La professeure Pampa Dey, originaire de l’Inde, a développé une expertise sur le comportement dynamique des ponts en aluminium.

Université Laval: une nouvelle professeure en génie au parcours remarquable

Pampa Dey a entendu «le métier d’ingénieur, c’est difficile et c’est pour les garçons» pendant toute la durée de son parcours scolaire. Les filles de son entourage avaient terminé l’école dès l’âge de 18 ans pour se marier et fonder une famille.

Mme Dey, elle, a choisi de poursuivre ses études en génie civil jusqu’au doctorat. Elle aimait la science et elle était naturellement douée. 

«C’était ma culture. On grandit avec la mentalité que les femmes ne peuvent pas devenir scientifiques. Je voulais prouver le contraire. Les choses changent, je le vois et c’est génial. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire», exprime-t-elle en entrevue avec Le Soleil.

Originaire de l’Inde, son sujet d’étude l’a fait venir en Ontario, à l’Université de Waterloo, pour réaliser son doctorat. Elle y a développé une expertise sur le comportement dynamique des ponts en aluminium en réaction aux activités anthropiques. Ses recherches portent plus précisément sur la conception de structures en aluminium. Elle confirme : rares sont les personnes qui maîtrisent ce sujet d’étude comme elle le fait.

«L’endroit ou la langue ne m’importait pas. L’endroit ne te donnera pas le savoir, ce sont les ressources qui sont disponibles qui sont importantes. Le sujet et l’environnement de travail étaient idéaux pour moi, c’est pour ça que j’ai choisi le Canada. Il n’y avait pas de limites.»

Âgée aujourd’hui de 31 ans, Mme Dey a grandi dans le village de Ranibandh. Elle a fait son baccalauréat à l’Université de Jadavpur à Calcutta et sa maîtrise en génie civil à l’Institut de technologie de Kanpur en Inde. 

«Quand tu aimes ce que tu fais, les autres facteurs ne devraient pas te déranger. J’ai déménagé beaucoup pour les études, et chaque fois, ça en valait la peine, de recommencer à apprendre une nouvelle langue ou rencontrer de nouvelles personnes.»

Premier emploi

Tout juste après la fin d’une année de recherches postdoctorales à l’Université de Waterloo, Mme Dey a commencé à regarder les emplois. Son plus grand souhait était d’enseigner, de transmettre ses connaissances.

«J’ai toujours su que je voulais enseigner, transmettre mon savoir. Je savais que si j’entrais dans l’industrie, ce n’était pas pour être seulement une professionnelle du sujet. Je veux être un modèle pour les femmes qui aspirent à devenir ingénieures. Je veux montrer que tu peux le faire si tu le veux vraiment.»

L’Université Laval a été le premier endroit où elle a déposé son CV. La voilà titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur la conception en structures durables en aluminium. En plus de poursuivre ses recherches, elle sera professeure d’un tout nouveau cours. Mme Dey commencera à enseigner dès l’hiver prochain. Cette nouvelle chaire a pour objectif principal de former la relève d’experts en conception et en construction de structures de génie civil en aluminium par des méthodes d’apprentissage adaptées à la pratique. 

Ce nouveau cours bonifiera de manière significative la formation des ingénieurs de l’Université Laval. 

«C’était parfait pour moi. Exactement ce que je voulais, et ça fonctionnait avec mes connaissances. Je sais qu’il y a un défi avec la langue. Si je peux apprendre l’anglais, je peux aussi apprendre le français. J’ai surmonté beaucoup d’obstacles dans mon parcours, je suis prête à surmonter celui-ci.»

Mme Dey a commencé ses recherches en 2018. Après un an à Québec, elle parle déjà un peu français et peut dire que c’est la plus belle ville dans laquelle elle a eu la chance de demeurer. Après l’hiver prochain, elle espère être en mesure d’offrir son cours en anglais comme en français.