Le maire de Québec, Régis Labeaume, a présenté lundi la composition du comité directeur pour le projet de tramway.

Une seconde pétition contre le tracé du tramway

Après les citoyens du boulevard Pie-XII, ce sont ceux du quartier Saint-Yves qui sont inquiets de l’implantation du tramway. Une pétition de 222 noms réclame le maintien d’une partie du «petit boulevard Laurier» et du zonage résidentiel, quitte à modifier le tracé proposé.

La pétition a été déposée lundi soir lors du conseil municipal. Les signataires résident principalement sur les artères situées entre le parc Saint-Yves et l’avenue des Gouverneurs, au sud du boulevard Laurier. Dans le document remis à la Ville, ils disent craindre les effets de la disparition du «petit boulevard Laurier» et de son terre-plein, qui les séparent du boulevard Laurier, où passera le tramway. 

Ils évoquent le risque d’une hausse significative de la circulation de transit dans les rues résidentielles du secteur qui connecteraient dorénavant directement sur le boulevard Laurier. 

Les pétitionnaires s’inquiètent aussi d’une possible densification qui ne respecterait pas le «bâti et le couvert boisé».

Au début novembre, un groupe de citoyens de Sainte-Foy a déposé une pétition de 180 noms, demandant à l’administration Labeaume de changer le tracé du tramway prévu dans l’emprise d’Hydro-Québec qui donne sur les cours arrière de résidences du boulevard Pie-XII. Ces derniers craignent le bruit excessif et une perte d’intimité et de la valeur de leur résidence.

Lors du dépôt de cette première pétition, Régis Labeaume avait dit vouloir aller à la rencontre des citoyens craintifs pour leur faire des propositions et expliquer le choix du tracé. C’est d’ailleurs la réponse qu’il a servie, lundi, à un citoyen de Montcalm, venu au conseil demander une rencontre citoyenne sur les impacts du tramway dans le quartier.

Un nouveau comité

Ces dossiers seront sûrement traités par le comité directeur dévoilé plus tôt en journée, lundi. «Ils devront superviser et orienter les travaux du bureau de projet, tout en s’assurant que les plans, le budget et l’échéancier sont respectés», a expliqué le maire de retour d’un voyage économique de 10 jours en France.

Sa création complète la structure de gouvernance pour l’implantation du réseau structurant de transport en commun. La participation d’experts indépendants de divers horizons permettra de «challenger» le bureau de projet, soutient M. Labeaume

Des 13 membres du comité, six sont considérés comme des experts externes. Parmi eux, on retrouve Yvon Charest, qui était jusqu’à tout récemment, président et chef de la direction de l’Industrielle Alliance. Les neuf autres membres sont du personnel de la Ville et du gouvernement du Québec, partenaire financier au projet.

Alain Legault, ancien directeur général de la Ville de Québec, préside le comité directeur. «C’est une structure de gouvernance éprouvée et efficace, en y associant des gens avec diverses expertises», soutient-il.

Contenu canadien

La semaine dernière, l’annonce de VIA Rail d’octroyer à Siemens plutôt qu’à Bombardier un contrat de renouvellement des trains dans le corridor Québec-Windsor a fait réagir.

Questionné sur l’importance de contenu canadien dans l’octroi des contrats à venir, le maire Labeaume dit qu’il suivra l’entente signée avec le gouvernement du Québec. «Le contenu canadien, c’est 25 %. On va respecter la règle, après on verra. Ce qui importe est que ça soit bien construit et que ça fonctionne pour des décennies. Le critère de base est que le prix soit compétitif, sinon on va y aller avec les autres», a-t-il lancé, avouant qu’il s’agit là de questions délicates.

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L’OPPOSITION VEUT PARTICIPER AU CHOIX DES PROJETS DU PROGRAMME TRIENNAL D'IMMOBILISATIONS

L’opposition veut voir les citoyens et les élus prendre les commandes du programme triennal d’immobilisations de la Ville. Pour cela, elle propose des consultations citoyennes prébudgétaires et que les présidents des arrondissements participent au choix des projets retenus. 

