauvais. Bravo, tu as fait perdre la partie à tout le pays.» Le capitaine de l’équipe canadienne au Championnat mondial de hockey junior, Maxime Comtois, a été la cible de virulentes attaques sur les réseaux sociaux après avoir échoué sur un tir de punition en prolongation contre la Finlande, mercredi — le Canada a ensuite perdu le match. Le message sous-entendu dans la plupart des cas est qu’on est en droit de s’attendre à ce qu’un lancer de punition soit converti, comme si le fait de marquer était la règle en pareille circonstance. Alors voyons voir.

Les faits

Depuis la saison 2005-2006, la LNH règle les matches nuls par des tirs de barrage. Techniquement, ceux-ci ne sont pas des «lancers de punition» (accordés pendant la partie quand une faute est commise sur un joueur en échappée), mais l’exercice est le même : on laisse le joueur seul contre le gardien, le temps d’un tir. Alors cela nous donne un échantillon de plusieurs milliers de lancers pour juger si c’est vraiment la norme de compter en pareilles circonstances.

Et la réponse est non. Sur 13 380 tirs de barrage pris depuis 2005-2006 dans la LNH, seulement 4420 ont été convertis, une proportion de 33 %.

Si l’on veut vraiment comparer des pommes avec des pommes et s’en tenir strictement aux lancers de punition, le portrait ne change pas. Depuis 2005-2006, 40 attaquants de la LNH se sont vus accorder au moins 4 tirs de punition, mais ils n’ont marqué que 27 % du temps : 63 buts en 233 occasions. Pourtant, la plupart des 40 hockeyeurs sur cette liste sont ou étaient d’excellents joueurs offensifs.

Le Verdict

Non, on ne peut pas vraiment s’attendre à ce qu’un lancer de punition donne automatiquement un but. Le taux de réussite, autour de 30 %, est nettement supérieur à celui des lancers «réguliers» (9 à 10 % en général), mais il reste que les gardiens ont le dessus deux fois plus souvent que les attaquants en échappée. La norme, ce serait donc plutôt ça.