Une seule femme candidate pour le parti de Maxime Bernier dans la région de Québec [VIDÉO]

La parité homme-femme, dans la liste de ses candidats et dans la formation de son gouvernement, ne sera en aucun cas une priorité pour le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier. Parmi les neuf candidats de la région de Québec aux élections fédérales de cet automne présentés mardi matin, une seule femme a été choisie par le PPC.

«On ne fixera pas de quotas pour la parité. On prend les candidats qui sont intéressés par les valeurs du parti, peu importe leur sexe et leur origine. […] On va juger les personnes sur leurs compétences. Certaines femmes ont d’autres priorités. Venir en politique, c’est quand même tout un sacrifice», a affirmé Maxime Bernier, qui n’a pas souhaité préciser ce qu’il entendait par «les autres priorités des femmes».

«Avoir un gouvernement équilibré avec des ministres hommes et femmes comme le fait M. Trudeau, ça ne sera pas prioritaire», a-t-il poursuivi.

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La candidate dans Beauport-Limoilou Alicia Bédard ne se sent pas isolée parmi tous ces hommes. «Ça ne me dérange pas. Au contraire, je suis flattée de ça. Je pense qu’on a une belle diversité», a-t-elle confié. «L’important, ce sont les compétences», a-t-elle poursuivi.

Mme Bédard a toujours été passionnée par la politique. Bachelière en relations industrielles, elle a grandi à Beauport. Elle fera face entre autres au député sortant, le conservateur Alupa Clarke.

Candidat vedette

Parmi les candidats de la région, on trouve deux figures connues : l’ancien syndicaliste Ken Peirera, parachuté dans Portneuf–Jacques-Cartier, et Daniel Brisson, ancien candidat à la mairie de Québec, qui se présente dans la circonscription Louis-Hébert. 

Pour M. Bernier, envoyer son candidat vedette dans Portneuf même s’il ne vient pas de là est une bonne chose parce que la circonscription est «fertile» pour son parti. «L’idée d’avoir un candidat qui est proche des gens, qui va dire les vraies choses, je pense que les gens de Portneuf vont l’apprécier.»

De son côté, M. Pereira a choisi le Parti populaire du Canada pour promouvoir la famille. «Les gens m’associent au mouvement syndical. La base du mouvement syndical, c’est la famille. À Portneuf, il y a beaucoup de familles. […] Il n’y a pas d’autre option en ce moment au Québec et au Canada pour faire avancer la famille. Les conservateurs ne sont pas là pour pousser le système au maximum. Maxime [Bernier] est comme moi. Il a pris un risque alors qu’il avait une stabilité et qu’il aurait pu devenir l’homme de confiance des conservateurs au Québec.»

«Certaines femmes ont d’autres priorités. Venir en politique, c’est quand même tout un sacrifice», a expliqué Maxime Bernier qui présentait ses candidats, mardi.

Affinités avec la région

Maxime Bernier n’a pas choisi Québec par hasard pour présenter ses premiers candidats. Il estime que son parti a des «affinités» avec la région et qu’il fera des gains. «Les valeurs de liberté, de responsabilité individuelle, d’équité et de respect sont très populaires dans la région. […] Je crois qu’on est capable de faire une belle percée dans la région de Québec. […] Dans le passé, la région de Québec a voté conservateur. Nous sommes le vrai parti conservateur», a-t-il expliqué.

M. Bernier croit avoir de bonnes chances de percer dans la région. Selon lui, son parti a des idées qui se rapprochent de la CAQ, comme l’immigration.

«On veut avoir moins d’immigrants, mais on veut avoir des gens qui s’intègrent bien à la société canadienne et régler le problème qui se passe aux frontières du Québec et des États-Unis avec les migrants illégaux», a-t-il fait valoir.

Maxime Bernier a également profité de sa présence à Québec pour réaffirmer l’abolition du financement fédéral pour le tramway. «Ce n’est pas le rôle du gouvernement de financer des projets de nature locale. C’est injuste de forcer les Québécois à payer des taxes et des impôts au fédéral et d’utiliser cet argent-là pour financer des projets en Colombie-Britannique et vice-versa. Si le Québec veut un tramway, ça sera au gouvernement du Québec de le payer», a-t-il justifié. 

M. Bernier prévoit de supprimer le programme d’infrastructure au Canada, ce qui veut dire que le troisième lien ne sera pas non plus financé par son gouvernement. «Bâtir des routes de nature locale, c’est une responsabilité provinciale», a-t-il soutenu.

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LES CANDIDATS

  • Jean-Claude Parent: (Beauport–Côte-de-Beaupré–L’Île-d’Orléans–Charlevoix): Travailleur autonome, il œuvre dans le commerce de détail depuis 1997.
  • Marc Johnston: (Bellechasse-Les Etchemins-Lévis): détenteur d’un baccalauréat en science économique, il possède plus de 20 ans d’expérience dans le domaine des services financiers.
  • Joey Pronovost: (Charlesbourg–Haute-Saint-Charles): diplômé en génie industriel, il travaille dans le domaine de l’assurance depuis 2012 et a lancé son propre bureau de courtage en 2018.
  • Marc Fontaine: (Lévis-Lotbinière): il fait carrière dans le domaine du transport ferroviaire et poursuit parallèlement depuis 2016 des certificats en management, en entrepreneuriat et en droit à l’Université Laval.
  • Guillaume Labonté (Louis-Saint-Laurent): diplômé en informatique de gestion, il œuvre dans les secteurs publics et privés depuis 15 ans. Il a été impliqué à trois reprises dans les campagnes d’Éric Caire dans La Peltrie.
  • Bruno Dabiré (Québec): originaire du Burkina Faso, il vit à Québec depuis son arrivée au Canada en 2013. Il est conseiller en vérification fiscale à l’Agence du Revenu du Québec depuis 2015.
  • Éric Hébert (Gaspésie–Les îles-de-la-Madeleine): il possède un doctorat en ressources minérales. Selon le PPC, M. Hébert est bien placé pour comprendre les enjeux économiques concernant les ressources et l’environnement.

Le Parti populaire du Canada  espère présenter au moins 225 candidats au pays d’ici fin mai et un candidat dans chacune des 338 circonscriptions fédérales d’ici le 1er juillet.  

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VOTE LIBRE SUR L'AVORTEMENT

Au sud de la frontière, l’Alabama vient de voter la loi la plus sévère en ce qui concerne le droit à l’avortement. Au Canada, le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier ne souhaite pas forcément rouvrir le débat, mais un député pro-vie de son parti aura le droit de déposer un projet de loi privé.

«Je n’interférai pas en tant que chef pour empêcher le dépôt d’un projet de loi privé. Ça se peut si vous avez un gouvernement du parti populaire qu’il y ait un débat sur l’avortement et ça sera un vote libre», a-t-il mentionné.

M. Bernier a refusé par contre de dévoiler sa position sur le sujet. «Je déciderai en temps et lieu si un député dépose un projet de loi sur l’avortement. Je pourrais voter pour ou contre ce projet de loi.»