Vérification faite

Vérification faite: les Québécois sont les plus taxés en Amérique

L’AFFIRMATION: «On entend souvent que les Québécois seraient les plus taxés. Mais si on considère toutes les formes de taxation en plus des impôts — TPS et TVQ, taxes municipales et scolaires, sans oublier l’essence et l’alcool —, est-ce que cela reste vrai ou est-ce que ça devient une fake news?» demande Daniel Guilbault, de Saint-Augustin-de-Desmaures.

LES FAITS

Cela dépend du point de comparaison que l’on adopte. Toutefois, c’est généralement «les plus taxés au Canada» ou «en Amérique du Nord» que l’on entend, et, de ce point de vue, l’affirmation est factuellement exacte. Chaque année, la Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke publie un Bilan de la fiscalité au Québec, qui additionne toutes les recettes fiscales collectées dans la Belle Province par tous les ordres de gouvernement, et ce tant auprès des particuliers que des entreprises.

Dans sa dernière mouture, ce bilan montre que 155,8 milliards $ ont été prélevés en taxes diverses et en impôts en 2017 au Québec, ce qui représente 37,3 % du produit intérieur brut (PIB, soit la «taille» de notre économie). Aucune autre province n’a une fiscalité totale aussi lourde (la moyenne du reste du Canada est de 32 %), bien que la Nouvelle-Écosse s’en approche (36,2 %).

Ailleurs en Amérique du Nord, les États-Unis (27,1 %) et le Mexique (16,2 %) sont loin derrière — ou «devant», cela dépend du point de vue. Notons que la fiscalité varie d’un État à l’autre chez l’Oncle Sam, mais même dans celui qui est généralement considéré comme le plus taxé, soit New York, les taxes et impôts représentent à peine 30 % du PIB.

J’ai trouvé seulement deux sources en désaccord avec l’idée que les Québécois sont les plus taxés en Amérique. La première est une «note» de l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS, idéologiquement très orienté), qui en 2013 faisait notamment valoir qu’au Québec les ménages à faibles revenus sont moins imposés qu’ailleurs. C’est vrai, mais cette note ne considérait que l’impôt sur le revenu et certaines cotisations, et pas les autres formes de taxation.

La seconde est un texte du professeur de comptabilité de l’UQAM Léo-Paul Lauzon, affirmant qu’il faut inclure les services étatiques dans ces calculs. Si les Américains paient moins d’impôts, plaide-t-il, c’est en partie parce que leur système de santé est privé, si bien qu’il faudrait donc inclure leurs primes d’assurance privée et leurs frais de soins pour comparer des «pommes avec des pommes».

Le point n’est pas sans mérite, car il est vrai que certaines «dépenses» sont inévitables — on ne choisit pas d’envoyer ou non son enfant à l’école, par exemple —, la seule question étant de savoir si l’argent est versé au public ou à une entreprise. Mais cet argument implique aussi d’étirer la notion de taxes jusqu’à parler d’«impôts privés», comme le fait M. Lauzon, alors que les impôts ont toujours été, par définition, des sommes versées au public. Si l’on s’en tient à la définition classique, le Québec est clairement l’endroit le plus taxé en Amérique.

Par contre, cela devient moins vrai quand on élargit la comparaison. Toujours d’après le Bilan de la CFFP, 14 États européens ont une «pression fiscale» plus forte que nous, allant de l’Allemagne (37,5 % du PIB) jusqu’au Danemark (46 %) et la France (46,2 %). Précisons toutefois à cet égard que le Québec demeure quand même plus taxé que la moyenne du G7 (35,7 %) et de l’OCDE (34,2 %).

LE VERDICT

Vrai, dans la mesure où on prend le Canada ou l’Amérique du Nord comme point de comparaison, comme c’est généralement le cas. Cependant, si l’on compare le poids des taxes au Québec à celui d’ensembles économiques comme l’OCDE ou le G7, alors non, nous ne sommes pas «les plus taxés» (même si on l’est plus que la moyenne).

Vérification faite

Vérification faite: a-t-on vraiment besoin de 52 000 chauffeurs de camion au Québec?

L'AFFIRMATION

«Il circule une information voulant que le Québec aurait besoin de 52 000 chauffeurs de camion d’ici 2020. Ce chiffre est assez énorme étant donné la taille du Québec. Il y aurait environ 80 000 camionneurs présentement, alors comment peut-on arriver à un chiffre de 52 000? L’Association du camionnage du Québec (ACQ) est parfois citée comme étant la source, mais je n’ai jamais trouvé l’original», demande Nicolas Choquette, de Saint-Félix-de-Kingsey (Centre-du-Québec). Le hasard faisant drôlement les choses, il se trouve que le maire de Québec Régis Labeaume a indiqué mardi que le principal frein au déneigement est «le manque de chauffeurs». Alors voyons voir.

