La «Marche printanière» a été annoncée devant le Parlement, jeudi matin.

Une marche contre l'euthanasie à Québec le 18 mai

Le fort appui dans les sondages à l'aide médicale à mourir ou à l'euthanasie s'explique en grande partie par la confusion dans la population sur la signification des termes utilisés, selon un médecin de Québec.
«On parle d'aide médicale à mourir. Cette expression entretient la confusion dans la population. Les gens ne sont pas bien informés parce que c'est complexe. Les soins de fin de vie font appel à toutes sortes de notions. On parle d'euthanasie active, d'euthanasie passive, consentement éclairé, acharnement thérapeutique, etc. La population n'est pas bien informée de la portée exacte de ces termes», a soutenu, jeudi, le Dr Marc Bergeron, hémato-oncologue à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus et qui s'oppose à l'euthanasie.
Le médecin a tenu ces propos lors d'un point de presse devant le parlement pour annoncer de la tenue d'une manifestation pacifique et familiale, à Québec, le samedi 18 mai.
L'événement appelé la Marche printanière est organisé pour dénoncer l'ouverture à l'euthanasie que le gouvernement du Québec se propose de concrétiser avec un projet de loi sur l'aide médicale à mourir. La marche prendra son départ devant le Musée national des beaux-arts sur les plaines d'Abraham vers 13h45. Les participants déambuleront par la suite sur la Grande Allée en direction du parlement.
Manque d'information
Selon le Dr Bergeron, plus les gens sont informés des dangers de l'euthanasie, plus ils s'y opposent. À son avis, il en va de même chez les docteurs, dont une majorité est favorable à mettre fin à la vie de patients avec une maladie incurable et qui souffrent.
«Il ne faut pas mettre tous les médecins dans le même paquet. Les médecins qui soignent des cancéreux, qui sont près de mourir, ceux-là sont très conscients du danger de l'euthanasie, mais il y a beaucoup de médecins, prenez un radiologiste, qui n'ont pas de rapport direct avec la mort des malades. Ils sont un peu indifférents comme dans la population en général. Ils ne se sont pas nécessairement penchés sur le problème», a-t-il affirmé.
Les critères qui ont été proposés dernièrement pour limiter le recours à l'aide médicale à mourir ne rassurent pas le Dr Bergeron. «Sur la question du consentement éclairé, une personne qui est malade souvent voit ses capacités déjà diminuer par rapport à une personne qui est en bonne santé. Ça m'inquiète énormément. Je le vois avec les gens qui entrent à l'urgence qui sont âgés, confus un peu», a-t-il répondu.
Le médecin a dit craindre que les critères dans le projet de loi à venir pour obtenir l'aide médicale à mourir ne seront pas respectés pour plusieurs personnes. «Ce cadre va devenir élastique avec le temps. En Belgique, presque 30 % des gens sont euthanasiés sans leur consentement. Le médecin ne le déclare pas dans presque la moitié des cas, soit parce qu'ils trouvent qu'il y a trop de bureaucratie à faire, soit qu'ils n'ont pas fait ça dans les règles, qu'ils n'ont pas eu le consentement éclairé.»
Au lieu de permettre le recours à l'aide médicale à mourir, le Dr Bergeron estime que le gouvernement devrait développer davantage les soins palliatifs.