Le projet d'écoquartier Nodélo devait voir le jour dans le nord de Charlesbourg.

Vallée Jeunesse, victime collatérale de l'abandon de Nodélo

Effet collatéral de la défection de Sébastien Leboeuf dans le projet d'écoquartier Nodélo à Charlesbourg, l'organisme Vallée Jeunesse a dû mettre une croix sur un projet de résidence pour jeunes en difficulté.
En 2013, le directeur général de Vallée Jeunesse, François Bélanger, avait eu l'heureuse surprise de se voir offrir une maison. Elle lui était proposée gratuitement par Katherine Bleeker, une résidente du secteur au nord de George-Muir. Le promoteur Sébastien Leboeuf y achetait les terrains un à un pour y construire l'écoquartier Nodélo. Mme Bleeker avait convenu d'une entente pour lui vendre le sien. Mais elle ne voulait pas que soit détruite la maison qui abritait auparavant une école et qu'elle avait soigneusement rénovée avec son défunt mari. Elle a donc choisi de la céder gracieusement à Vallée Jeunesse, qui devait la déménager et l'installer à Saint-Gabriel-de-Valcartier, rapportait à l'époque le Charlesbourg Express.
L'organisme planifiait y aménager une résidence d'accueil pour des jeunes dont les parents ont perdu la garde. Accompagnés d'intervenants, ils auraient pu développer leurs talents grâce à des ateliers de scolarisation et à des plateaux de travail.
Vallée Jeunesse aide en ce moment une vingtaine de jeunes et prévoyait doubler ce nombre grâce à la maison offerte.
Position inconfortable
Mais tout a basculé depuis quelques mois. Le promoteur a publiquement annoncé en mai qu'il abandonnait le projet Nodélo. Les terrains qu'il possédait n'ont pas encore été développés et seraient sur le point d'être vendus, avait-il affirmé au Soleil. 
Dans un court entretien téléphonique, Mme Bleeker a révélé lundi que la transaction pour la vente de son terrain n'a pas été complétée. Elle n'a donc pas obtenu l'entière compensation promise par le promoteur, même si elle est maintenant déménagée ailleurs avec ses trois enfants. Une situation qui la place dans une position inconfortable. 
«Elle voulait s'assurer d'avoir des garanties avant de céder cette maison-là. Alors elle l'a gardée en sa possession. Pour cette raison-là, on n'a pas procédé au déménagement de la maison», explique François Bélanger.
Les délais occasionnés par la défection du promoteur ont forcé Vallée Jeunesse à revoir ses plans. «Ça a retardé et ça a même anéanti le projet. [...] On a mis un X là-dessus.»
L'organisme a pensé trouver une autre solution, mais pour l'instant, rien ne s'est concrétisé. 
C'est bien dommage, affirme M. Bélanger, car cette résidence aurait répondu à une demande certaine. «On n'avait pas de jeunes sur une liste d'attente. Mais si on avait eu une maison habitable prête à déménager ici, c'est sûr qu'en un claquement de doigts, on aurait réussi à avoir assez de jeunes pour l'habiter.»
Joint par courriel mardi, le promoteur Sébastien Leboeuf a assuré que l'entente avec Mme Bleeker sera respectée, malgré les délais. «Les nouveaux acheteurs vont continuer l'entente que j'avais avec Mme Bleeker», soutient-il. 
Mais pour Vallée Jeunesse, ce sera trop tard. «On a mis une croix pour de bon», regrette François Bélanger.