LES FAITS

L’ACQ est bel et bien la source de cette statistique, confirme son porte-parole Axel Rioux. Il s’agit d’une estimation qui a été faite en 2015 et qui concernait les emplois qui seraient disponibles dans cette industrie sur un horizon de 5  ans — donc la date de 2020 est la bonne.

Cependant, a précisé M. Rioux dans un échange de courriels, le chiffre de 52 000 inclut «TOUS les métiers de l’industrie», et pas seulement les camionneurs. Cela inclut par exemple les mécaniciens, les manutentionnaires, les répartiteurs, etc. Mais ce sont tout de même les conducteurs qui sont, de loin, les plus nombreux. M. Rioux souligne par ailleurs que son organisation ne représente pas les chauffeurs qui travaillent dans le déneigement, qui sont regroupés dans une autre association — des «camionneurs artisans», celle-là. En outre, ce chiffre de 2015 était basé sur des données datant de 2012.

Il demeure tout de même que tout le secteur souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Dans un «diagnostic» publié lui aussi en 2015, le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du transport routier (CAMO-route) prévoyait plus de 22 000 embauches pour des conducteurs avec des permis de classe 1 pour les années 2016 et 2017 — donc un rythme d’environ 10 000 par année, ce qui n’est pas très différent des chiffres de l’ACQ. Signe que l’industrie peine à retenir ses travailleurs, la moitié de ces emplois disponibles s’expliquait par le «roulement de personnel» et 14 % par les retraites.

Pas étonnant, donc que 44 % des entreprises sondées pour ce «diagnostic» ont dit avoir éprouvé des difficultés de recrutement — c’était même 86 % de celles qui comptent plus de 100 employés. «Les postes qui semblent être les plus difficiles à combler sont les postes de conducteurs/conductrices ayant un permis de classe 1 ou un permis de classe 3», lit-on dans le document.

Le monde du camionnage ne se renouvelle pas bien non plus : les 45 à 64 ans représentent 52 à 56 % des conducteurs (cela varie un peu selon le type de marchandises transportées), contre 34 à 37 % pour les 26-44 ans.

Mentionnons pour finir que le CAMO-route travaille sur un nouveau «diagnostic» avec des données plus à jour. On verra si cela change le portrait, mais la pénurie ne semble pas sur le point de se résorber. Dernier signe en date : pas plus tard qu’en janvier dernier, l’Ontario Trucking Association a lancé un appel aux gouvernements pour permettre l’embauche de camionneurs étrangers.

LE VERDICT

Plutôt vrai. Le chiffre de 52 000 embauches sur cinq ans de l’ACQ n’inclut pas que les camionneurs, mais ceux-ci sont majoritaires dans le portrait et le rythme d’environ 10 000 camionneurs par année est cohérent avec le diagnostic le plus récent de l’industrie. En outre, il est manifeste que le secteur traverse une pénurie de main-d’œuvre.

+

DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d'un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n'aime pas les fausses nouvelles.

Vérification faite

Vérification faite: les déversements d’eaux usées n'ont pas d’impacts?

L’AFFIRMATION: Chaque fois qu’elle doit déverser des eaux usées directement dans le fleuve, la Ville de Québec a l’habitude de comparer les volumes rejetés au débit moyen du fleuve (12 millions de litres à la seconde) afin de montrer que cela ne peut pas avoir d’impact significatif. «Les citoyens n’en verront pas d’effet», lisait-on dans un communiqué du 15 février 2019 (125 millions de litres déversés); l’opération «n’aura pas d’incidence sur l’environnement ni sur la qualité du milieu», indiquait un communiqué du 10 décembre dernier (13 millions de litres); «il n’y a pas d’impact pour la faune ou la flore», assurait une porte-parole de la Ville en février 2018 (46 millions de litres). Alors voyons voir s’il n’y a vraiment «rien là».

LES FAITS

Quand on les considère un à un, on peut certainement avoir l’impression que ces déversements d’eaux usées n’ont pas ou très peu d’effet. Et il est vrai que si, par exemple, l’on déverse l’équivalent de 1 seconde du débit du fleuve en l’étalant sur 10 heures, comme la Ville de Québec l’a fait en décembre dernier, l’impact sur l’environnement devrait logiquement être minime, localisé et bien limité dans le temps.

