La Société québécoise du cannabis compte ouvrir un point de vente au 2491, chemin Sainte-Foy dès que le gouvernement fédéral rendra la marijuana légale, le 17 octobre.

Vente de cannabis près des campus: le Cégep de Sainte-Foy inquiet, l’UL tolère

L’ouverture d’un point de vente de la Société québécoise du cannabis (SQDC) à deux pas de son campus inquiète le Cégep de Sainte-Foy, tandis que l’Université Laval tolère la proximité du futur commerce.

«Plusieurs institutions scolaires sont dans le secteur qui a été choisi et ce choix génère certainement des inquiétudes», commente par écrit Claude Boutin, directrice des communications du Cégep de Sainte-Foy.

La direction du cégep se dit «préoccupée» par le choix de la SQDC, qui compte ouvrir un point de vente au 2491, chemin Sainte-Foy dès que le gouvernement fédéral rendra la marijuana légale, le 17 octobre.

La Fédération des cégeps, dont le Cégep de Sainte-Foy fait partie, avait recommandé au gouvernement qu’il soit interdit d’ouvrir des points de vente à proximité des cégeps et des universités. Une recommandation qui n’a pas été retenue l’hiver dernier par le gouvernement libéral. 

Sans mener la bataille de front, le Cégep de Sainte-Foy indique qu’il sera «attentif à la suite des événements sur ce dossier». 

Pour l’heure, la SQDC n’a pas l’intention de déménager son point de vente ailleurs, ce que réclame toutefois le ministre responsable de la Capitale-Nationale Sébastien Proulx depuis la semaine dernière. Sa collègue, la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois, ne voit toutefois pas de problème quant à ce choix d’emplacement. 

Des adultes

Contrairement au Cégep de Sainte-Foy, l’Université Laval n’accueille que des étudiants adultes, qui vivent un peu partout dans la grande région de Québec, explique la rectrice Sophie D’Amours. Si bien que peu importe la localisation précise de la succursale, des universitaires risquent de la croiser sur leur chemin. 

Mme D’Amours souhaite toutefois que ce débat se fasse en gardant la tête froide. À l’heure actuelle, obtenir du cannabis de réseaux maintenus par le crime organisé lorsqu’on est étudiant de l’Université Laval, «c’est moins long que de se rendre à la succursale», indique-t-elle. 

«Si c’est trop loin, les jeunes iront pas et il va continuer à avoir un réseau parallèle. Et si c’est trop proche, il y a des jeunes qui vont y avoir accès. Comme ils ont accès à de l’alcool et ne devraient pas», exprime-t-elle. 

Mme D’Amours indique qu’il y a actuellement «une réflexion qui se fait et elle est sérieuse». «J’ai confiance en la société du cannabis, j’ai confiance qu’ils vont trouver le meilleur équilibre.» 

Il n’a pas été possible mardi d’obtenir la réaction du directeur général du Cégep anglophone St. Lawrence, qui est aussi situé près de la future succursale de la SQDC.