De décembre à mars, la famille Boivin profite d’une patinoire extérieure située à quelques pas de la maison.

Une patinoire féérique

Quel amateur de hockey n’a jamais rêvé de pouvoir pratiquer son sport favori sur une patinoire située à quelques pas de sa maison? Depuis une dizaine d’hivers, Sébastien Boivin s’assure que ce rêve soit réalité, en recréant une surface glacée d’une qualité à rendre jaloux plusieurs responsables de patinoires municipales.

À n’en pas douter, le père de famille est un vrai passionné. Aussitôt que l’hiver affiche ses premières couleurs, le Fulgencien se met au travail. Du moment où la structure est montée, entre 60 et 70 heures sont nécessaires pour que la patinoire, longue de 70 pieds et large de 30 pieds, soit fonctionnelle. 

«C’est sûr que ça me prend du temps et que j’aurais le temps de faire autre chose, mais j’aime ça autant que les enfants, concède Sébastien Boivin, un adulte qui a conservé son coeur d’enfant. Mais disons que je n’ai pas encore fait une minute de motoneige cet hiver!»

Au départ, celui qui évolue à la position de gardien de but dans différentes ligues de garage avait décidé de fabriquer sa patinoire pour s’exercer et jouer au hockey en compagnie de ses amis. Aujourd’hui, ce sont surtout ces deux enfants qui en profitent. Coralie, 12 ans, et Samuel, 8 ans, s’en donnent à coeur joie pendant la saison froide.

«Les enfants en parlent tout l’été de la patinoire», avoue la mère de famille Rachel Brisson, qui n’oublie pas de souligner toute la volonté de son conjoint.

«Il travaille fort, parfois jusqu’aux petites heures du matin, ajoute-t-elle. Quand c’est le temps de glacer, il y va. Quand la température est bonne, il ne se pose pas de questions, il sort.»

Sébastien Boivin estime que trois jours sont nécessaires pour préparer la patinoire familiale, dans des conditions parfaites. Le travail commence à l’automne, lorsqu’il installe les bandes. Celles-ci sont en fait des palettes de bois, assemblées l’une à côté de l’autre. Des grillages sont ajoutés aux extrémités de l’arène, suivi de la pose de quatre lumières qui permettent la pratique du hockey même après le coucher du soleil. 

Histoire d’ajouter un peu de féerie à l’histoire, des lumières de Noël sont aussi installées. Une fois que le gros du travail est fait, l’entretien normal est suffisant, c’est-à-dire d’arroser la glace lorsque cela s’avère nécessaire.

Lorsque rencontré vendredi dernier, Sébastien Boivin parlait d’une épaisseur de glace de quatre pouces. Il vise les six pouces. Pendant notre passage, les jeunes hockeyeurs et patineurs profitaient de conditions pratiquement parfaites.

Les utilisateurs peuvent même compter sur un banc des joueurs!
Rachel Brisson ne manque pas de souligner le travail de son conjoint Sébastien Boivin, qui met plusieurs heures à préparer la patinoire familiale.

Aidé par dame Nature

La météo étant ce qu’elle est, ce n’est pas toujours facile de préparer une patinoire extérieure. Sauf que grâce à son expérience, Sébastien Boivin met toutes les chances de son côté en installant les bandes directement sur du sable. L’espace qui devient un terrain de jeu glacé l’hiver est un stationnement secondaire l’été.

L’endroit est donc relativement droit, notamment grâce à l’excavation et au dépôt de deux camions de sable. Il faut également dire que cette année, dame Nature s’est montrée coopérante.

«Au moment où la première neige tombe, je la tape, explique Sébastien Boivin. Cette année, ça s’est glacé naturellement. J’ai été un peu plus chanceux. Il y a des années où ça peut me prendre six heures pour réussir la première couche de glace. Aussitôt où ça commence à épaissir, c’est facile. Je fais ensuite les lignes sur une petite neige fine, avec de la peinture en cannette.»

Tout ne s’est toutefois pas déroulé sans anicroche dans les dernières années. Sa première tentative de créer sa propre patinoire a testé sa patience.

«Pour moi, faire une patinoire c’était facile, se souvient Sébastien Boivin. Je m’étais mis dans la tête de fabriquer une patinoire en janvier, donc j’ai tapé de la neige avant de commencer à arroser. Dans ma tête, ça allait être fini le soir même. J’ai travaillé pendant deux semaines, souvent jusqu’aux petites heures du matin, pour réussir à fabriquer ma première patinoire.»

Bon an, mal an, la patinoire des Boivin dure environ trois mois. L’hiver 2016-2017 fut celle où la glace a résisté le plus longtemps aux rayons du soleil du printemps, alors qu’elle avait été en opération du 9 décembre au 10 mars.

«Avec les redoux pendant l’hiver, beaucoup de gens se découragent de fabriquer leur propre patinoire, note Sébastien Boivin. Si tu n’es pas là pour la gratter lors d’une journée où il a plu, suivi d’un refroidissement en soirée, tu es dans le trouble. La météo décourage plusieurs personnes.»

Pour le bonheur de ses enfants, Sébastien Boivin crée une surface de 30 pieds par 70 pieds chaque hiver.