Des étudiants de l'Université Laval ont tenu une vigile, mercredi, pour démontrer la solidarité de la communauté étudiante de Québec aux Kenyans.

Une vigile pour les victimes de Garissa

Presque autant de personnes qu'il y a eu de victimes lors de l'attaque terroriste à l'Université de Garissa, au Kenya, se sont rassemblées mercredi soir à l'Université Laval, pour rendre hommage à leurs confrères d'outre-mer.
Au moins 148 personnes sont mortes, le 2 avril, lors d'une violente attaque survenue sur le campus de Garissa, ville située au nord-est de la capitale Nairobi. Un attentat revendiqué par le groupe islamiste somalien Al-Shabbaab, qui n'en était pas à son premier massacre au Kenya.
Indignés par une frappe «dans un lieu de savoir» et «contre la jeunesse», des étudiants de l'Université Laval ont décidé de démontrer la solidarité de la communauté étudiante de Québec aux Kenyans. 
Une vigile a donc été tenue mercredi soir, six jours après l'attaque, à laquelle environ 150 personnes de diverses origines et confessions religieuses ont participé silencieusement. 
Les images de cet événement seront retransmises sur deux chaînes de télévision kenyanes, soit Citizen TV et NTV. Celui qui les a captées, Stany Naobonimpa, est arrivé au Québec il y a sept mois, depuis le Kenya. Originaire du Burundi, il y vivait depuis trois ans avec sa famille, dans la région de Nairobi.
Grande inquiétude
L'étudiant en économie politique a pris contact avec les deux stations de télé, qui ont accepté de retransmettre les images. Le jeune homme voulait participer à sa façon au deuil que doivent vivre les familles des victimes.
Lui-même connaît des gens fréquentant l'Université de Garissa. Jusqu'à maintenant, il n'a reçu aucune mauvaise nouvelle de ses camarades. «Il y a des amis, des connaissances aussi, qui étudient là ou qui travaillent là-bas, a-t-il expliqué. Jusqu'à présent non, [je ne connais pas de victimes]. Mais c'est encore flou. Il y a du monde qu'on n'arrive pas à trouver encore.»
Lorsqu'il a été mis au courant de l'attaque, M. Naobonimpa a tout de suite pensé au groupe Al-Shabbaab. «On est un peu habitués à ce genre d'attaques. Mais de s'en prendre à une université, c'est incompréhensible [...] C'est pas facile de comprendre que des gens s'attaquent à des étudiants, à des jeunes comme nous», a-t-il déploré.
En contact avec sa famille, toujours à Nairobi, l'étudiant admet que l'inquiétude est grande au pays, notamment parce que le groupe terroriste a affirmé après l'attentat qu'il ne s'agissait que d'un début.