Mais il y a deux éléments importants à considérer, ici, souligne Gilbert Cabana, professeur au département des sciences environnementales de l’UQTR qui mène justement des travaux sur l’écoulement des bassins versants et les écosystèmes aquatiques. D’abord, dit-il, «il est extrêmement difficile d’établir quel est l’effet d’un déversement d’eaux usées qui dure 24 ou 48 heures parce que, à part aux endroits où il peut y avoir des dépôts, ce n’est pas chronique et que ça part avec le courant. […] C’est comme si vous aviez un voisin qui faisait brûler quelque chose qui sent mauvais et que vous aviez peur que la fumée vous donne le cancer : s’il ne fait ça qu’une seule fois, ça va être très difficile de savoir si cela a eu un effet sur vous.»

Mais ensuite, et plus important, ces déversements ne sont pas isolés, loin de là : en 2017, on en a compté pas moins de 62 000 (planifiés ou non) au Québec, d’après les données les plus récentes du ministère de l’Environnement. Même si l’on accepte l’idée que leur impact individuel est minime, il demeure que chacun fait partie de ce qui est manifestement une «habitude» chez les municipalités du Québec. Celles-ci rejettent continuellement des eaux usées non traitées dans le fleuve et les rivières parce que leurs systèmes d’égouts et/ou de traitement des eaux sont vétustes, insuffisants ou mal conçus, dit M. Cabana.

L’impact à long terme de ces déversements chroniques est, lui aussi, très difficile à cerner. «On sait par exemple qu’il y a bien des cours d’eau, comme la rivière Saint-Charles à Québec, qui sont dégradés dans leur partie aval, mais les causes sont multiples : agricultures, industries dans certains cas, etc. Et il est fort possible que les surverses viennent ajouter au problème, mais séparer l’effet de tous ces facteurs est extrêmement ardu», dit M. Cabana.

En fait illustre le chercheur, les déversements sont à ce point la norme que ce qui fut pour ainsi dire la «mère de tous les flushgates», soit un déversement dans le fleuve de 5 milliards de litres par la Ville de Montréal en 2015, n’a eu presque aucun effet mesurable. «J’ai pris des mesures avant, pendant et après le déversement. Le meilleur traceur dans ce cas-là, c’était les coliformes fécaux. […] Dans la zone en aval de Montréal, il n’y a eu presque aucun changement, hormis un petit pic qui a duré quelques jours. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’effet, c’est simplement qu’on envoie ce genre de déversements-là dans le fleuve à chaque jour depuis des décennies.»

Bref, c’est le même principe que d’ajouter 100 cuillerées à table de sel dans la soupe : si on en remet une 101e par-dessus, personne ne verra la différence, mais cela ne signifiera pas que la soupe est bonne.

À l’occasion du flushgate de 2015, d’ailleurs, des experts de l’École polytechnique de Montréal et du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL) avaient mis en garde contre l’effet cumulatif de ces déversements sur l’environnement.

LE VERDICT

Pas clair. Considérés un par un, il n’est pas déraisonnable de penser que chacun de ces déversements n’a qu’un impact limité. Mais les experts ont des raisons de penser que ces déversements chroniques, lorsque pris tous ensemble, sont bel et bien nuisibles, bien que ce soit difficile à prouver.

+

DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Vérification faite

Vérification faite: interdit de boire jusqu’à deux heures après avoir conduit?

L’AFFIRMATION: «J’ai entendu parler à la radio d’un changement dans les lois concernant la conduite automobile et l’alcool. Il semblerait que la loi dit maintenant que l’on doit rester sobre durant deux heures APRÈS avoir conduit. Est-ce seulement une rumeur?» demande Denis Michaud, de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. On a vérifié.

LES FAITS

Il s’agit effectivement d’une «rumeur», mais elle a quand même un fond de vérité. Dans le Code criminel, l’article 320.14 interdit à quiconque de conduire lorsque ses facultés sont affaiblies par l’alcool ou la drogue, et son alinéa b) parle effectivement l’alcoolémie après la conduite. Il se lit comme suit : 

«sous réserve du paragraphe (5), [une personne commet une infraction si elle] a, dans les deux heures suivant le moment où il a cessé de conduire un moyen de transport, une alcoolémie égale ou supérieure à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang [ndlr : c’est le fameux 0,08]».

Dans des documents explicatifs de Justice Canada, on apprend qu’il s’agit d’une nouvelle disposition qui est entrée en vigueur en décembre dernier. Le but visé était d’empêcher ce que les milieux juridiques appelaient la «défense du dernier verre».

