En raison de la forte demande chez les Américains, eux aussi frappés par des températures frissonnantes, la société d’État était en bonne position pour réaliser des profits importants.

Vague de froid: «assurément payant» pour Hydro-Québec

Si bien des visages se crispent au contact de cette vague de froid polaire qui persiste, chez Hydro-Québec, on s’enthousiasme des revenus engrangés par les exportations d’électricité. Car il n’y a pas que les Québécois qui grelotent, les Américains aussi.

Les employés du parquet d’Hydro-Québec, où se transige l’électricité disponible à l’exportation, s’activaient ces derniers jours à capitaliser sur cet interminable coup de froid. En raison de la forte demande chez les Américains, eux aussi frappés par des températures frissonnantes, la société d’État était en bonne position pour réaliser des profits.

Par exemple, le prix d’un mégawatt/heure tournait autour de 55 $ en Nouvelle-Angleterre pour la majeure partie du mois de décembre. Lorsque la vague de froid a débuté, au lendemain de Noël, le mégawatt/heure s’y vendait 150 $. «C’est assurément payant», a expliqué Lynn Saint-Laurent, porte-parole d’Hydro Québec. 

À l’instar de la bourse, les employés d’Hydro-Québec s’affairent à dénicher les meilleures transactions d’heure en heure. L’énergie transigée est achetée par des réseaux de distribution, qui refilent ensuite la facture à leurs clients. Près de la moitié de ces exportations à court terme, dites «spot», se font en Nouvelle-Angleterre. 

Une vague de froid peut même influencer le marché pour un certain temps. «Quand il y a du froid comme ça et une hausse de prix, ça va aussi venir influencer les prix établis pour les prochains mois. Si on veut prendre une option sur le mois de janvier ou février, les tarifs [de ces mois] vont être à la hausse», a précisé Mme Saint-Laurent. Les exportations «spot» sont donc «hyper rentables» pour Hydro-Québec. 

L’année 2017 sera vraisemblablement un record pour Hydro-Québec du côté des exportations, a ajouté sa porte-parole, avec une projection établie à 34 térawatts. C’est deux de plus qu’en 2016. Hydro-Québec incombe une partie de ces résultats à l’ouverture en octobre de la centrale Romaine-3, sur la Côte-Nord.

Toujours question de maximiser les exportations, Hydro-Québec plaide pour l’ajout de lignes de transmission. Elle lorgne notamment des contrats à long terme avec le Massachusetts, apprenait-on cet été. 

Importations 

L’exportation d’électricité est régie par Hydro-Québec Production. Du côté d’Hydro-Québec Distribution, une période de froid polaire vient évidemment créer un stress sur la demande. 

Pour la présente vague au Québec, les pics de consommation ont atteint en moyenne entre 36 000 et 37 000 MW. «La plus grosse pointe qu’on a eue était le jeudi 28 décembre, autour de 38 400 MW», a fait savoir Lynn Saint-Laurent. Hydro-Québec, qui doit prioriser le Québec et ses contrats fermes avec l’État de New York, du Vermont, ainsi qu’en Ontario, a dû réaliser des importations les 29, 30 et 31 décembre. Des importations qui sont évidemment coûteuses elles aussi sur les marchés. Cependant, a assuré Mme Saint-Laurent, Hydro-Québec a exporté davantage au cours de la présente vague de froid qu’elle n’a importé.

La vague de froid tire par ailleurs à sa fin. Environnement Canada a levé mardi son avertissement de froid extrême. Le mercure devrait augmenter progressivement mercredi et jeudi, avant de replonger vers -17 °C vendredi.

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TRAVAUX DE RÉFECTION EN HIVER

Quelques pâtés de maison (150 clients) du quartier Saint-Sacrement se retrouveront sans électricité jeudi ou vendredi, entre 9h et 16h. Le quadrilatère touché est délimité par l’avenue Holland, la Grande Allée, le boulevard René-Lévesque et l’avenue Torhnill. Québec prévoit des travaux de réfection de câbles, une opération relativement complexe et que la société d’État juge nécessaire même en saison froide. La porte-parole Lynn Saint-Laurent a indiqué que cette interruption planifiée n’aura pas lieu si la température ne le permet pas. Si le mercure plonge sous les -15 °C, l’opération sera reportée. «Quand il fait en bas de -10, il y a une évaluation qui est faite», a-t-elle spécifié. La décision quant aux travaux de jeudi sera prise mercredi. Une interruption est aussi prévue dans le secteur de la rue de l’Estran, à Saint-Nicolas, jeudi. L’état de la situation est constamment mis à jour dans la section Info-Pannes du site Web d’Hydro-Québec.