Une centaine de militaires de la base de Valcartier ont été déployés au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, pour y installer un campement temporaire pour loger les migrants arrivant aux frontières du Québec.

Valcartier en renfort à la frontière

Des militaires de la base de Valcartier sont déployés dans le secteur de Saint-Bernard-de-Lacolle pour donner un coup de pouce aux autorités canadiennes aux prises avec un important afflux de demandeurs d'asile à la frontière en mettant sur pied un camp temporaire destiné à l'hébergement.
Celui-ci sera constitué de tentes afin d'abriter temporairement près de 500 demandeurs d'asile. La centaine de militaires, provenant tous de Valcartier, doteront aussi le camp de génératrices et de matériel pour assurer la prévention des incendies.
Ils ne joueront aucun rôle en matière de maintien de l'ordre et la plupart d'entre eux regagneront Québec dès que le camp temporaire sera fonctionnel.
Par contre, une faible proportion du personnel militaire demeurera sur place dans le but d'assurer l'entretien des équipements fournis par les Forces armées canadiennes. Le porte-parole, Daniel Le Bouthillier, signale que les soldats ont l'habitude de ce genre d'opération puisqu'ils sont par exemple récemment venus en aide aux sinistrés des inondations de ce printemps dans la région montréalaise, de Gatineau, en Mauricie et au Centre-du-Québec. 
Au total, environ 100 militaires participent à l'opération.
Selon le major Yves Desbiens, ils ne s'éterniseront vraiment pas sur place. «Une fois que le camp sera prêt, [...] la plupart d'entre eux vont retourner dans leur base. [Par contre], quelques éléments vont rester ici pour assurer la maintenance de l'équipement militaire», a-t-il expliqué.
Il a pris le soin d'ajouter que les soldats ne se substitueront pas éventuellement aux policiers.
Des militaires canadiens assemblent des tentes pour accueillir les demandeurs d'asile qui affluent à la frontière, à Lacolle, mercredi.
Conditions rudimentaires­
Patrick Lefort, directeur général régional de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), faisait état plus tôt mercredi d'installations «suffisantes dans des conditions de confort minimal».
Selon ce responsable, environ 200 personnes sont amenées au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle chaque jour. M. Lefort a indiqué aux médias, à Montréal, qu'environ 700 demandeurs d'asile se trouvaient actuellement sur les lieux, et que les agents de l'ASFC étaient en mesure d'«ajourner plusieurs centaines de cas chaque jour».
Ces gens tentent de traverser la frontière entre les points d'entrée qui sont sous l'autorité de l'Agence des services frontaliers. La GRC procède à leur arrestation, pour ensuite les amener à Saint-Bernard-de-Lacolle.
M. Lefort a décrit des conditions pour le moins rudimentaires, sans douche ou lit, pour ces gens demeurant de deux à trois jours dans les installations utilisées par l'ASFC. Il a indiqué qu'il y a des «chaises et des bancs» et que les gens ont accès à des salles de bains, de l'eau et des couvertures.
Pour le traitement des dossiers, M. Lefort a indiqué qu'il y avait eu un appel de ressources additionnelles d'un peu partout au pays.
Quant au maire de Saint-Bernard-de-Lacolle, Robert Duteau, il ne semble pas tellement se formaliser de ce soudain déploiement de militaires sur le territoire de sa municipalité.
«Il y a de l'espace pour les recevoir. Ce n'est pas un problème. C'est sûr que ça fait beaucoup d'action, mais, dans l'ensemble, moi, ça ne me dérange pas», a-t-il soutenu lors d'une brève entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.
Les militaires de Valcartier ne joueront aucun rôle en matière de maintien de l'ordre et la plupart d'entre eux regagneront Québec dès que le camp temporaire sera fonctionnel.
Le Royal Victoria mis à contribution
Un nouveau lieu d'hébergement pour les demandeurs d'asile pouvant accueillir de 300 à 320 personnes vient d'ouvrir à l'hôpital Royal Victoria, et d'autres endroits d'accueil sont évalués, notamment en Montérégie et sur la couronne nord de Montréal.
Cet endroit d'accueil s'ajoute à l'édifice des Soeurs de la providence, dans le quartier Ahunstic-Cartierville, ainsi qu'au Stade olympique, où plus de 700 personnes sont accueillies, mais qui devra être libéré à la mi-septembre pour les activités courantes de l'établissement.
Jacques Leroux, sous-ministre adjoint au ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec, a affirmé que le gouvernement du Québec, «en lien quotidien avec des représentants du gouvernement fédéral et de la Ville de Montréal», s'assure que les services requis sont offerts aux demandeurs d'asile dans l'attente du traitement de leur dossier.
Francine Dupuis, présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, a affirmé que les intervenants veulent s'assurer que les hébergements, «quoique temporaires, ne soient pas traumatisants».
Mme Dupuis a indiqué que 2620 personnes sont actuellement hébergées, et qu'il y a eu, mardi, 211 arrivées additionnelles de demandeurs d'asile et 174 «départs» - de gens qui sont hébergés par la famille, qui ont obtenu un logement permanent ou qui ne sollicitent plus d'aide pour d'autres raisons.  Avec La Presse canadienne