Le NCSM Shawinigan, une «corvette» qui a été assemblé à la Davie en 1941, puis coulé par la marine allemande dans le détroit de Cabot en 1944.

Une contamination «historique» revient hanter le chantier Davie

Le chantier maritime Davie, sur la rive-sud de Québec, a dû enlever plus de 14 tonnes de «matières résiduelles» en bordure du fleuve et devra procéder à des travaux supplémentaires dans les prochains mois, a appris Le Soleil. Il s’agirait selon toute vraisemblance de déchets remontant à une autre époque, où les règles environnementales n’étaient pas ce qu’elles sont de nos jours, et qui auraient refait surface récemment.

«Évidemment, il y a une présence historique de contaminants parce que ça fait 200 ans que le chantier existe. En ce qui concerne l’incident en question, on attend la permission de l’Environnement pour faire d’autres travaux de réhabilitation de la berge», dit Frédérik Boisvert, v-p aux affaires publiques chez Chantier Davie.

Nombreux déchets

Alerté par un citoyen, Le Soleil avait pu constater sur place la présence de nombreux déchets dans la zone intertidale, du côté est du chantier. De nombreuses pièces de métal et de caoutchouc jonchaient le sol; certaines semblaient très vieilles, d’autres moins. Et un peu partout, des «coulées» de ce qui semblait être un mélange de boue et de poudre de fer étaient figées dur — souvent recouvertes d’algues en surface, sous lesquelles se trouvait une couche de couleur orangée, puis une autre d’un noir métallique à l’intérieur.

Le ministère provincial de l’Environnement a remis un constat de «non conformité» au chantier à l’automne 2018. Depuis, a indiqué son porte-parole Frédéric Fournier lors d’un échange de courriels, «11,27 tonnes métriques de matières résiduelles [béton, brique, asphalte, caoutchouc, etc.] et 2,48 tonnes métriques de métaux ferreux ont été ramassées».

Selon M. Boisvert, il est à peu près impossible que la pollution soit récente puisqu’il n’y a plus de construction navale qui se fait dans ce secteur du chantier depuis longtemps, «mais on a un leg de contaminants historiques qu’on doit gérer». L’endroit en question a servi à la construction des corvettes (petits navires de guerre rapides) de la marine canadienne pendant la Deuxième Guerre, dit M. Boisvert.

D’autres travaux sont à venir au cours de l’été. Le sol contaminé devra être retiré avant que la berge puisse être «réhabilitée».