Les deux membres de Québec 21, Jean-François Gosselin et Stevens Melançon, Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec, et Raymond Dion, nouvellement indépendant, font front commun pour demander une réforme du processus décisionnel, menant à l’adoption du programme triennal d’immobilisations (PTI).

La première demande concerne la création d’un comité PTI. MM. Melançon et Dion, eux-mêmes présidents de leur arrondissement respectif, considèrent qu’ils sont «mis à l’écart» des décisions. Selon eux, le choix de tel ou tel projet émanerait trop souvent des directions des services plutôt que des élus.

Plus encore, les deux hommes se questionnent à savoir si certains projets ne seraient pas abandonnés parce que les citoyens de leur district n’ont pas «voté du bon bord». 

M. Dion prend en exemple un projet de transformation d’une pataugeoire en jeu d’eau au parc de l’Orme qui a mystérieusement disparu du dernier PTI après son départ d’Équipe Labeaume. «C’est odieux de faire ça. J’en appelle à son sens du devoir», lance-t-il, sans pouvoir prouver hors de tout doute ce qu’il allègue. «Ce qu’on propose, c’est justement pour éliminer les apparences et la partisanerie, a nuancé M. Gosselin, chef de l’opposition officielle.

Pour sa part, M. Rousseau aimerait pouvoir travailler en collégialité, au-delà des divergences de partis, comme il a pu observer dans d’autres villes, et prioriser lui-même les projets qui concernent directement son district.

Les quatre hommes souhaitent aussi que les citoyens soient directement consultés en ligne et en public. «Ça rapprocherait les citoyens du processus décisionnel de faire l’inventaire des projets à réaliser pour la communauté», conclut M. Melançon.

Un avis de proposition a été déposé en ce sens au conseil municipal de lundi.

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672 000 $ POUR L'ENTREPRENEURIAT

La Ville de Québec a présenté lundi 15 lauréats, formant la quatrième cohorte d’entreprises qui ont reçu une aide financière pour le démarrage de projets innovants. «L’argent soutient des projets d’entreprises privées et d’économie sociale de moins de cinq ans d’existence», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume. Pour chaque dollar investi, au minimum deux autres proviennent d’investisseurs privés. «Ça nous permet de rester à Québec», lance sans détour Rémy Beaumont, vice-président de Moonshot Santé, qui développe un système de surveillance de l’état de santé des personnes âgées vivant seules. Les investisseurs privés nous demandent quel est l’intérêt de rester à Québec. On leur répond que la Ville nous apporte de l’aide», ajoute-t-il. Le montant total d’investissements des 15 projets s’élève à 2159 000 $. La vice-première ministre et ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, était présente pour l’annonce. L’argent provient du fonds d’investissement de 76 millions $ de la Capitale-Nationale. 

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«RÉGRESSION DE LA DÉMOCRATIE»

Le conseil de Démocratie Québec, Jean Rousseau, considère que la décision de la Ville de Québec de ne plus publier ses avis publics dans les journaux est une «régression de la démocratie». Selon lui, cela restreint l’accès à l’information. «Les gens doivent savoir ce qui les touche. Les gens âgés ne sont pas tous sur Internet», fait-il savoir. Plus tôt, en journée, le maire de Québec a affirmé «qu’il ne connaissait personne qui lisait les avis publics dans les journaux». La Ville justifie sa décision pour réduire les délais d’entrée en vigueur des règlements et réduire les coûts de publication évalués à 150 000 $ par an. Pour s’informer des consultations publiques, de l’adoption de nouveaux règlements, des demandes de dérogations aux normes de construction et autres, les citoyens doivent maintenant visiter le site Web de la Ville de Québec.

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UNE MISSION ÉCONOMIQUE POSITIVE

Le maire de Québec s’est dit satisfait de sa mission économique de 10 jours effectuée en France. «On a rencontré une trentaine d’entreprises et on revient avec trois contrats en poche», s’est-il félicité. Ces contrats sont la confirmation que trois entreprises des villes de Bordeaux, Avignon et Rennes s’établiront à Québec. Des annonces seront faites au cours de la prochaine année. L’une d’elles implantera même un laboratoire dans la capitale. Régis Labeaume n’a pas dévoilé le nom des entreprises ou le domaine d’activité dans lequel elles œuvrent.