Un incendie majeur survenu à Gatineau dans la nuit du 29 au 30 décembre a mis six personnes à la rue.

Vague de froid, vague d'incendies

Le sac de hockey de Jérôme Lambert a été très sollicité durant le temps des Fêtes. À l’intérieur, il a mis des couvertures pour réchauffer les adultes, des toutous pour réconforter les enfants et des produits d’hygiène pour remplacer ceux qui ont été bousillés par la fumée.

Bénévole pour la Croix-Rouge à Québec, M. Lambert porte assistance aux sinistrés quand un incendie frappe leurs logis. Son téléavertisseur a vibré comme jamais depuis une dizaine de jours, alors que les brasiers se multipliaient dans la capitale.

«Ç’a été une période des Fêtes très intense pour la Croix-Rouge», dit-il. «C’est la première année où on a autant d’interventions.»

Jérôme Lambert, bénévole pour la Croix-Rouge à Québec

Québec n’est pas une exception. La Croix-Rouge a assisté quelque 350 sinistrés dans la province en décembre, dont près de la moitié entre Noël et le Jour de l’an.

D’expérience, les bénévoles de l’organisme savent qu’ils reçoivent plus d’appels durant les Fêtes ou quand une vague de froid polaire se pointe. Cette année, les deux ont été réunis. Et ils n’ont pas chômé. 

C’était effectivement prévisible. Selon la plus récente compilation du ministère de la Sécurité publique — basée sur les incendies de 2014 — près de 30 % des incendies recensés dans la province ont lieu en décembre, janvier et février, les trois mois les plus froids de l’année. 

La pointe est atteinte en janvier, mois le plus glacial d’entre tous, avec une moyenne de près de 16 incendies par jour au Québec. Ces brasiers sont également ceux où les pertes matérielles «sont nettement plus élevées», indique le rapport du ministère. 

Les risques d'incendie

Chaque année, les services de protection de l’incendie de différentes villes avertissent leurs citoyens des dangers liés au temps froid. L’utilisation accrue des appareils de chauffages d’appoint et du poêle à bois augmente notamment les risques d’incendie.

Le temps des Fêtes, avec ses sapins sur le bord du calorifère, ses lumières de Noël qui surchargent le circuit électrique, ses chandelles oubliées et ses feux de cuisson, augmente aussi le nombre de brasiers. 

Résultat, à 30 degrés sous zéro, les bénévoles de la Croix-Rouge sont sortis par pour s’occuper des sinistrés, pendant que les pompiers éteignaient les brasiers. 

À Québec, le Réseau de transport de la capitale (RTC) a mis comme d’habitude à la disposition de la Croix-Rouge un autobus pour abriter les sinistrés, où les bénévoles peuvent prendre soin d’eux au chaud. 

Durant les 72 heures suivant l’incendie, l’organisme s’occupe de loger les sinistrés, de les nourrir et de les vêtir, le temps qu’ils soient hébergés par leur famille, leurs amis, ou que leurs compagnies d’assurance prennent le relais.

«Notre but, c’est de venir réconforter, apporter un peu de chaleur et d’humanité aux sinistrés», dit Jérôme Lambert.

D’où l’utilité du sac de hockey. Sur les lieux de l’incendie, les bénévoles de la Croix-Rouge en apportent chacun un. 

Les couvertures et les produits d’hygiène sont appréciés des évacués, qui assistent impuissants à l’embrasement de leur logis. Les toutous servent surtout aux enfants. Mais parfois, note M. Lambert, les adultes aussi en ont besoin.