Les artistes de la rue ont finalement obtenu l’autorisation de s’offrir en spectacle dans le coin de la Saint-Jean-Baptiste.
Les artistes de la rue ont finalement obtenu l’autorisation de s’offrir en spectacle dans le coin de la Saint-Jean-Baptiste.

Une «haute» saison touristique à oublier pour les amuseurs publics

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
La longue fin de semaine de la fête du Travail mettra un terme à une «haute» saison à oublier pour les musiciens de rue et autres amuseurs publics qui étaient, comme les touristes, bien moins nombreux cette année.

Le férié du début septembre est synonyme de retour au bercail pour les vacanciers, de retour au travail et aux études, fait remarquer Marc Lavigne de l’Association des amuseurs musiciens. «Ce sera très très tranquille.»

Pas qu’il y avait foule durant les mois chauds. «C’était au ralenti c’est le moins qu’on puisse dire.» Mais il y a eu des estivants québécois dans les rues, surtout durant les deux semaines des vacances de la construction, a-t-il observé.

Rien cependant pour réchapper la saison qui a débuté… à la maison. «On a été confiné une bonne partie de l’été.» Mai et juin ont été perdus; les artistes de la rue ont finalement obtenu l’autorisation de s’offrir en spectacle dans le coin de la Saint-Jean-Baptiste.

En plus, note M. Lavigne, peu de passants avaient de la monnaie en poche, le paiement par carte de plastique s’étant généralisé afin de freiner la COVID-19. «Le monde n’ont pas d’argent, ils ont des cartes de crédit… C’est dur de recevoir des sous.»

C’est aussi pour contenir le coronavirus SARS-CoV-2 que les musiciens comme lui n’avaient pas la permission, jusqu’à récemment, de vendre leurs enregistrements, leurs CD, dit-il. 

«Quelques-uns»

«On était quand même quelques-uns», tempère Marc Lavigne. Lui à jouer dans le Petit-Champlain à l’occasion. Rien à voir avec les années fastes, cependant.

Les données compilées par la Ville confirment. En moyenne, autour de 200 personnes acquièrent un permis d’amuseurs chaque année dans la capitale. En 2019, ils étaient 186, indique au Soleil David O’Brien, chef d’équipe aux communications.

Cet été, ils étaient 90 : 75 musiciens et 15 amuseurs d’animation. «Tous résidents du Québec, majoritairement de la ville de Québec.»

L’administration municipale tenait à leur présence dans les rues. Les élus ont voté un rabais sur le coût des permis cet été. «Les permis toutes catégories confondues ont été délivrés au coût exceptionnel de 10 $, au lieu du prix habituel oscillant entre 65 $ et 324 $, afin d’encourager les amuseurs de rue dans le contexte de la COVID-19», explique David O’Brien. Ils sont valides jusqu’au 31 mai 2021.»

En recommandant cette réduction de prix, les fonctionnaires du Bureau des grands événements de la Ville avaient souligné que les amuseurs publics égaient la cité.

Alors, ont-ils offert beaucoup de spectacles cet été, ces amuseurs? La mairie n’a pas de statistiques à ce sujet. Elle évalue néanmoins qu’«ils se sont présentés sur les sites au moins une fois par semaine, certains de manière quotidienne».

«Parenthèse»

Dans le paysage depuis un bout, Marc Lavigne demeurait joyeux durant notre entretien. Pour lui, l’été 2020 aura été «pas payant, mais agréable».

Il s’est offert une «parenthèse». Il a pu prendre l’apéro avec des amis. Il a pu travailler sur ses compositions, raconte-t-il.

Mais il aimerait bien discuter avec nous de nouveau au cours de l’été 2021 et dresser un bilan bien différent… «Espérons qu’on va se parler l’année prochaine : “Yé! ça explose!”»

À LIRE AUSSI: Les amuseurs publics confinés pour une durée indéterminée