Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation

«Urgent» d'ouvrir un centre de prévention de la radicalisation à Québec

Avec la visibilité accrue des groupes d'extrême droite cette semaine à Québec, le directeur du Centre de prévention de la radicalisation (CPRMV) juge désormais «urgent» d'aménager officiellement un bureau dans la capitale, et ce, quoi qu'en pense le maire Régis Labeaume.
«On a des appels qui entrent. Les gens nous demandent du soutien. C'est certain que dans les prochaines semaines, on va afficher des emplois», affirme le directeur général de l'organisation, Herman Deparice-Okomba. 
Le Centre a ouvert ses portes à Montréal il y a près de deux ans grâce au financement de la Ville de Montréal et du ministère de la Sécurité publique qui ont chacun investi 1 million $. Ce printemps, M. Deparice-Okomba avait déjà manifesté son intention d'ouvrir une antenne à Québec évoquant notamment la hausse d'appels à la suite de l'attentat survenu en janvier à la grande mosquée de Québec. Mais le maire Régis Labeaume a immédiatement fermé la porte à cette idée, déclarant que la ville «n'a pas besoin de cela». 
Mais M. Deparice-Okomba réplique ne pas avoir reçu une fin de non-recevoir. De toute façon, dit-il, le CPRMV n'a pas besoin de l'aval de la municipalité. «J'ai la capacité indépendante de mettre des bureaux sur pied où j'estime que c'est nécessaire. Et dans le cas de la Ville de Québec, c'est une urgence», répète-t-il. 
Déjà, deux employés du Centre travaillent à temps plein dans la capitale tandis que plusieurs autres font la navette entre les deux villes. «Mais ça nous coûte cher déplacer des gens et les héberger, fait valoir le directeur général. Il faut officialiser un endroit», poursuit celui qui estime également nécessaire avoir du personnel connaissant le milieu puisque les interventions sont d'ordre psychosociale et de formation. 
Groupes anti-immigration
Herman Deparice-Okomba estime que la visibilité accrue des groupes s'affichant ouvertement dans la capitale comme anti-immigration notamment en posant des banderoles aux quatre coins de la ville alors qu'une vague importante de demandeurs d'asile est entrée au Québec depuis deux semaines confirme «qu'on a un problème avec l'extrême droite». 
Il fait nul doute dans sa tête qu'il faut intervenir. Ceci dit, le directeur du CPRMV ne veut pas non alerter la population. «Je ne veux pas dire que ça va mal, simplement qu'on a des besoins», précise-t-il.