Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Une voiture comme une arme chargée

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
En tentant de se suicider en voiture, avec sa femme et sa fille à bord, Réjean Chabot a agi presque «comme un agresseur qui utilise une arme chargée» tranche le juge Gilles Charest, qui impose une peine de 12 mois à l’homme coupable de conduite dangereuse causant des lésions.

Le 2 avril 2016, par un beau samedi ensoleillé, Réjean Chabot accompagne sa conjointe à la banque. La dame conduit et la fillette de Chabot, âgée de huit ans, est assise à l’arrière.

Le couple se dispute violemment. La circulation est dense sur l’autoroute Henri-IV. 

La dame annonce qu’elle va laisser Réjean Chabot dès leur retour. À la hauteur de l’autoroute Charest, Chabot crie qu’il va se tuer et amener ses passagères avec lui. Il empoigne le volant et fait bifurquer la voiture dans la voie de droite.

La Jetta conduite par un octogénaire est violemment percutée. Le conducteur âgé subira plusieurs fractures au dos et doit encore aujourd’hui prendre des médicaments contre la douleur.

Au procès, Réjean Chabot a tenté de mettre la responsabilité de l’accident sur son ex-conjointe, disant qu’elle avait eu une fausse manœuvre à cause d’un état d’intoxication. Le juge n’a pas cru ses explications.

Proposition insuffisante

La défense demandait une peine discontinue de 90 jours, plaidant que Chabot avait déjà commencé à suivre une thérapie pour guérir son impulsivité. Le juge Gilles Charest considère cette suggestion nettement insuffisante vu la manœuvre délibérée. «On a quelqu’un qui se sert d’un véhicule automobile dont il prend le contrôle pour régler ses problèmes conjugaux au mépris de la vie humaine», souligne le juge.

Même la suggestion de peine de la Couronne de neuf mois n’envoyait pas un message suffisamment dissuasif aux autres conducteurs. Le juge Charest la rehausse et impose donc une peine de 12 mois à Réjean Chabot, 55 ans. Le permis de conduire du délinquant sera révoqué pour deux ans à l’échéance de sa peine.