La liste prioritaire proposée par les autorités fédérales contient les personnes âgées, les travailleurs du système de soins de santé, les travailleurs des services essentiels, et les membres de communautés plus vulnérables, comme les Autochtones.
La liste prioritaire proposée par les autorités fédérales contient les personnes âgées, les travailleurs du système de soins de santé, les travailleurs des services essentiels, et les membres de communautés plus vulnérables, comme les Autochtones.

Vaccins: 6 millions de doses ne suffiront pas pour la liste prioritaire d'Ottawa

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Six millions de doses de vaccins, assurées entre janvier et mars, ne suffiront pas pour couvrir la liste prioritaire établie par Ottawa. Celle-ci devra donc être amincie.

C’est ce que Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, a déclaré à la Conférence canadienne sur l’immunisation 2020, mercredi.

Chaque province et chaque territoire aura à décider qui sera vacciné en premier contre la COVID-19 sur son territoire, mais le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a dressé un guide pour établir cette liste prioritaire.

Six millions de doses, c’est trois millions de Canadiens vaccinés, à deux doses par personne. La liste proposée par le CCNI contient les personnes âgées, les travailleurs du système de soins de santé, les travailleurs des services essentiels, et les membres de communautés plus vulnérables, comme les Autochtones.

«Nous devons avoir de longues discussions, en détail, pas seulement avec le CCNI, mais aussi avec les provinces et les territoires», a dit Dre Tam, en soulignant que les groupes de la liste prioritaire représentent plus de trois millions de Canadiens.

«Alors, nous devons préciser davantage ces groupes prioritaires pour savoir comment exactement nous déploierons la livraison des vaccins», a-t-elle ajouté.

Cette admission de Dre Tam risque de fournir de nouvelles munitions à l’opposition qui critique sans relâche le plan de distribution des vaccins du gouvernement Trudeau.

Mercredi, durant la période de questions aux Communes, le premier ministre a été, une fois de plus, bombardé de questions à ce sujet, l’opposition se concentrant sur les mêmes munitions : la disponibilité des vaccins.

«Côté vaccins, les Canadiens sont couverts», a assuré, sur tous les tons, Justin Trudeau, citant même, dans l’une de ses réponses, le travail fait sur «la liste prioritaire».

De son côté, Santé Canada a publié un communiqué pour calmer la grogne soulevée par l’annonce d’une vaccination, dès lundi, au Royaume-Uni, grâce au vaccin Pfizer/BioNTech. «L’examen indépendant de ce vaccin par Santé Canada est en cours et devrait être terminé prochainement», promet le ministère fédéral.

700 000 Québécois vaccinés ou 700 000 doses de vaccins au Québec?

Il a été impossible de confirmer, à Ottawa, si le chiffre avancé par François Legault mardi faisait référence au nombre de personnes ou au nombre de doses de vaccins.

Les premières doses attendues par le gouvernement fédéral, au premier trimestre de 2021, sont celles de Pfizer et de Moderna, deux vaccins qui sont administrés en deux doses. C’est pourquoi les six millions de doses au total se traduisent par trois millions de vaccinés, d’où la nécessité d’amincir la liste prioritaire.

À Québec, mercredi, le bureau du premier ministre Legault maintenait que ce serait 700 000 personnes vaccinées.

Prix politique

Le chef bloquiste est convaincu que Justin Trudeau «a gravement failli à ses obligations les plus fondamentales de protéger ses citoyens», qu’il y aura un «prix politique à payer», et que Québécois et Canadiens seront furieux de voir les citoyens d’autres pays se faire vacciner pendant qu’ici, on attend encore.

Jeudi, les conservateurs utiliseront leur journée d’opposition aux Communes pour réclamer, avant le 16 décembre, un plan détaillé de distribution des vaccins au Canada.

La motion que le parti d’Erin O’Toole soumet au débat et au vote réclame, entre autres, «la date à laquelle chaque type de vaccin commencera à être déployé au Canada».

De leur côté, les néo-démocrates croient que la solution réside dans le développement de la capacité du Canada de fabriquer au pays les vaccins nécessaires.

Le gouvernement libéral a déjà annoncé des investissements pour faciliter la production locale, tout en soulignant que pour cette pandémie-ci, il est trop tard.

Au Nouveau Parti démocratique (NPD), on estime plutôt qu’il faut une société d’État pour produire vaccins et médicaments au Canada. «Cette solution va mieux nous préparer à de futures crises sanitaires et à une grave pénurie de médicaments», selon le chef du NPD, Jagmeet Singh.