Jean-Louis Arcand et Jeannine Roy étaient au piano de la résidence les Marronniers de Trois-Rivières pour accueillir la ministre Francine Charbonneau. Joliane Plante, étudiante et bénévole, était aussi de la partie, de même que les députés Jean-Denis Girard et Pierre Michel Auger.

Une idée qui fait des petits

TROIS-RIVIÈRES — L’idée de la résidence Les Marronniers d’offrir à un étudiant un logement gratuit en échange d’heures de bénévolat fait des petits. Des résidences privées pour aînés de quatre autres régions du Québec profiteront d’un projet-pilote du gouvernement afin de miser sur cet apport de jeunesse et sur un partage d’expérience.

Cette mesure fait partie du plan d’action du gouvernement du Québec 2018-2023 qui instaure différentes conditions propices au vieillissement actif. Lancé en automne 2017, ce projet de cohabitation intergénérationnel des Marronniers vient dynamiser le milieu de vie des quelque 125 résidents du complexe situé à Trois-Rivières, la ville canadienne qui compte le plus d’aînés au prorata de sa population.

«Le projet-pilote ici fait ses preuves. Ça amène un regain de vie et les aînés se sentent beaucoup moins seuls s’ils ont accès à des jeunes où le regard n’est pas juste d’un aîné à un aîné, mais une jeunesse sur un aîné», commente Francine Charbonneau, ministre des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, présente lundi à cette résidence pour l’annonce officielle du plan d’action dont le budget est de 12,3 milliards de dollars.

La directrice générale des Marronniers, Nancy Comtois, avoue avoir lancé l’idée il y a quelques mois sans penser à la portée d’une telle mesure à l’échelle nationale.

«Je le faisais pour nos résidents. Ça apporte de l’amour, du partage, ça apporte un sentiment d’appartenance, entre les résidents aussi», mentionne Mme Comtois, qui confie avoir été contactée par des étudiants d’autres régions qui souhaitent s’impliquer auprès de leurs aînés.

Joliane Plante et Sylvia Deslandes sont les deux premières étudiantes à avoir pris part à cette initiative. Mme Plante se dit très contente de la reconnaissance de la valeur du projet, elle qui y participe depuis février.

«J’encourage d’autres jeunes à postuler et j’aimerais voir le projet dans d’autres résidences, car ça apporte beaucoup. Les résidents me disent que ça met de la vie, ça brise l’isolement. Et pour moi, c’est enrichissant. On partage des expériences de vie», confie celle qui continuera de vivre aux Marronniers jusqu’en décembre.

«Le bénéfice est de voir tout ce que les aînés peuvent m’apporter, aller prendre un café, aller à la chapelle, ça crée des liens», ajoute Mme Deslandes, qui a participé au projet de la mi-janvier à avril.

Selon la ministre Charbonneau, Montréal, Québec, Sherbrooke et Lévis devraient être les villes où le projet sera mis en place, en plus de Trois-Rivières.

«Cet échange de connaissances va faire en sorte qu’on va avoir un beau mélange d’une communauté, dit-elle. Une résidence d’aînés va devenir une vraie société où il y a des jeunes et des jeunes depuis plus longtemps.»

Pour les petites villes

Le plan d’action du gouvernement du Québec contient 85 mesures qui contribueront à la participation et à l’inclusion sociale des aînés. En plus de favoriser les initiatives visant à reconnaître et à soutenir les proches aidants d’aînés, le plan d’action prévoit la réalisation de recherches sur l’amélioration des conditions de vie des aînés. Il parle de soutien à domicile, de prévention du suicide, de logements adaptés, d’investissement dans les activités culturelles, d’accès à du transport collectif et de valorisation du bénévolat effectué par les aînés et pour les aînés.

L’accès à des environnements sécuritaires et aux soins est aussi dans ce plan qui soutiendra les plus petites communautés dans la réalisation de mesures facilitant la vie de leurs aînés. Afin de parvenir à cet objectif, un coordonnateur régional accompagnera les petites municipalités dans leurs démarches, elles qui doivent composer avec un personnel réduit par rapport à une grande ville, mais qui veulent offrir des services comparables à leurs citoyens âgés.

«Ça va faire toute la différence dans le financement qu’ils sont capables d’avoir pour mettre en place des gestes concrets pour les aînés. Juste un banc dans un parc peut faire toute la différence entre un grand-parent qui va au parc avec ses petits-enfants ou qui n’y va pas du tout parce qu’il se fatigue les jambes et n’a pas accès à un repos. Ça peut faire la différence entre habiter chez soi plus longtemps, participer à sa communauté plus longtemps», raconte la ministre Charbonneau, en soulignant que le plan d’action vise la solidarité intergénérationnelle.