Carl Desharnais, du Service des projets industriels et de la valorisation, a présenté une séance technique d’information en marge de la présentation détaillée du budget.

Usine de Biométhanisation: la Ville assure le contrôle des coûts

Avec 124 millions $ d’investissements sur trois ans, la construction du centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec est le plus gros projet municipal mené parallèlement au démarrage du réseau structurant de transport en commun. Contrairement aux dépassements de coûts observés dans d’autres villes en province, Québec assure garder le contrôle des dépenses.

Depuis le temps qu’on en parle, les travaux d’érection de l’équipement de gestion des matières résiduelles débuteront en 2019. L’usine, faut-il le rappeler, servira au traitement annuel de 86 600 tonnes de résidus alimentaires et de 96 000 tonnes de boues municipales, provenant des deux stations de traitement des eaux usées du territoire.

Une fois traitées, ces matières putrescibles deviendront des fertilisants (digestat) et du gaz naturel renouvelable (biométhane). La Ville souhaite pouvoir vendre le premier produit aux agriculteurs et aux particuliers et le second à des industries voisines de l’usine. Par exemple, on souhaite pouvoir fournir l’énergie qui servira à chauffer le futur mégahôpital de l’Enfant-Jésus.

«Notre mode de gestion de projet nous permet de contrôler les coûts. Nous sommes même actuellement 1 % sous le budget prévu», explique Carl Desharnais du Service des projets industriels et de la valorisation à l’occasion d’une séance technique d’information en marge de la présentation détaillée du budget.

Plus tôt, le maire de Québec avait aussi tenu à dire que le projet progressait bien. «Il y a des scénarios catastrophes que nous ne vivons pas. Ailleurs, on est dans les PPP —projets publics-privés— ça a l’air que c’est miraculeux», ironise le maire. La gestion du projet d’usine est calquée sur celle de l’amphithéâtre dont le budget avait été respecté, se félicite chaque fois M. Labeaume.

L’usine, financée à 60 % par les gouvernements provincial et fédéral, doit être complétée au 31 décembre 2022. À cette date, il ne sera plus permis d’enfouir ou d’incinérer les matières organiques, d’où l’obligation de se doter d’un tel équipement.

Participation nécessaire

Le projet ne vaut rien si les citoyens ne participent pas. À ce sujet, la conseillère responsable de l’Environnement, Suzanne Verreault, souligne que la Ville a plus de trois ans pour sensibiliser les résidents à récupérer les «restes de table» et autres matières organiques. 

Après quelques années, on espère une participation de 70 % des citoyens, soit le même taux que celui atteint avec la récupération des matières recyclables.

M. Desharnais mentionne qu’il reste un aspect important du projet à déterminer, soit la technologie qui permettra le traitement des sacs et le choix des sacs qui serviront à récupérer les résidus alimentaires.

«La collecte des résidus se fait dans les mêmes camions que les ordures. Il faut donc faire le bon choix de sac, par exemple pour qu’ils résistent au compactage hydraulique. Une fois à l’usine, il faut savoir quelle technologie sera retenue pour faire le tri des sacs.» Comme pour le recyclage, les sacs seront fournis par la Ville.