«Il arrivait que des gens soufflent à 85 ou 90 mg rendus au poste de police [donc après la conduite, ndlr], mais comme ils avaient bu un ou une couple de verres juste avant de prendre leur auto et que l’alcool prend du temps avant de passer dans le sang, la Couronne ne parvenait pas à prouver qu’ils dépassaient la limite au moment de la conduite», explique l’avocate de la défense Myralie Roussin, du cabinet de Québec Beaudry Roussin Avocats. Mais il est évident, admet Me Roussin, que «ce n’est pas logique de prendre un dernier verre juste avant de partir, ce n’est pas ça, l’esprit de la loi».

«Il n’était pas rare non plus que des gens qui avaient fait un accident viennent dire : «J’ai consommé de l’alcool après l’accident parce que j’étais stressé», et là la poursuite n’était pas capable démontrer qu’ils dépassaient la limite permise au moment où ils conduisaient», ajoute MRoussin.

C’est pour mettre un terme à ce genre de défense que le Code criminel a été changé.

Cependant, ce n’est pas là toute l’histoire : ce nouveau passage de la loi, comme on l’a remarqué, commence par «sous réserve du paragraphe 5». Alors qu’y a-t-il dans ce paragraphe 5? Ceci :

«Nul ne commet l’infraction prévue à l’alinéa [qui parle de la période de 2 heures] si, à la fois :

 a) il a consommé de l’alcool après avoir cessé de conduire le moyen de transport;

 b) il n’avait pas de raison de croire, au moment où il a cessé de conduire le moyen de transport, qu’il aurait à fournir un échantillon d’haleine ou de sang;

 c) sa consommation d’alcool concorde (...) avec une alcoolémie inférieure à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang lors de la conduite.»

Il faut vraiment que ces trois conditions soient réunies pour se soustraire à l’alinéa b), dit Me Roussin.

Mais cela signifie essentiellement que non, une personne qui boit modérément ou pas du tout lors un souper chez des amis n’a pas besoin, une fois revenue chez elle, d’attendre deux heures avant de se verser un généreux night cap (ou même deux). Cependant, quelqu’un qui ferait un accrochage proche de sa résidence et qui irait attendre les policiers chez lui en s’ouvrant une bière ne pourrait pas invoquer le paragraphe 5, parce que l’accrochage implique qu’un test d’haleine pourrait s’en venir. De même, si cette même personne avait un taux d’alcoolémie très élevé (disons 200 mg), le paragraphe 5 ne lui serait d’aucune aide parce que la bière ouverte après son retour à la maison ne peut pas expliquer à elle seule son taux de 0,200.

LE VERDICT

Faux. Il y a bien un passage du Code criminel qui parle de «deux heures suivant le moment où [l’on] a cessé de conduire», mais il n’interdit pas de boire une fois arrivé chez soi. Il vise surtout à éliminer la défense du dernier verre et un autre passage exclut explicitement les gens qui n’ont pas conduit en état d’ébriété et qui arrivent chez eux sans encombre.

Vérification faite

Vérification faite: pas moins de suicides qu’avant?

L'AFFIRMATION

«C’est faux de penser qu’il y a moins de suicides aujourd’hui au Québec», a indiqué cette semaine le groupe Zéro suicide au Québec (ZSQ) dans deux communiqués différents, en réaction à des articles de presse qui faisaient état d’une baisse. L’organisme fait valoir qu’à peu près autant de gens ont mis fin à leurs jours en 2016, soit 1046, qu’en 1981 (1047). Il cite également une étude récente de l’Université de Montréal suggérant que le nombre des suicides pourrait être sous-estimé par des marges allant jusqu’à 40 % dans certaines provinces canadiennes. Alors que s’achève la Semaine de prévention du suicide, voyons de quoi il retourne.

LES FAITS

Les chiffres mentionnés par ZSQ viennent du dernier rapport de la Santé publique sur le suicide et, vérification faite, ils sont exacts : le décompte brut des suicides est pratiquement le même pour les années 1981 et 2016.

Cependant cela manque de contexte. Ce n’est pas en 1981 que le nombre de suicides a atteint un sommet au Québec, mais bien en 1999 (avec 1620), et il a décru depuis. En outre, ces chiffres-là ne tiennent pas compte de l’augmentation de la population, qui a est passée de 6,5 millions d’habitants en 1981 à 8,2 millions en 2016. Quand on intègre ça au portrait, on obtient un taux qui a diminué de 17 décès par 100 000 habitants en 1981 (et même 22/100 000 hab. en 1999) à 12 par 100 000 en 2016.

