Une femme en furie coupable d’avoir attaqué deux policières

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Une formation en arts martiaux, une chaise en bois et un pistolet à impulsion électrique: il aura fallu tout ça aux policiers de Québec pour maîtriser Karine Larivière, femme de Charlesbourg, complètement en crise, désormais coupable de voies de fait armées sur des agents de la paix.

Le 17 août 2018, Karine Larivière, âgée à ce moment de 39 ans, est arrêtée par la police pour ivresse au volant après avoir foncé sur un poteau. Son arrestation est complètement cahotique. Elle se débat comme une diablesse dans l’auto-patrouille, prend un policier à la gorge, cogne à répétition sur les parois et fini par arracher une lumière. 

Une fois au poste de police, elle crache au visage d’un policier et refuse d’entrer dans le local de l’alcotest en s’arc-boutant au cadre de porte. 

La femme sera libérée au bout de quelques heures avec une promesse de comparaître en justice.

Couteau de boucher

Dès le lendemain, Karine Larivière communique avec le centre de crise de Québec en disant vouloir s’enlever la vie. Elle tient aussi des propos menaçants envers les policiers, affirmant qu’elle allait les tuer s’ils venaient la chercher.

Deux policières se présentent chez l’ancien conjoint de Larivière, rue Paul-Comtois à Charlesbourg. L’homme affirme que son ex est absente. Les deux policières décident quand même de faire le tour de la maison.

En ouvrant un garde-robe, une des policières aperçoit Karine Larivière qui bondit vers elle, armée d’un couteau de boucher. 

Selon le récit fait par la procureure de la Couronne Me Mélanie Ducharme, c’est grâce à ses réflexes d’adepte des arts martiaux que la policière a su éviter le couteau qui menaçait sa gorge. Elle doit ensuite fuir la femme qui la poursuit avec son couteau. 

La deuxième policière a le temps de s’armer d’une chaise en bois pour faire face à la furie. Elle réussit à parer les coups de couteau, mais constatera plus tard que la chaise est entaillée à plusieurs endroits. Sa veste pare-balle et l’antenne de son appareil radio portatif ont aussi été coupées par un coup de couteau.

La première policière met en joue Karine Larivière avec son arme de service, mais ne peut tirer, de peur d’atteindre sa collègue.

Un patrouilleur arrivé en renfort réussira finalement à immobiliser Karine Larivière avec deux décharges de pistolet à impulsion électrique.

Larivière, accusée de tentative de meurtre, a plaidé coupable jeudi à des voies de fait armées sur les policiers.

Son avocat Me Hugo Blanchette a indiqué que sa cliente était en dépression au moment des faits. Les policiers avaient aussi trouvé de la cocaïne dans son sac.

Les deux policières témoigneront en janvier sur les conséquences de l’agression, à l’occasion des représentations sur la peine.