Pour Thierry Lefebvre et Patrick Provost, la nouvelle tribune offerte aux universitaires «va certainement contribuer à lutter contre la désinformation en partageant la meilleure science au grand public. Le but est de renseigner, développer l’esprit critique.»
Pour Thierry Lefebvre et Patrick Provost, la nouvelle tribune offerte aux universitaires «va certainement contribuer à lutter contre la désinformation en partageant la meilleure science au grand public. Le but est de renseigner, développer l’esprit critique.»

Universitaires à la défense de l’information de qualité

Chaque samedi, Le Soleil et d’autres journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) offrent une tribune à un nouveau regroupement : Des Universitaires. Un groupe qui, sous l’impulsion de Patrick Provost et Thierry Lefèvre de l’Université Laval, se rassemble afin de prendre davantage la parole publiquement sur des enjeux qui touchent la société, au premier chef la crise climatique. Plus de 325 universitaires provenant de 16 des 19 universités québécoises, dont les 17 facultés de l’Université Laval, y sont représentés.

Q Pourquoi décider de vous regrouper comme une seule communauté avec Des Universitaires?

R Parce que les universitaires ont beaucoup en commun, et à partager. Ils sont hautement qualifiés dans leur champ d’expertise. Ils ont énormément de connaissances, ils œuvrent pour le bien commun et sont rémunérés par l’État. Ils sont dépourvus de conflits d’intérêts et ce sont des acteurs uniques dans la société. Ils ne demandent qu’à faire profiter leur communauté de leur savoir. Aussi parce que l’union fait la force, c’est ensemble qu’on réussit à s’encourager et à se motiver pour faire des tâches souvent peu reconnues. 

Q Estimez-vous que les chercheurs ne prennent pas assez la parole sur la place publique, dans les médias généralistes?

R Certains le font, mais la plupart ne le font pas. Il y en a qui sont à l’aise avec les médias, ils font des travaux très pertinents aux enjeux d’actualité et qui intéressent le grand public. Pour les chercheurs qui ne vont pas naturellement vers les médias, on peut parler d’un manque de temps. Communiquer avec les médias implique une surcharge de travail. On peut parler aussi d’un manque d’intérêt, ça ne les intéresse pas. Aussi, un manque de reconnaissance de la part des institutions... Bien que les profs d’université, une de leur tache est la participation externe, ce n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. Ils vont décider de prioriser les tâches pour lesquelles ils ont une reconnaissance.

Les universitaires publient leurs résultats dans des revues spécialisées. Ces articles-là ne sont pas accessibles, il y a des centaines d’études publiées chaque jour. Une des missions de notre regroupement est de faciliter la diffusion des connaissances reliées à nos enjeux d’intérêt. Notre tâche est de vulgariser les études scientifiques.

Q Pensez-vous être une bonne arme contre la désinformation?

R La désinformation est un véritable fléau, elle sème la confusion et interfère avec la mobilisation. On va certainement contribuer à lutter contre la désinformation en partageant la meilleure science au grand public. Le but est de renseigner, développer l’esprit critique. Réaliser que les gens ne sont pas à l’affût de la désinformation, qu’ils ont de la difficulté à différencier le vrai du faux, c’est ce qui est inquiétant. On voudrait justement remercier Le Soleil et la Coop de l’information pour la tribune qui nous est offerte.

Q Avez-vous un objectif de regrouper ces lettres dans une publication? 

R Oui! Il s’agit de la collection Des Universitaires, publiée sur une base annuelle. Avec cette collection, on aimerait établir une collaboration avec les écoles secondaires du Québec. Pour rejoindre les élèves de sciences de secondaire 4, on aimerait contribuer a leur éveil, à leur sensibilité à la connaissance scientifique. Les élèves de ce niveau ont la maturité nécessaire pour comprendre les enjeux, la science vulgarisée. C’est aussi à ce moment que les élèves doivent faire des choix de carrière.

La connaissance va nous sortir du pétrin dans lequel on se dirige. Il faut continuer de financer la recherche et accumuler de nouvelles connaissances pour prendre de meilleures décisions, pour mieux appuyer les décisions des dirigeants pour s’assurer qu’on va dans la bonne direction. On fonce dans le mur, on voit le mur, mais c’est comme si on est habitués de courir, alors on continue, ça implique un gros changement de société, changer notre mode de vie, sortir de notre zone de confort, changer nos habitudes parce quelles ne sont pas durables. Le plus grand défi est entre nos deux oreilles.

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