ZSQ a par ailleurs raison, jusqu’à un certain point, de dire que le nombre de suicides est vraisemblablement sous-estimé. L’étude qu’il cite a été publiée récemment dans la revue médicale Injury Prevention (bit.ly/2DglBhn). Ses auteurs, menés par la chercheuse de l’UdeM Nathalie Auger, y signalent qu’il existe une catégorie statistique qui pourrait bien «cacher» un certain nombre de suicides, soit les «décès par traumatisme d’intention indéterminée», pour lesquels on n’est pas capable de dire s’il s’agissait d’un accident ou d’un geste volontaire. Cette étude-là, y lit-on, «n’a pas déterminé jusqu’à quel point des suicides sont mal classés», mais voulait simplement «sensibiliser» les communautés médicale et scientifique à ce problème.

Ses conclusions ont toutefois trouvé un appui dans une autre étude canadienne parue elle aussi dans Injury Prevention (bit.ly/2t8B7XU). En Ontario, conclut ce second article, le profil démographique de ces «intentions indéterminées» ressemble beaucoup à celui des suicides : hommes plus touchés que les femmes, taux qui atteignent des sommets aux mêmes tranches d’âge et risque accru par plusieurs facteurs communs (pauvreté, instabilité résidentielle, etc.). Il est donc plus que probable qu’il y ait, dans cette catégorie statistique, des suicides mal classés.

Le hic, cependant, c’est que ces «décès indéterminés» sont très rares et qu’il y en a moins au Québec que dans les autres provinces. Dans l’article de Mme Auger, cela représente 1 décès par 100 000 personnes ici contre deux à trois fois plus dans le reste du Canada. Comme ses données portent sur une période assez reculée (1991-2001), nous avons demandé des chiffres plus récents à la Santé publique. Résultat : au cours des 25 dernières années, ce type de mortalité est survenu au rythme de 0,5 à 1 par 100 000 hab. (à part deux «pics» de 1,3 et 1,4, au début des années 2000).

Bref, il est impossible que ces «décès indéterminés» aient 

dissimulé une hausse marquée des suicides au Québec ou qu’ils aient créé l’illusion d’une forte baisse qui serait, en réalité, fausse.

LE VERDICT

Bien que les chiffres soient exacts et que les intentions de Zéro suicide, qui regroupe des proches de gens s’étant enlevé la vie, soient manifestement au-dessus de tout reproche, ces statistiques manquent de contexte. On peut certainement déplorer, comme le fait ZSQ, qu’il y ait toujours trois personnes par jour qui commettent l’irréparable au Québec et que ce soit trois de trop. Mais il demeure clair que le suicide a reculé depuis 20 ans.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas à joindre l’Association québécoise de prévention du suicide au

1 866 APPELLE (277-3553).

+

DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Vérification faite

Vérification faite: les gens brillants aussi font des bêtises

L’AFFIRMATION

«J’ai lu quelque part que les “premiers de classe” sont plus vulnérables aux addictions que ceux qui ont des difficultés d’apprentissage? Et j’ai personnellement vu beaucoup de jeunes qui avaient tout pour réussir, des “bollés” comme on dit, mais qui sont tombés dans la consommation de drogues et qui ont détruit leur vie. Alors est-ce que c’est vrai?» demande Michel St-Amant, de Rawdon.

LES FAITS

«C’est une question qui a l’air très simple à première vue, mais en fait elle est très complexe», dit d’emblée Claude Rouillard, chercheur et spécialiste des dépendances à l’Université Laval. Les capacités mentales et les succès scolaires sont liés à une foule d’autres facteurs, notamment socio-économiques, qui vont à leur tour influencer les habitudes de consommation. Dans ce genre de cas, il est toujours très difficile de départager le rôle que chaque facteur joue individuellement.

Il y a tout de même quelques travaux qui s’y sont attaqués. Trois études britanniques (bit.ly/2GarwHN, bit.ly/2TlCkqa, bit.ly/2CQg40N) suivant des cohortes nées en 1946, 1958 et 1970 ont trouvé que les gens qui montraient de fortes capacités cognitives pendant l’enfance ou l’adolescence avaient ensuite plus de problèmes d’alcool à l’âge adulte — à 30 , 42 ou 53 ans, ces études ne faisaient pas leurs suivis aux mêmes âges. Une autre étude britannique a trouvé le même genre d’association entre le QI à 11 ans et l’usage de drogues illégales à 42 ans.

Vérification faite

Vérification faite: «Trois agressions sexuelles sur 1000»...

