À peine 2,3 % des automobilistes de la grande région de Québec ont déclaré passer plus de 60 minutes dans leur voiture pour se rendre au travail, lors du recensement 2016, ce qui classe Québec au 29e rang sur 35 régions métropolitaines de recensement au Canada.

Une étude minimise la congestion routière à Québec

En plein débat sur la pertinence de construire un troisième lien routier entre Québec et sa rive-sud, de nouvelles données de Statistique Canada révèlent que les automobilistes de la Capitale-Nationale ont bien peu de raisons de se plaindre.

À peine 2,3 % des automobilistes de la grande région de Québec ont déclaré passer plus de 60 minutes dans leur voiture pour se rendre au travail, lors du recensement 2016, ce qui classe Québec au 29e rang sur 35 régions métropolitaines de recensement au Canada.

À titre comparatif, les travailleurs de Montréal, Gatineau, Trois-Rivières et Sherbrooke sont tous plus nombreux à passer plus d’une heure dans leur véhicule.

Montréal se classe au 10e rang au Canada avec 7,2 % d’automobilistes qui effectuent des trajets de longue durée. On retrouve ensuite Ottawa-Gatineau au 13e rang (4 %) à égalité avec Trois-Rivières, puis Sherbrooke au 25e rang (2,8 %).

Les travailleurs de Saguenay arrivent tout près derrière ceux de Québec, alors qu’ils sont 2,1 % à passer plus d’une heure en voiture pour aller au boulot.

Pour la porte-parole du Parti québécois en matière de transport, Catherine Fournier, ces chiffres pourraient expliquer la réticence du gouvernement à rendre ses études publiques.

«Ces informations viennent une fois de plus prouver l’inutilité d’investir des milliards dans un projet qui n’est pas nécessaire. Il y a de sérieuses questions à se poser sur l’entêtement de la CAQ, qui a les études entre les mains, à aller de l’avant avec un tel projet plutôt que d’investir dans les transports en commun», a-t-elle commenté.

Du côté de Québec solidaire, le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, reconnaît que certaines personnes vivent intensément le problème de congestion, mais en regardant les chiffres «il n’est pas aussi problématique qu’ailleurs», observe-t-il.

Selon lui, Québec n’a pas besoin de cette infrastructure qui coûterait de 3,5 à 10 milliards $ pour ajouter plus de circulation en accélérant l’étalement urbain. Pour QS, l’argent doit d’abord aller au transport collectif alors que la capitale arrive à un point de son développement où sa taille lui permet de soutenir un système efficace.

Un projet de 4 milliards $

En janvier, le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, avait réitéré l’engagement de son parti en matière de développement d’infrastructures routières, dont l’aménagement d’un troisième lien entre Québec et sa rive-sud.

Selon une étude de faisabilité réalisée par le professeur Bruno Massicotte, de l’École Polytechnique de Montréal, pour le compte du ministère des Transports, le coût de construction d’un tunnel sous le fleuve entre Québec et Lévis était estimé à 4 milliards $ en 2016.

Le projet évalué consistait en un tunnel de 7,8 km qui passerait sous le fleuve, à l’ouest de la pointe de l’île d’Orléans. Les coûts d’exploitation évalués sur une période de 100 ans étaient estimés à 2,3 milliards $.

La Presse canadienne a tenté sans succès de rejoindre le ministre Bonnardel et le maire de Québec, Régis Labeaume.