Le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), Guy Chevrette

Vérification de sécurité: les taxis pour la prise d'empreintes digitales

Les dirigeants de l'industrie québécoise du taxi sont prêts à faire un pas de plus: ils s'engagent à soumettre tous leurs chauffeurs à la prise d'empreintes digitales pour assurer la sécurité des passagers.
Cette suggestion est conditionnelle à ce que le gouvernement du Québec impose la même vérification de sécurité à tous les transporteurs de personnes, incluant les chauffeurs d'Uber, a indiqué le comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, par voie de communiqué. 
Selon le représentant de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, la prise des empreintes digitales des chauffeurs de taxi serait «le moyen le plus safe, pas trompeur du tout» d'exclure les criminels du transport de personnes au Québec. 
M. Chevrette cible, entre autres, les chauffeurs d'Uber, après que l'histoire de Sam (nom fictif) ait été révélée par Le Soleil il y a quelques jours. Le permis de taxi de Sam, un ancien chauffeur de Québec, a été révoqué en raison de son casier judiciaire. Le Soleil apprenait que ce même chauffeur a été recruté par la multinationale et son sous-traitant, qui n'auraient pas repéré les antécédents criminels de l'individu. 
Une situation comme celle-ci ne serait pas possible aujourd'hui, alors que les chauffeurs de taxi, pour posséder un permis valide, doivent ne pas avoir été reconnus coupables d'une infraction criminelle dans les cinq dernières années. Un policier doit signer un document pour l'attester. Ce document coûterait, d'après M. Chevrette, entre 100 $ et 150 $, ce qui représenterait une somme considérable. En revanche, il faut débourser 42 $ pour compléter la vérification de sécurité exigée par Uber. 
«Par rapport au protocole, c'est peut-être légal, mais par rapport à la sécurité des citoyens», ce ne l'est pas, a commenté M. Chevrette, inquiet que des passagers puissent embarquer à bord d'un véhicule conduit par un ancien criminel. 
Une mesure nécessaire
Cette prise de position de l'industrie du taxi s'inscrit dans sa volonté de voir la loi sur les services de transport par taxi être modernisée. «La sécurité des gens, ça mérite une contrainte. C'est nécessaire quand on modernise d'améliorer la situation, plus particulièrement sur une compagnie qui se fout des règles, des lois à travers le monde», a ajouté M. Chevrette. 
Dans les pages du Soleil de samedi, le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, Abdallah Homsy, a défendu que le cas de Sam était instructif à la lumière de l'exclusion de 8000 chauffeurs Uber à Boston. La semaine dernière, tous ces chauffeurs ont été exclus d'un coup après qu'une nouvelle vérification des antécédents judiciaires, exigée par l'État du Massachusetts, ait permis de déceler qu'une proportion élevée d'entre eux avait un casier judiciaire trop lourd pour rester à l'emploi d'Uber.
Ces révélations sont inquiétantes, estime Guy Chevrette. «On ne joue pas avec la sécurité du monde. Ce qui est arrivé à Boston, 8000 dossiers criminels, c'est grave en maudit», a-t-il souligné. «On va s'y soumettre nous autres aussi, mais il faut que les chauffeurs d'Uber le fasse aussi», a ajouté M. Chevrette au sujet de la vérification de sécurité par la prise d'empreintes digitales.