L'AFFIRMATION

«Les dernières données de Statistique Canada de 2014 indiquent seulement 5 % de signalements pour l’ensemble des agressions et 3 agressions sexuelles déclarées sur 1000 se solderaient par une condamnation», a indiqué Guy A. Lepage, lors de son émission «Tout le monde en parle» de dimanche dernier. M. Lepage recevait un groupe de députées des quatre principaux partis qui veulent mieux adapter le système de justice aux particularités des victimes de violences sexuelles.

LES FAITS

Ces données émanent effectivement de Statistique Canada, plus précisément de son Enquête sociale générale (ESG) qui comporte un volet sur la «victimisation». Il s’agit d’une sorte de gros sondage où plus de 30 000 personnes sont interviewées, et trois questions de l’ESG de 2014 portaient sur les agressions sexuelles subies au cours des 12 derniers mois. StatCan a constaté un taux d’agression sexuelle de 22 par 1000 personnes (nettement plus élevé pour les femmes : 37 par 1000), et l’agence fédérale a ensuite appliqué ce taux à la population canadienne afin d’estimer le nombre total d’agressions sexuelles 

survenues au Canada en 2014, soit environ 633 000. En comparant ce chiffre aux données policières et judiciaires, StatCan a effectivement conclu que seulement 1 agression sexuelle sur 20 a été signalée à la police et que 3 «agressions sexuelles déclarées» sur 1000 se terminent en condamnation.

Mais il y a quelques points à signaler, ici. D’abord, l’expression «agression sexuelle déclarée» est souvent comprise comme l’équivalent de «plainte à la police» — la députée péquiste Véronique Hivon l’a d’ailleurs présenté de cette manière en décembre dernier, mais c’est faux. On parle ici d’agression «déclarée» à Statistique Canada, pas à un service de police.

Ensuite, les questions posées ratissaient assez large, incluant toute personne ayant été «touché (e), empoigné (e), agrippé (e), embrassé (e) ou caressé (e) contre [son] gré» d’une manière sexuelle. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi puisque le sujet est sérieux et qu’il est important d’en mesurer tout le spectre de gravité. Mais il faut garder à l’esprit que cela inclut des cas où le terme «agression» ne convient peut-être pas vraiment.

D’ailleurs, quand StatCan a demandé aux victimes pourquoi elles n’avaient pas porté plainte, les réponses les plus fréquentes furent : «Le délit était anodin et ne valait pas la peine d’être signalé» (71 % des cas) et «affaire privée réglée de façon informelle» (67 %). Nous avons donc affaire à des chiffres qui regroupent plusieurs gestes différents sous le vocable agression.

Remarquez, cela ne diminue pas la gravité d’une bonne partie de ces comportements, cela n’implique pas que les contacts non désirés doivent être tolérés ou banalisés, et cela ne signifie pas davantage que la démarche des quatre députées pour adapter le système de justice est nécessairement sans fondement. Ainsi, même si l’on soustrait les 71 % de cas trop anodins pour faire l’objet d’une plainte, on reste quand même avec «3 agressions sur 290» qui se soldent par une condamnation — ce qui demeure a priori extrêmement bas.

Notons aussi que plusieurs des raisons de ne pas porter plainte données à l’ESG suggèrent une honte des victimes et une méfiance à l’égard de l’appareil judiciaire, comme «communiquer avec la police était embêtant» (45 %), «l’agresseur ne serait pas reconnu coupable ni puni de façon adéquate» (40 %) ou «avait peur du processus judiciaire» (34 %).

Mais même s’il est assez manifeste qu’un problème existe, les statistiques citées par M. Lepage en gonflent tout de même l’ampleur.

LE VERDICT

Pas faux à la base, mais exagéré. Près des trois quarts des «agressions» sexuelles qui ne sont pas signalées à la police ou qui ne se soldent pas par des condamnations sont jugées par les victimes elles-mêmes comme trop «anodines» pour être rapportées, ce que les chiffres cités à TLMEP ne disaient pas. Cela n’empêche toutefois pas que le système de justice puisse avoir un problème à accueillir les plaintes pour agressions sexuelles.

_____

DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d'un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n'aime pas les fausses nouvelles.

Sports

Vérification faite: la défense gagne les championnats?

L'AFFIRMATION

«L’attaque vend des billets. La défensive gagne des championnats», a déjà dit le légendaire entraîneur de football collégial Paul Bryant. La citation a été reprise un nombre incalculable de fois depuis, au point de devenir l’un des clichés les plus usés du monde du sport. Cependant, le week-end dernier, quatre des meilleures attaques de la NFL (1re, 2e, 5e et 8e en verges gagnées) se sont qualifiées pour les demi-finales, et aucune de ces équipes ne s’est illustrée en défensive cette année (entre les 14e et 31e rangs). Alors que les deux places pour le Super Bowl se jouent ce dimanche, voyons si c’était l’exception qui confirme la règle, ou si ce vieux dicton n’a juste jamais été vrai...

