Lors d'une plongée en Australie

Une Québécoise dans les fonds marins de six continents [VIDÉO]

La plongeuse québécoise Sarah Gauthier revient d’une aventure de cinq mois pendant laquelle elle a réalisé une centaine de plongées sur six continents et 10 pays. Pendant cette épopée, elle a été marquée par la beauté du monde sous-marin, mais aussi par la pollution.

Sous l’eau, la plongeuse a découvert un autre monde. «Il y a tellement de vie. J’ai été marquée par la diversité des fonds marins, c’est très différent d’un continent à un autre», raconte-t-elle.

Instructrice de plongée depuis quatre ans, elle est toujours aussi surprise lorsqu’elle est sous l’eau. «Avec la plongée, on ne sait jamais ce qu’on va rencontrer», explique-t-elle.

En Égypte, elle a eu une rencontre inusitée avec un Dougong, un mammifère marin herbivore appelé aussi vache des mers. Elle a également nagé au milieu de requins marteaux en Australie. «Les requins ne sont pas forcément négatifs, il y en a malheureusement beaucoup qui sont tués dans le monde. Ça fait partie de mon projet de démystifier les requins», insiste Mme Gauthier, qui a d’ailleurs choisi cet animal comme logo.

Elle a aussi eu la chance de trouver des œufs de requin aux Philippines. «On les voyait qui bougeaient dans les œufs. J’ai pleuré en dessous de l’eau, je n’avais jamais vu ça», relate-t-elle. 

Un monde à protéger

Et à Raja Ampat, en Indonésie, elle s’est retrouvée au milieu d’un banc de poissons incroyable, grâce à l’utilisation d’un recycleur d’air. «C’est un endroit peu accessible. Il faut y aller sur un bateau de croisière.»

En plus des mammifères marins, Mme Gauthier en a pris plein les yeux avec les coraux et les divers paysages marins sur les différents continents. «En mer rouge, il y a des coraux avec des couleurs incroyables. L’eau est super claire, la lumière se rend bien.» 

Sarah Gauthier

Au nord de l’Islande, elle a pu plonger sur une cheminée thermique. C’est unique au monde et très fragile. «C’est comme une cheminée et ce qui sort, c’est de l’eau chaude. Le contact entre l’eau froide et l’eau chaude crée une coagulation des minéraux. C’est comme blanc, ça ressemble à du tartre et c’est très fragile», décrit-elle. «J’étais congelée parce que l’eau était à environ 3 degrés. J’ai mis ma face au-dessus de la cheminée et j’étais toute chaude», poursuit-elle. 

Ses plongées ont aussi donné lieu à des évènements cocasses, comme sa rencontre avec un poisson-clown qui n’a pas du tout aimé être observé. «À un moment donné, je me suis retrouvée au-dessus de sa maison, il n’était pas content. Il m’a mordue à la tête et il fonçait dans mon masque», se remémore-t-elle. 

Cependant, ces paysages et les animaux marins sont en danger avec la pollution humaine et la surpêche. Grâce à ce périple, Sarah Gauthier espère convaincre les gens de la beauté des océans et de l’importance de les conserver propres. «L’Asie est très polluée, à mon avis j’aurais pu remonter quatre kilos de déchets par plongée. La nature s’est adaptée, mais il y en a trop. Il y a des endroits où il fallait que je vérifie pour tasser les déchets avant de remonter à la surface», déplore-t-elle.

En Égypte, Sarah Gauthier a eu une rencontre inusitée avec un Dougong, un mammifère marin herbivore appelé aussi vache des mers.

Bientôt sept!

Le périple de Sarah Gauthier n’est pas tout à fait terminé. Le 18 mars, elle embarquera sur un bateau d’expédition à Ushuaia pour rejoindre l’Antarctique, un continent où l’eau n’est vraiment pas très chaude. Elle profite donc de l’hiver au Québec pour se préparer en plongeant sous la glace pour habituer son corps.

«L’Antarctique prend beaucoup de préparation. Ça prend un équipement complètement différent du reste du monde. Les conditions sont très froides», explique-t-elle. 

Pendant son voyage, elle espère voir un phoque-léopard, un animal relativement rare, des icebergs, et la flore sous-marine.

Elle a également comme projet d’organiser une plongée pour ramasser des déchets. «D’après moi, il y en a parce que les manchots utilisent les déchets dans leur nid.»

Elle sera de retour à Ushuaia le 31 mars, le jour de ses 27 ans, et au Québec début avril.