Seulement quelques années après le début des programmes de vaccination, le VPH et certaines de ses conséquences (les condylomes et les cellules précancéreuses du col de l’utérus) sont en fort recul chez les jeunes filles et même chez les garçons.

Vaccin contre le VPH: des résultats très encourageants

La mise sur pied de programmes de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) a suscité bien des controverses partout dans le monde depuis la première autorisation d’un vaccin, en 2007, mais il semble bien que le jeu en valait la chandelle, d’après des travaux du Centre de recherche du CHU de Québec et de l’Université Laval.

Seulement quelques années après le début de ces programmes, le VPH et certaines de ses conséquences (les condylomes et les cellules précancéreuses du col de l’utérus) sont en fort recul chez les jeunes filles (et même les garçons) des pays concernés, lit-on dans une étude parue mercredi soir sur le site de la revue médicale britannique The Lancet.

Dirigé par Mélanie Drolet et Marc Brisson, l’article a réuni les données de 65 études (un exercice nommé méta-analyse, en jargon statistique) menées dans 14 pays développés qui ont mis en place des programmes de vaccination contre le VPH. Il s’agissait d’une mise à jour d’une autre étude de la sorte que le même groupe de recherche avait fait paraître en 2015.

En comparant la chiffres sur l’infection au VPH avant et après le début de la vaccination, les auteurs ont constaté que les souches 16 et 18 du virus (les plus dangereuses, causant 70 % des cancers cervicaux) ont reculé de pas moins de 83 % chez les adolescentes de 13 à 19 ans, et de 66 % chez les jeunes femmes de 20-24 ans. Les condylomes ont chuté de 67 et 54 % chez ces groupes d’âge, et les cellules précancéreuses du col utérin, de 51 et 31 %, respectivement.

Recul du virus

Fait à noter et qui donne un intérêt supplémentaire à ces résultats, dans les pays où la couverture vaccinale fut bonne (plus de 50 %), les chercheurs ont également remarqué un recul du virus chez les jeunes hommes et adolescents, de même que chez les femmes de 25 à 29 ans, qui n’avaient pas reçu le vaccin. Il s’agirait-là d’un «effet d’immunité de groupe», analysent Mme Drolet et ses collègues : comme une bonne partie de ces cohortes sont immunisées au VPH, celui-ci est généralement moins en circulation, si bien que même les groupes non-protégés l’attrapent moins.

«La vaccination contre le VPH est encore trop récente pour qu’on puisse mesurer directement ses effets sur ce cancer puisque celui-ci peut prendre des décennies à se développer, a indiqué Mme Drolet, première auteure de l’étude, dans un communiqué. Par contre, nos analyses montrent que la vaccination réduit substantiellement le nombre d’infections et de lésions précancéreuses causées par le VPH. Ces réductions sont un premier signe que la vaccination pourrait éventuellement mener à l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique. Nous tentons maintenant de préciser à quel moment l’élimination pourrait être atteinte et les caractéristiques des programmes de vaccination et de dépistage qui permettraient d'y arriver plus rapidement.»