LES FAITS

Si c’est la défensive qui «gagne des championnats», alors c’est qu’elle confère un avantage particulier pendant les éliminatoires, et les meilleures unités défensives devraient donc être surreprésentées dans les finales de conférences (les deux demi-finales). À l’inverse, si l’attaque n’est pas un ingrédient aussi important du succès dans l’après-saison, alors les meilleures offensives ne devraient pas être très présentes en demi-finale — en tout cas, moins que les «grosses» défensives.

Mais ce n’est pas ce qu’on voit. Nous avons remonté jusqu’à la saison 2002 de la NFL (la première disputée dans le format actuel à 32 équipes) et avons identifié les quatre demi-finalistes de chaque année. Nous avons ensuite noté à quel rang l’attaque et la défense de chacune de ces équipes (en verges) s’étaient classées pendant la saison régulière précédente.

Résultat : de 2002 à 2018, le «carré d’as» de la NFL avait en moyenne le rang 10,2 en attaque et 11,1 en défense. Donc dans l’ensemble, ces équipes étaient à peu près équivalentes dans les deux phases du jeu — avec même un léger penchant pour l’attaque, et non pour la défensive.

C’est en droite ligne avec d’autres analyses du même genre (en plus poussé) qui ont été faites dans le passé. En 2015, par exemple, deux chercheurs américains ont fait paraître dans la revue Perceptual and Motor Skills une étude [https ://bit.ly/2MgIrtl] montrant que, tant au football qu’au basketball, les succès à l’attaque pendant la saison régulière prédisent aussi bien que la défensive les succès à venir en séries. De la même manière, en 2012, un économiste et un journaliste du site Freakonomics [https ://bit.ly/1dWmJAi] ont examiné la question sous plusieurs angles et ont eux aussi conclu que la défensive je joue pas un rôle plus déterminant que l’attaque en éliminatoires. Parmi les nombreuses statistiques qu’ils invoquent : sur 427 matches de séries disputés lors des 45 premières années du Super Bowl, la meilleure attaque l’a emporté 62 % du temps, contre 58 % pour la meilleure défensive, ce qui est très comparable (la somme fait plus que 100 % parce qu’il y a eu des parties où la même équipe était supérieure dans les deux phases du jeu).

Bref, le but du jeu est de finir le match avec plus de points que l’adversaire, et il ne fait pas de différence que l’on y parvienne en en marquant plus ou en en concédant moins.

Cela dit, il n’est pas impossible que cette parité entre l’attaque et la défensive soit moins vraie maintenant. Dans la première moitié de notre période, de 2002 à 2010, les demi-finalistes de la NFL possédaient environ la 12e meilleure attaque de la ligue en moyenne, et la 9e meilleure défensive. Mais la NFL a ajusté ses règles et leur application depuis de manière à favoriser l’attaque (en particulier par la passe). Si bien que depuis 2011, le carré d’as du football américain se classe en moyenne au rang 8,2 en attaque, mais seulement 13,3e rang en défensive.

C’est un gros écart, mais il faut dire ici que le sous-échantillon est assez petit, si bien que ce pourrait être simplement dû au hasard.

VERDICT

Pas vrai. Rien, dans l’histoire de la NFL, ne porte à croire que la défensive confère un avantage particulier dans les séries de championnats.

Vérification faite

Vérification faite: un mur «anti-drogue»?

L’AFFIRMATION: «Notre frontière sud est un pipeline pour de grandes quantités de drogues illicites, incluant la méthamphétamine, l’héroïne, la cocaïne et le fentanyl», a déclaré le président américain, Donald Trump, lors de son discours à la nation de mardi soir. M. Trump plaidait alors pour l’érection d’un mur à la frontière mexicaine afin de stopper l’entrée aux États-Unis de ce qu’il décrit comme un flot ininterrompu d’immigrants illégaux, de criminalité et de drogue. La réforme proposée par M. Trump inclut également d’autres mesures, comme l’ajout d’agents et de ressources à la frontière, mais il a décrit le mur comme «absolument critique pour la sécurité frontalière» et a indiqué que le mur se repayerait lui-même en réduisant les coûts sociaux liés à la drogue.

LES FAITS

Il ne fait aucun doute qu’une grande partie des drogues qui entrent aux États-Unis passent par la frontière mexicaine, comme M. Trump l’a dit. Il ne fait pas davantage de doute que les quantités impliquées sont impressionnantes : en date du 31 août dernier, l’Agence américaine de protection des douanes et des frontières (CBP) s’enlignait pour saisir un total (annualisé) de près de 600 tonnes de drogues diverses. Et c’est sans compter, bien sûr, les stupéfiants qui passent sans se faire prendre.

