Une photo d’une policière de la police de Québec sans masque dans un restaurant Tim Hortons a semé l’émoi sur les réseaux sociaux.
Une photo d’une policière de la police de Québec sans masque dans un restaurant Tim Hortons a semé l’émoi sur les réseaux sociaux.

Une policière sans masque dans un Tim Hortons sème l’émoi sur les réseaux sociaux

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
Une photo d’une policière de la police de Québec sans masque dans un restaurant Tim Hortons a semé l’émoi sur les réseaux sociaux. Mais devait-elle le porter?

La photo, prise dans un Tim Hortons situé à l’intersection des boulevards Henri-Bourassa et Jean-Talon, souligne le contraste entre la policière qui discute au téléphone cellulaire sans son couvre-visage et une cliente qui attend devant le comptoir avec son masque. 

Les «autorités sont ben bon[nnes] pour dicter, mais pour se soumettre, c’est autre chose», a déploré un Internaute sur la page Facebook Spotted policiers zélés, où la photo a été publiée, générant plus de 200 centaines commentaires depuis sa diffusion mercredi dernier. 

Plusieurs internautes ont estimé qu’il était injuste que la policière ne porte pas de masque dans un lieu public fermé, tandis que d’autres se demandaient si l’agente était vraiment tenue de le porter.

Vérification faite, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a indiqué lundi au Soleil que la policière a omis de mettre son couvre-visage le 18 juillet, jour où le règlement sur le port du masque obligatoire dans les lieux publics intérieurs est entré en vigueur. 

«Effectivement, c’est un oubli», dit Sandra Dion, porte-parole du SPVQ. La policière «est retournée à son véhicule, et cela pour porter un masque», ajoute Mme Dion. 

Au Tim Hortons, la policière n’était pas en train de faire une intervention lorsqu’elle a oublié son masque, indique Sandra Dion. 

Depuis le 18 juillet, les policiers du SPVQ doivent eux aussi se plier aux directives de la santé publique et porter le masque dans les lieux publics intérieurs, note Sandra Dion. 

Il peut toutefois y avoir des exceptions quand les policiers doivent agir très rapidement. «Dans l’urgence, on ne prendra pas le temps nécessairement de bien mettre son masque», dit Mme Dion. 

Sinon, le SPVQ suit les recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Dans un avis daté du 15 juin, l’INSPQ estime que les policiers ne sont pas obligés d’adopter des mesures supplémentaires, comme porter un masque, s’ils sont en mesure de garder une distance de deux mètres lors d’une intervention. 

Le masque n’est pas non plus nécessaire si l’intervention se déroule à moins de deux mètres et dure moins de 15 minutes, note l’INSPQ dans son avis. Sans couvre-visage, un policier peut ainsi remettre un constat d’infraction à un automobiliste qui roule trop vite.

Cette exception est critiquée. La semaine dernière, Le Nouvelliste rapportait qu’un résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel déplorait qu’un policier de la Sûreté du Québec sans masque lui ait remis un constat d’infraction pour excès de vitesse à moins de deux mètres de distance. 

Les recommandations de l’INSPQ sont plus strictes concernant les interventions plus longues, comme la passation d’alcootest. Les policiers doivent porter un masque de procédure médical de qualité et une protection oculaire comme des lunettes avec protection sur le côté ou une visière s’ils ont des interactions à moins de deux mètres qui durent plus de 15 minutes durant leur quart de travail. 

Même chose, mais cette fois avec un masque chirurgical, s’il s’agit d’une intervention brève avec un niveau élevé d’agressivité, comprenant par exemple des risques de crachats ou des morsures.