En termes de quantités, la principale drogue saisie par les services frontaliers américains est la marijuana. Les dernières données pour 2018 montrent que les patrouilles frontalières (chargées de la surveillance entre les postes frontières) en ont saisi environ 1,5 fois plus que les agents qui travaillent aux douanes elles-mêmes. De ce strict point de vue, M. Trump semble avoir raison.

Cependant, il y a de moins en moins de marijuana qui traverse la frontière mexicaine depuis quelques années, et la chute est très prononcée : près des deux tiers de moins (- 63 %) depuis 2013. Selon un rapport du Cato Institute, cela s’explique par la légalisation du cannabis dans plusieurs États américains, la production interne ayant remplacé le plus clair du trafic transfrontalier illégal.

Et pour les quatre stupéfiants nommés par le président américain lundi, c’est clairement plus par les routes et les postes frontaliers qu’ils entrent aux États-Unis, et non par les zones plus ou moins sauvages non surveillées où le mur serait construit. Toujours d’après le CPB, au 31 août dernier, les douaniers américains avaient saisi 7,5 fois plus de cocaïne que les patrouilles frontalières, 9 fois plus d’héroïne, 6,5 fois plus de méthamphétamine et 4 fois plus de fentanyl.

Cela concorde avec ce que disait en octobre dernier un rapport de la Drug Enforcement Administration (bit.ly/2KJlKNI, p. 99) : «La méthode la plus communément employée par ces [organisations criminelles transfrontalières mexicaines] implique de transporter les drogues illicites par les [points d’entrée officiels] dans des voitures ayant des compartiments cachés ou dans des camions-remorque, au milieu de marchandises légales.»

LE VERDICT

Déformant. L’idée qu’un mur nuirait au passage de la drogue n’est pas totalement dénuée de sens, puisque les trafiquants de cannabis (principal stupéfiant de cette contrebande, en poids) semblent souvent éviter les postes frontières. Mais les statistiques de saisies montrent que les autres drogues entrent très principalement par les douanes, ce qui signifie qu’un mur ne changerait pas grand-chose. Cependant, d’autres mesures proposées par M. Trump, comme l’embauche de nouveaux agents frontaliers, pourraient aider à cet égard.

Hockey

Vérification faite: une échappée, un but automatique?

L’affirmation «T’es vraiment mauvais. Bravo, tu as fait perdre la partie à tout le pays.» Le capitaine de l’équipe canadienne au Championnat mondial de hockey junior, Maxime Comtois, a été la cible de virulentes attaques sur les réseaux sociaux après avoir échoué sur un tir de punition en prolongation contre la Finlande, mercredi — le Canada a ensuite perdu le match. Le message sous-entendu dans la plupart des cas est qu’on est en droit de s’attendre à ce qu’un lancer de punition soit converti, comme si le fait de marquer était la règle en pareille circonstance. Alors voyons voir.

Les faits

Depuis la saison 2005-2006, la LNH règle les matches nuls par des tirs de barrage. Techniquement, ceux-ci ne sont pas des «lancers de punition» (accordés pendant la partie quand une faute est commise sur un joueur en échappée), mais l’exercice est le même : on laisse le joueur seul contre le gardien, le temps d’un tir. Alors cela nous donne un échantillon de plusieurs milliers de lancers pour juger si c’est vraiment la norme de compter en pareilles circonstances.

Et la réponse est non. Sur 13 380 tirs de barrage pris depuis 2005-2006 dans la LNH, seulement 4420 ont été convertis, une proportion de 33 %.

Si l’on veut vraiment comparer des pommes avec des pommes et s’en tenir strictement aux lancers de punition, le portrait ne change pas. Depuis 2005-2006, 40 attaquants de la LNH se sont vus accorder au moins 4 tirs de punition, mais ils n’ont marqué que 27 % du temps : 63 buts en 233 occasions. Pourtant, la plupart des 40 hockeyeurs sur cette liste sont ou étaient d’excellents joueurs offensifs.

Le Verdict

Non, on ne peut pas vraiment s’attendre à ce qu’un lancer de punition donne automatiquement un but. Le taux de réussite, autour de 30 %, est nettement supérieur à celui des lancers «réguliers» (9 à 10 % en général), mais il reste que les gardiens ont le dessus deux fois plus souvent que les attaquants en échappée. La norme, ce serait donc plutôt ça.